Les jeunes boivent plus, et de plus en plus tôt

    jeudi 14 janvier 2016

    Une enquête menée en 2009 a démontré que les adolescents s’adonnaient de plus en plus à l’alcool. Aujourd’hui, les professionnels font le triste constat que la situation ne s’améliore pas et que les jeunes boivent davantage, et de plus en plus tôt. Au centre de consultations spécialisées en alcoologie et toxicomanie, un tiers des consultations concernent les jeunes de moins de 20 ans, soit environ 580 consultations sur 1 500 l’an dernier.
    Cuite et gueule de bois. Enquiller un maximum de shooters d’alcool et boire massivement pour s’enivrer devient une véritable tendance chez les jeunes en Polynésie. Phénomène de société au fenua depuis près de dix ans aujourd’hui, les adolescents boivent de plus en plus d’alcool et cela de plus en plus jeunes.
    Une propension qui inquiète fortement les spécialistes de la santé, comme le docteur Marie-Françoise Brugiroux, responsable du centre de consultations spécialisées en alcoologie et toxicomanie (CCSAT). Pour le médecin, aujourd’hui, “les consommateurs sont de plus en plus jeunes et les adolescents comme les adultes boivent de façon massive”.
    Actuellement, les moins de 20 ans représentent un tiers des patients du CCSAT, soit environ 580 consultations sur 1 500 pour l’année 2015. “C’est énorme. Si tous ne viennent pas nous consulter au centre, nous effectuons la majeure partie de nos consultations directement dans les établissements scolaires. Ces adolescents nous sont soit signalés par les écoles, soit ils viennent de leur plein gré lorsque les psychologues et infirmiers se rendent dans leurs établissements”, souligne Marie-Françoise Brugiroux.

    “C’est comme si boire était normal”
    Les chiffres inquiètent. Pourtant, certains collégiens et lycéens sont conscients des dangers liés à l’alcool.
    Anaïs, collégienne de 13 ans, explique : “Les week-ends entre amis, on se réunit chez les uns ou les autres et quelques-uns font des concours de shooters pour savoir qui tient le plus longtemps, jusqu’à ce qu’il y en ait un qui unuhi (être ivre mort, NDLR), comme on dit, ou qui abandonne. Tout le monde fait ça.” Et de poursuivre : “Sinon, d’autres se disent, vu que c’est un trip, faudra être bourré, comme tout le monde.” Maxime, 14 ans, raconte lui aussi son expérience : “On est tous différents face à l’alcool. Nous, on veut juste faire la fête. Mais c’est vrai que des gens, enfin d’autres jeunes, quand on fait la fête, te poussent à boire pour que tu ne sois plus dans ton état normal. C’est comme si boire était normal, et fumer aussi pour quelques-uns.”
    Au centre spécialisé, on déplore cet état de fait. “Le binge drinking ou biture express existe en Polynésie depuis Mathusalem, surtout chez les jeunes. On boit pour être ivre, pour rechercher de l’effet. On recherche l’ivresse pour se mettre mal et perdre le contrôle. Sauf que les jeunes, et surtout les jeunes filles qui, contrairement à il y a encore quelques années, boivent de plus en plus, se mettent en
    danger.”

    La notion de “limitation”
    Pour pallier la situation, le CCSAT travaille avec les adolescents sur la notion de “limitation”. “Il faut savoir qu’aujourd’hui, on ne leur fait plus de leçon de morale. Nos jeunes sont intelligents, leur faire des sermons ne sert plus à rien. Aussi, on travaille sur les limitations et on leur explique par exemple que le cerveau grandit jusqu’à l’âge de 25 ans, et que l’alcool entraîne des pertes de neurones qui seront détruits à jamais si on en abuse”, martèle une fois de plus l’experte du centre.
    Le docteur Brugiroux pointe du doigt certains facteurs qui pourraient expliquer cette malheureuse mouvance : des parents trop laxistes et une réglementation en la matière archaïque. “D’une part, les familles ne jouent pas leur rôle, quelle que soit leur classe sociale. D’autre part, on n’arrive pas à changer la réglementation et les lois. Il n’y a aucune restriction ou de limitation des publicités liées à l’alcool. On fait tout pour inciter les gens à boire. L’alcool est présenté comme quelque chose de festif… La réglementation date de 1959 ! Outre cela, tous les alcools forts aromatisés à la fraise ou autres sirops se vendent comme des petits pains et les jeunes sont les principaux consommateurs de ces produits. Résultat, ils se procurent pour 1 500 F l’équivalent d’un litre de vodka. L’alcool devient accessible à tous et c’est dangereux.”
    La consommation d’alcool est donc en hausse. Le niveau de connaissances sur les risques ne fait pas défaut et les messages de prévention sont entendus. Seulement, les pratiques sont bien ancrées, voire même banalisées pour certaines.
    Aussi, les spécialistes attendent une profonde réforme de la réglementation et qu’enfin, certains parents jouent leur rôle.

