Les forces armées se préparent au risque cyclonique

    vendredi 16 octobre 2015

    L’exercice Cyclonex a pris fin hier, après avoir débuté vendredi dernier.  Le scénario concernait le passage du cyclone Axelle aux îles du Vent et à Huahine. Le directeur de l’exercice se félicite du niveau de réactivité de l’état-major.

    L’exercice Cyclonex est arrivé à son terme hier, après cinq jours d’intenses activités au niveau des différentes composantes des forces armées en Polynésie française (FAPF).
    Pour le colonel Éric Chasboeuf, chef d’état-major et directeur de l’exercice, ce dernier a permis de tester la réactivité des FAPF, avant, pendant et après le passage d’un cyclone.
    “Cet exercice annuel nous permet, avant le début de la saison cyclonique, de nous assurer que nous sommes prêts à remplir nos missions dans le cadre du passage d’un cyclone sur le territoire polynésien. L’exercice permet de tester et entraîner toutes nos capacités qui viennent en complémentarité du binôme formé par l’État et le Pays.”
    Pour tester les FAPF “en situation réelle”, la cellule d’animation a créé sur la trajectoire du cyclone des micro-événements qui ont nécessité des prises de décisions immédiates, notamment sur l’île de Huahine, sévèrement touchée.

    Axelle frappe les îles du Vent et Huahine

    Les FAPF ont baptisé Axelle un cyclone dont la trajectoire concernait directement Tahiti, Moorea et Tetiaroa, ainsi que l’île de Huahine.
    Lorsque la trajectoire du cyclone a été confirmée, les bateaux de la marine nationale ont été se mettre (fictivement) à l’abri au nord ouest de Rangiroa. Lorsque le cyclone s’est approché de Huahine, les navires sont remontés plein ouest puis, au fur et à mesure de l’avancée du phénomène, ont entamé un virage au sud-ouest pour se positionner dans les conditions de sécurité à l’arrière du cyclone. Quant aux moyens aériens, ceux-ci ont été séparés (fictivement) en deux plots, un pour l’évacuation médicale et les recherches à Rangiroa avec deux Casa et deux Dauphin, ainsi qu’un ATR d’Air Tahiti.
    Le deuxième plot de recherche en mer était quant à lui déployé à Hao avec deux Gardian, la longueur de la piste disponible sur cet aérodrome permettant de faire décoller des avions à pleine charge en kérosène. Les familles font l’objet d’une mise en sécurité à l’aide d’un système de maillage avec des îlotiers permettant de connaître instantanément la situation des quartiers dans lesquels se trouvent les familles et donc de dépêcher des secours ou des moyens d’intervention en cas de nécessité.
    Par ailleurs, les matériels qui ne peuvent pas quitter Tahiti sont également mis en sécurité (dock flottant, bateaux en maintenance, etc.) Lors de l’exercice, les Forces armées de la Nouvelle-Calédonie ont également été sollicitées pour fournir trois équipes médicales et deux lots de projection initiale (postes de secours). À l’issue de l’exercice, le colonel Éric Chasboeuf dressait un bilan positif des interventions des FAPF en soulignant “la chance d’entraîner et de commander un état-major capable d’anticiper et de réfléchir à toutes les solutions possibles pour être prêt en cas de situation réelle”.
    “Un exercice n’est efficace que lorsque ça rate. J’ai poussé le dispositif dans ses derniers retranchements, très au-delà d’une situation réelle, et je suis très content du niveau de réactivité de l’état-major, du dispositif de renseignements, très satisfait des moyens de transmission, mais nous allons devoir travailler davantage avec le Port autonome, ainsi qu’avec la plateforme aéroportuaire.”

    Pascal Martin

    Manœuvre des moyens pour répondre aux urgences

    Dans le cas où la Polynésie serait touchée par un cyclone, le colonel Éric Chasboeuf précise le scénario qui serait mis en place par les FAPF : “Compte tenu de l’étendue du territoire, le passage d’un cyclone serait localisé sur une partie de la Polynésie. Dès lors, je propose régulièrement à l’amiral une manœuvre de nos moyens afin de les mettre en sécurité dans des endroits qui leur permettent de continuer d‘assurer leur mission d’assistance aux populations. Concrètement, nous manœuvrons nos moyens dans la queue du cyclone afin de conserver notre capacité d’intervention dans le reste de la Polynésie et dans la queue du cyclone pour être au plus près des victimes. Par expérience, nous savons qu’il y a des victimes pendant le passage du cyclone, mais aussi après.”
    Cette mobilité des moyens a également d’autres avantages, comme le confirme le colonel Éric Chasboeuf : “Cette manœuvrabilité de nos moyens permet également de donner aux autorités, une vision précise et rapide de la situation afin de prendre rapidement les dispositions qui s’imposent pour la population. Plus le moyen est lent, plus il part tôt, plus il est rapide, plus il part tard, lorsque le cyclone est confirmé et sa trajectoire connue.”
    En ce qui concerne les moyens d’intervention dans les îles, le colonel Éric Chasboeuf confirme que la marine nationale est en mesure d’assurer sa mission d’assistance aux populations avec les moyens dont elle dispose : “Les bateaux qui sont à notre disposition peuvent assurer l’emport de moyens, comme le Prairial qui peut emporter de grandes quantités d’hydrocarbures, et jusqu’à 100 m3 de fret. Le remorqueur de haute mer Revi peut quant à lui emporter jusqu’à 300 tonnes de fret ainsi que des véhicules, sans oublier l’Arago qui peut également transporter du fret. La diversité de ces moyens et leur polyvalence en cas de nécessité nous fournissent donc des moyens importants pour intervenir rapidement à n’importe quel endroit de la Polynésie.”

    Des postes de secours plutôt qu’un hôpital de campagne

    Pour le colonel Éric Chasboeuf, la mise en place d’un hôpital de campagne ne s’impose pas, compte tenu du nombre de postes de secours qui seraient opérationnels dans les zones touchées : “Un hôpital sous-entend d’avoir un bloc opératoire mobile d’urgence qui n’existe pas sur le territoire. Pour autant, si les destructions après le passage d’un cyclone s’avéraient catastrophiques pour la population, la métropole serait en mesure de dépêcher sur place des moyens d’intervention lourds et spécifiques sous 48 heures, ou 72 heures pour un hôpital de campagne. Dans la plupart des cas, le bloc opératoire n’est pas nécessaire pour soigner les blessures des victimes, c’est pour cela que nous déployons des postes de secours au plus près des populations qui répondent parfaitement au type de situation rencontrée après le passage d’un cyclone.”
    En cas d’alerte cyclonique, 1 500 militaires seraient mobilisés pour porter assistance à la population.

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete