Les élus d’outre-mer contre la baisse des dotations de l’État

    mardi 31 mai 2016

    Les maires et présidents d’intercommunalité des départements et collectivités d’outre-mer étaient réunis, hier, en prélude au 99e Congrès des maires, à Paris.
    En présence du bureau exécutif de l’Association des maires de France (AMF) et de son président François Baroin, ces élus ont débattu de l’avenir de leurs ressources financières.

    Les élus de Polynésie française, par la voix de Cyril Tetuanui, demandent le transfert effectif de la fiscalité directe locale vers les communes et une gestion autonome de leurs ressources, compte tenu des compétences qui leur sont transférées.
    Conscients des contraintes financières qui s’imposent au Pays, la baisse des dotations entraîne de lourdes conséquences pour la délivrance des services publics de proximité et la réalisation des équipements indispensables aux habitants, rappelle-t-il.

    Les maires de Polynésie française, Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion, Mayotte et Nouvelle-Calédonie dénoncent donc cette décision, qui a été prise sans concertation, de baisse des dotations de l’État aux collectivités territoriales.
    Pour faire face à cette baisse, le levier fiscal ainsi que l’octroi de mer ne seront pas suffisants pour gérer les coûts élevés des personnels et encore moins absorber le chômage bien plus élevé dans ces régions.

    Cette diminution entraînera également pour les communes de graves difficultés pour apporter la contrepartie nécessaire dans le cadre des programmes européens 2014/2020, ce qui risque d’affaiblir la politique de cohésion européenne vis-à-vis des régions ultrapériphériques françaises.
    Les maires et présidents d’intercommunalité des départements et collectivités d’outre-mer souscrivent donc à la résolution unanime des associations du bloc communal demandant la suppression de la nouvelle baisse des dotations prévue en 2017.

    De notre correspondante à Paris Huguette Amah

     

    Table ronde sur l’égalité réelle : extrait du discours prononcé par Cyril Tetuanui

    “Pour nous, la question de l’égalité réelle rejoint celle de notre responsabilité d’élus à trouver les moyens de garantir à nos concitoyens un juste accès aux droits fondamentaux que sont le droit à l’éducation et à la formation de base, le droit aux soins, le droit à un logement décent, à l’accès à de l’eau potable et à l’électricité, le droit à la mobilité, le droit à la sécurité civile et à la sécurité physique, le droit à l’accès au marché du travail, le droit à la culture et, de manière générale, le droit à l’accès à l’ensemble des services publics majeurs.

    Chaque fois que nos concitoyens sont injustement privés d’un juste accès à ces droits fondamentaux et à ces services publics, c’est vers nous, les élus municipaux, qu’ils se tournent en priorité pour trouver un premier secours, une première main tendue, une première étape de solution.
    De surcroît, dans notre territoire, en Polynésie française, nombreuses sont les communes ou les sections de communes où les élus municipaux sont les seuls représentants des pouvoirs publics !

    Ainsi, dans de nombreuses communes ou communes associées, c’est le (la) maire ou le (la) maire-délégué(e) qui doit se substituer :
    – Au gendarme, pour séparer les acteurs de rixes parfois mortelles ou intervenir dans des situations de violences familiales.
    – Au médecin, pour gérer l’évacuation sanitaire d’un blessé ou d’une personne victime d’une crise, d’un empoisonnement.
    – Aux services sociaux du Pays, pour venir en aide aux plus démunis par exemple, pour trouver le financement d’un cercueil ou de soins urgents, ou encore de médicaments.”

     

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