Les en-cas de fruits frais de Tematai à Hiva Oa

    vendredi 5 février 2016

    Les initiatives personnelles se développent et des T.P.E (toutes petites entreprises) voient le jour aux Marquises. Exploitant agricole depuis plusieurs années, Tematai Lecordier a obtenu un contrat avec l’Association des parents d’élèves du CSP(Centre scolaire primaire) de Atuona pour fournir aux élèves de l’école primaire une petite collation de fruits depuis avril 2015.
    Tous les jours, à l’exception du mercredi, il livre dans les classes 140 portions de fruits découpés ou des desserts aux fruits de sa préparation. Tematai nous décrit une journée de travail : «  la veille, je choisis les fruits avant de les mettre au réfrigérateur car on a remarqué que les enfants ne mangent pas les fruits tièdes ! Le lendemain, très tôt, je découpe les fruits avant de les mettre en pots. La portion est de 150 grammes, le but est de prévenir le petit creux de la matinée mais il faut que les enfants gardent leur appétit pour le repas de midi.
    Je dépose les pots dans des bacs glacés à l’école à 7 heures et les enfants prennent cet en-cas à leur pause de 9 heures. Je passe récupérer les pots vides dans l’après-midi et je les laisse environ deux heures dans une solution javellisée avant de les nettoyer et de les sécher. »
    Pour Tematai cependant, la majeure partie du travail est de cultiver les fruits sur ses terres. Parfois, pour compléter ses récoltes, il achète bananes, caramboles, avocats, pamplemousse à d’autres exploitants, notamment sur l’île voisine de Tahuata : «  Aux Marquises, les fruits ne manquent pas mais il n’y a pas réellement de grandes exploitations, les gens cultivent pour leur propre consommation. J’ai dû me constituer un petit réseau pour ne pas être, un jour, en rupture de stock. »
    L’action a pour mérite, non seulement de permettre développer le tissu économique local mais également d’apprendre aux enfants à retrouver les plaisirs simples d’une alimentation plus saine.
    « Au début j’ai récupéré les bacs avec des restes mais petit à petit, ils commencent à tout manger. Les enfants aiment surtout les bananes et les mangues, ils mangent les papayes uniquement avec du jus de citron mais j’essaie d’innover et de leur présenter des fruits moins connus ou, dernièrement, un toast grillé avec de la purée d’avocat. »

    Les mauvaises habitudes disparaissent

    Pour Tematai, permettre aux enfants de consommer des produits de leur terre est important. Varier les saveurs et éduquer le goût des écoliers également : « Il n’est pas trop tard pour apprendre les goûts aux petits. Par contre, ce sera un peu plus difficile pour les grands (collégiens) qui sont habitués au sucre. Mais même pour le sucré, pourquoi pas proposer, par exemple, de la citronnade faite avec de vrais citrons au lieu d’utiliser le sirop industriel ?»
    Alexandre Rocher, membre de l’A.P.E (Association de parents d’élèves) et également dentiste sur Hiva Oa, connaît bien le problème : « Avant, c’était les mamans de l’APE qui s’occupaient de préparer les goûters mais il leur était difficile d’avoir tous les jours les fruits mûrs à temps ou en quantité suffisante, c’est un vrai travail. Donc nous avons passé un contrat avec Tematai comme prestataire du service. Les débuts ont été difficiles car beaucoup de parents pensaient que la collation avec des fruits ne suffisait pas pour leurs enfants mais petit  à petit, ils comprennent et on se débarrasse de ces habitudes de casse-croûte gras ou de pâtisseries à 9 heures du matin. Les enfants n’avaient plus faim ensuite et sautaient le repas de midi à la cantine, leur alimentation sur la journée était alors très déséquilibrée. »
    Un autre avantage de ce partenariat met tout le monde d’accord : «Financièrement parlant, c’est aussi avantageux car un pot de fruits chez Tematai nous revient moins cher que les collations avec des biscuits. »
    Tematai souhaite continuer à développer son activité, il a ainsi en projet de construire son propre local pour pouvoir fournir les fruits à la cantine et vise les autres établissements scolaires de l’île. «  J’ai bon espoir car actuellement la politique du Pays est de lutter contre la malbouffe et l’obésité. »
    Si cela se concrétisait, il aurait besoin de personnel et se verrait bien embaucher quelques jeunes de l’île.

    De notre correspondante Miwa Henry-Hiramatsu

    Contact
     Tematai Lecordier : 87 331 668
    Courriel : samlecordier@mail.pf

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