Les grandes puissances et l’Iran arrachent un compromis « historique », Israël craint pour sa survie

    jeudi 2 avril 2015

    Épilogue d’une épopée diplomatique d’un an et demi, les grandes puissances et l’Iran ont conclu jeudi à Lausanne un accord d’étape « historique » sur le nucléaire iranien, ouvrant la voie à un accord final que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a qualifié de menace pour la survie d’Israël.
    Après un incroyable marathon de tractations de 18 mois entre Genève, Vienne, New York et Lausanne, et une dernière ligne droite de discussions ininterrompues pendant huit jours et nuits au bord du lac Léman, les négociateurs sont parvenus à s’entendre sur la majorité des points clés du dossier.
    « Une entente historique », a salué le président américain Barack Obama, qui, « si elle est pleinement appliquée, empêchera l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire« .
    Barack Obama a immédiatement souligné que l’accord final, censé être défini d’ici le 30 juin, ferait l’objet de « vérifications sans précédent » quant à son application. Si l’Iran triche, « le monde le saura », a lancé le président américain.
    A Téhéran, l’accord a été accueilli par des scènes de liesse. Une partie de la grande avenue Vali Asr, qui traverse la capitale iranienne, était bloquée par une longue file de voitures dont les conducteurs actionnaient leur klaxon. Des piétons chantaient et dansaient sur la chaussée en faisant le V de la victoire et en agitant des mouchoirs blancs, selon un journaliste de l’AFP.
    « Maintenant on va pouvoir vivre normalement comme le reste du monde », estimait Davoud Ghafari, âgé d’une cinquantaine d’années.
    L’accord cadre conclu entre Téhéran et le groupe 5+1 (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne) marque un tournant dans le dossier du nucléaire iranien, qui empoisonne les relations internationales depuis plus de 12 ans.
    Au-delà du nucléaire, il pourra, s’il est mis en œuvre, contribuer « à la paix et à la stabilité dans la région » du Proche-Orient, a estimé le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.
    Le compromis obtenu, comme l’ont souligné les Occidentaux, ne marque toutefois pas la fin de l’histoire, car tous les détails techniques de ce dossier extraordinairement complexe devront être gravés dans le marbre d’ici trois mois.
    Selon l’accord cadre, l’Iran a accepté de réduire des deux tiers le nombre de ses centrifugeuses, les machines servant à transformer l’uranium qui, enrichi à 90 %, sert à la fabrication d’une bombe.
    Téhéran a également accepté de ne plus enrichir d’uranium pendant au moins 15 ans dans le site de Fordo, enfoui sous la montagne et de ce fait impossible à détruire par une action militaire. Le site exploitera un programme à des fins médicales.
    Sur la très délicate question de la levée des sanctions, l’accord prévoit que les mesures unilatérales américaines et européennes seront suspendues dès que le respect de ses engagements par l’Iran aura été certifié par l’AIEA, l’Agence internationale de l’Énergie atomique. Elles seront rétablies si l’accord n’est pas appliqué.
    Les résolutions de l’ONU seront levées dès que l’Iran respectera tous les points clés de l’accord.

    AFP

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