Les formations politiques se sont multipliées… avant de péricliter

mardi 13 janvier 2015

Partis politiques, mouvements politiques ou citoyens : la Polynésie française, ces dix dernières années, s’est transformée en un gigantesque vivier de formations tous azimuts qui se sont créées pour participer au débat, souvent à la cacophonie, depuis les dix ans qui nous séparent aujourd’hui des grandes heures du Taui de 2004.
Seules dix formations politiques semblaient actives en mai 2004 lorsque le règne de Gaston Flosse connut son plus difficile coup d’arrêt, avant celui imposé récemment par la justice. Quelques années plus tard, 34 formations étaient dénombrées, sans compter les raids solitaires, les “one shot” électoraux et les micro-formations mises sur pied pour les élections municipales. Une explosion de partis, tous nés de la certitude qu’”on ne peut faire que mieux” sont alors arrivés sur la scène.
De 2004 à 2007, seules quelques formations étaient issues de scissions au sein du Tahoera’a comme Rautahi, No Oe e te Nunaa ou encore Porinetia Ora. Mais après le passage du secrétaire d’État à l’Outre-mer de l’époque, Christian Estrosi, et cette magnifique loi électorale qui ne donnait la majorité à personne, transformant juste l’appellation “motion de censure” en “motion de défiance”, le paysage politique a vu pousser dans son champ une multitude de partis multicolores.
Certains sont nés chardons et sont morts aussitôt (Planète Polynésie, RRPP). D’autres ont cru pouvoir s’installer durablement (O Porinetia To Tatou Ai’a) avant de sombrer tandis que d’autres encore, par monts et par vaux, sont toujours présents et se sont même fait une place non négligeable (Porinetia Ora).
Voici donc un point sur le tableau politique de la Polynésie, pas toujours très reluisant, duquel nous avons volontairement enlevé quelques formations comme ADN, alliance de No Oe e te Nunaa et du Fetia Api, qui n’a été qu’un éphémère mouvement politique, et qui n’a jamais eu de groupe à l’assemblée.
À l’heure où une mobilisation citoyenne a tenté de se mettre en place pour saluer la mémoire des victimes des attentats de Paris la semaine dernière, et devant l’absence choquante de réactions et de présence des élus à ces manifestations pourtant lourdes de sens du point de vue de la défense des libertés et des valeurs de la République, c’est une photographie qui mettra en avant ce que Jean-Marc Regnault explique : “Si les partis n’existent que par la personnalité fondatrice, il n’y a pas de débat démocratique, mais des combats de clans.”

Bertrand Prévost

Interview et dossier complet dans La dépêche de Tahiti de mardi 13 janvier ou sur notre feuilletage numérique.

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