Les exportateurs de poisson, à la peine, espèrent des aides

    mercredi 23 décembre 2015

    Avec des coûts de production très élevés au fenua, comment rester compétitifs face à la concurrence des Fidji, de l’Indonésie 
    ou des Philippines sur le marché international ? Dans le secteur des produits de la pêche, les exportateurs aimeraient une revalorisation de l’enveloppe consacrée au fret, alors que la remontée du billet vert rend inapplicable le dispositif de compensation de la perte de change en dollar américain. Le dispositif d’aide et de soutien de la pêche (Dasp), pérennisé depuis 2007, pourrait être modifié dès l’année prochaine. 

    Sur le marché américain, premier client des produits de la pêche du fenua, la compétition fait rage. Mexique, Panama, Argentine, mais aussi Fidji, Samoa, Taiwan, Philippines… 
    “Leurs coûts de production n’ont rien à voir avec les nôtres”, s’inquiète Georges Moarii, directeur d’Ocean Products Tahiti, pointant du doigt les prix de la main-d’œuvre à Tahiti, de l’énergie consommée en masse pour respecter la chaîne du froid 
    (39 francs le KWh, “ce qui est hors norme dans le Pacifique”), et du fret, qui représente un tiers de ses coûts d’exploitation. 
    Une question se pose donc aujourd’hui : le dispositif d’aide et de soutien de la pêche (DASP), institué en 2005 et pérennisé depuis 2007, permet-il vraiment aux exportateurs polynésiens de tirer leur arête du jeu ? 
    D’après Yann Ching, directeur général de la SARL Pacific Tuna, une grande réflexion serait en cours pour refondre le système d’aide. 
    “On ne peut pas demander des efforts supplémentaires aux pêcheurs, cela serait intenable pour eux, explique-t-il. Il faut donc jouer sur les autres tableaux…” 
    À défaut de grandes réformes sur le prix du travail ou de l’énergie, les exportateurs aimeraient une revalorisation de l’enveloppe consacrée au fret, tandis que la remontée du billet vert rend désormais inapplicable le dispositif de compensation de la perte de change en dollar américain. 

    “Si on ne nous aide pas, on n’y arrivera pas”

    Encore récemment, le 16 décembre, le conseil des ministres a pris plusieurs arrêtés approuvant l’attribution de 2,4 millions de francs aux sociétés Mékathon (qui a cessé son activité en juillet), Tahiti Nui Island Seafood, Pacific Tuna et Ocean Products Tahiti, sur la base de cet étrange motif : “Financer la compensation de la perte de change en dollar américain” sur des périodes allant de juillet 2014 à juillet 2015. 
    En d’autres termes, le dollar était trop bas par rapport au franc Pacifique ; les États-Unis ont donc freiné leurs achats ; et les exportateurs locaux ont souffert d’un manque à gagner que le Pays a décidé de généreusement “compenser”. 
    Sur le plan financier, l’impact de la chute des cours a effectivement été violent (un seul petit billet vert valait entre 120 et 
    135 francs au début des années 2000, contre moins de 100 francs jusqu’à l’année dernière), d’autant plus lorsque l’on sait que la part des exportations de poissons et de crustacés du fenua engloutie par les États-Unis n’a cessé de croître ces dix dernières années, atteignant 83 % (en valeur) entre janvier et septembre 2015. 
    Mais sur le principe, pourquoi compenser seulement le dollar américain ? 
    Et pourquoi ne pas aider au même titre, par exemple, les exportateurs de préparations de légumes et de fruits, dont plus de la moitié des produits partent, eux aussi, pour les États-Unis ? 
    “Beaucoup de gens se posent des questions sur cette aide, reconnaît Georges Moarii. En fait, elle n’a aucune logique mathématique par rapport au dollar. Si vous faites le calcul, elle ne compense rien du tout, c’est tout simplement une aide à l’export.”
    Alors que le dollar a repassé à quelques reprises ces derniers mois la barre des 110 francs, le taux de référence pris en compte pour savoir s’il y a matière ou non à compensation, il serait donc peut-être temps, une fois pour toutes, d’assumer le soutien au secteur en lui allouant ouvertement des fonds pour les bonnes raisons, au premier rang desquelles figure le coût du fret. “Ces aides sont justifiées, assure Georges Moarii. Le poisson représente 10 % des exportations en valeur de la Polynésie française. Il faut maintenir les emplois. Si on ne nous aide pas, on n’y arrivera pas.” 

    Marie Guitton

    boubou 2015-12-24 05:46:00
    Yann marguiraut et yann ching sont des très bon copains et des filous ,keyala sea food product appartient a Vini Vini faite attention aux deux commerciaux de mekathon qui sont chez keyala ses fois product savent bien manipulé les gens.
    boubou 2015-12-24 05:38:00
    A propos de mekathon c''est lui même qui a cessé son activité par ce que son compte en débordé et pour finir en beauté il déclare ça en licenciement économique.tout les affaires de mekathon ont été vendue a Pacific tuna jusqu''au bateaux pêche .
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