Les fonds marins polynésiens font toujours rêver

    mardi 12 janvier 2016

    La plongée est, comme l’on sait, une passion à la fois sportive et esthétique. Il n’y avait donc rien d’étonnant à ce que la dix-huitième édition du salon qui lui est consacré soit un succès à la porte de Versailles, à Paris, du 8 au 11 janvier. La Polynésie y avait bonne place, comme toujours, et elle y mettait en avant ses atouts incompa-rables.
    COP 21 oblige, le thème du salon a porté sur le devenir de l’environnement sous-marin à travers la sensibilisation du public et la promotion de la plongée. Mettre la tête sous l’eau permet aussi de prendre conscience que les océans sont en danger et qu’il faut les protéger. D’ailleurs, un abondant programme d’animations, de conférences et de projections de films allait dans ce sens, tandis que le grand bassin proposait une panoplie de baptêmes, initiations et essais de matériels pour ceux qui voulaient se mouiller un peu.
    La Polynésie française, immense terrain de découverte pour les plongeurs, garde-t-elle sa réputation de beauté, de pureté, de variété dans ses eaux ? La réponse est quasi unanime de la part de la douzaine de clubs présents sur le beau stand de Tahiti Tourisme, et c’est oui. Oui sur les sites de plongée des clubs, alors que l’on sait que trop souvent le lagon de certaines îles sert de dépotoir. Ou bien que l’acanthaster a détruit le corail de Moorea, par exemple, ou qu’El Niño peut encore interférer à l’avenir.
    Non, les problèmes peuvent être ailleurs. Ainsi, à Polynésie Plongée, on note qu’il y a moins de tortues, tandis que chez The Six Passengers, à Rangiroa, on a remarqué d’étranges nouveaux dépôts et des disparitions d’espèces, ou bien une exploitation quasi industrielle de pêche sans même un peu de rahui.

    Plus de pédagogie

    Et comme tout plongeur se doit d’aller un jour à Rangiroa, un autre problème se pose : l’affluence. Y Aka Plongée dénonce la concentration excessive de plongeurs sur un même site et au même moment, ce qui peut présenter non seulement du désagrément, mais aussi du danger, sans compter que la faune n’apprécie pas forcément cette bizarre agression de son milieu.
    Justement, il faut de la pédagogie et Fluid songe à sensibiliser les élèves des écoles primaires et des collèges à la protection des milieux marins, avant d’apprendre à plonger. Api Dive a le sourire : à Mataiva, tout est cristallin, peu fréquenté et superbe avec de magnifiques reliefs sous-marins. Tahiti Iti Diving, du côté de Teahupo’o, ne jette jamais l’ancre sur du corail et se félicite de la zone de rahui du côté du Pari.
    La Polynésie est donc toujours le paradis des plongeurs. Oui, mais à quel prix ? Vent debout contre la cherté des billets d’avion, les clubs préféreraient mieux travailler si l’on consentait à un coup de pouce chez Air Tahiti Nui. D’autant qu’Aqua Tiki souligne le désir fréquent de la clientèle de revenir pour découvrir un autre site.
    À cela Top Dive répond que comme le haut de gamme paie… autant faire du haut de gamme bien adapté, à la carte, etc. Bref, Fakarava et son mur de requins gris, ça se mérite.
    Un petit peu plus de touristes, ce ne serait pas mal en ce moment sans doute ? C’est ce qu’il faut souhaiter, surtout quand Lionel Hertrich (Tahiti Iti Diving) se découvre dans un bel article sur les baleines à Moorea que le Figaro Magazine a sorti en plein salon. Une promotion pour notre fenua aquatique qui tombe à point nommé et qui semble avoir sensibilisé une visiteuse qui découvre ce que les fonds marins de Polynésie produisent de très beau en admirant les créations de nacre et de perle sur le stand de Philippe de Villèle, perliculteur, habitué du Salon de la plongée. La Polynésie, on en rêvera toujours, même sous l’eau, mais ce paradis doit rester accessible.

    De notre correspondant à Paris Philippe Binet

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