    Jenny Hunter

    Tendance à la hausse, surtout pour les filles

    Selon la dernière enquête sur les conduites addictives des adolescents polynésiens, toutes classes d’âge confondues, environ les trois quarts (73,4 %) des jeunes Polynésiens scolarisés déclarent avoir déjà bu une boisson alcoolisée au cours de leur vie. Sur l’ensemble des indicateurs de consommation d’alcool, excepté pour la consommation importante régulière et l’ivresse qui en découle, aucune différence n’apparaît entre garçons et filles.
    Cette particularité constitue une nouveauté par rapport aux observations réalisées par le passé en Polynésie française et apparaît assez singulière au niveau mondial, dans la mesure où, dans presque tous les pays, les garçons se révèlent plus concernés par la consommation d’alcool que les filles.
    L’expérimentation de l’ivresse augmente également avec l’âge, passant de 8,2 % chez les 10-12 ans à 75,9 % chez les 19 ans et plus. L’expérimentation de l’alcool apparaît donc plus fréquente et plus précoce en 2009 qu’en 1999.
    Par ailleurs, la nette différence entre les sexes observée en 1999 (36 % de non-buveurs chez les garçons contre 46 % chez les filles) a disparu en 2009 (27,5 % chez les garçons contre 25,6 % chez les filles). Tous critères confondus, 32 % des élèves avaient déjà été ivres en 1999 contre 44,2 % en 2009.
    La comparaison avec les résultats de l’enquête Espad 2007 (European School Survey Project on Alcohol and other Drugs) pour les 15-16 ans sur les principaux indicateurs de consommation d’alcool semble indiquer que les jeunes Polynésiens ont un niveau d’alcoolisation plus faible que celui des jeunes métropolitains. En revanche, les indicateurs de consommation excessive (ivresse et binge drinking) sont plus élevés en Polynésie.
    À 15-16 ans, les jeunes Polynésiens semblent finalement consommer moins fréquemment de l’alcool qu’en métropole, mais de manière plus excessive et avec peu de distinction entre les sexes.
    Parmi les 13-14 ans, l’usage régulier d’alcool n’apparaît significativement corrélé qu’avec deux facteurs : la dépression et la moyenne scolaire. À partir de 15-16 ans, le lien avec l’intensité dépressive est conservé, mais apparaît de manière significative l’absentéisme. Parmi les 15-18 ans, l’usage régulier d’alcool est toujours lié à l’intensité dépressive, même modérée.
    L’alcoolisation n’est pas un sujet tabu en Polynésie : chez la population adulte, une consommation inférieure à trois litres de bière est couramment assimilée à une absence de consommation (“ne pas boire”) et une consommation de 20 à 30 verres standard en une même occasion à une consommation “normale”, tandis que l’abus est situé au-delà d’un seuil correspondant grossièrement à une caisse de bières (20 bouteilles de 50 cL ou 24 canettes de 33 cL).

    Sources : les conduites addictives des adolescents polynésiens

    Kaili 2016-01-14 17:48:00
    L'alcool tue ou est dangereux, mais qu'est ce qu'on aime l'alcool en Polynésie.
    J'entends beaucoup de personne dire que l'alcool est mauvais mais le week end ceux sont les même que je vois avec une bière à la main, à ne rien comprendre.
    Surtout que certains aiment montrer le bon exemple à leurs enfants chaque week end
    bass ass 2016-01-14 16:42:00
    l'alcool tue
    Martin 2016-01-14 13:20:00
    L’alcool est beaucoup plus dévastateur pour l’individu et pour la société qu’on veut l’admettre. Quelle que soit son image de fête et de convivialité, c’est bien d’une drogue licite dont il s’agit.

    L’alcool est une drogue dure, vendue à chaque coin de rue, qui concerne des millions de personnes et coûte très cher à la société. Les chiffres sont sans concession : l’alcool touche 10% de la population adulte. Soit environ cinq millions de personnes (Source Inserm). Sur ces cinq millions, deux millions se débattent avec la dépendance. C’est en fait une des addictions les plus aigües qui soient.

    Les drogues "dures" sont la cocaïne, le crack, le LSD, l'héroïne ou l'alcool. Elles entrainent une dépendance très forte et une forte nocivité. Selon une étude britannique (Croixbleue.fr), sur une échelle de dangerosité de 0 à 100, l'alcool est évalué à 72, l’héroïne à 55 et le crack à 44.
    Les drogues "douces" n'ont qu'un effet mineur sur l'organisme, elles désignent presque exclusivement le cannabis et ses dérivés. Elles peuvent entrainer une dépendance mentale très faible et le risque de décès par surdose est nul. La prise d'une drogue douce à long terme peut conduire à la toxicomanie. Le tabac est nocif et entraîne une très forte dépendance, cependant il est considéré comme une drogue douce.
    Broux 2016-01-14 13:19:00
    Espace presse - Communiqués et dossiers
    11 juin 2015 - Le lobby de l’alcool dicte la loi, les députés s'exécutent

    Loi Evin
    Media Evin
    Les députés offrent aux Français la publicité illimitée et liquident la lutte contre l’alcoolisme…

    La Commission spéciale de l'Assemblée nationale, chargée de préparer le vote final de la loi Macron, a confirmé dans la nuit du 10 juin la volonté des parlementaires d'en finir avec la loi Evin. Ce texte voté sous la dictée du lobby de l'alcool propose une définition de la publicité qui rendra de facto la loi Evin inapplicable et ouvrira sans limite un boulevard à l’incitation publicitaire en faveur de la consommation d'alcool.

    Alors même que se développent les comportements et alcoolisation à risque chez les jeunes, les parlementaires de la Commission veulent inonder les médias avec la promotion sans limite d'un produit déjà responsable de 49 000 morts par an. Ils signent ainsi par avance le décès prématuré de la loi Touraine. Car comment une loi sur la santé pourrait-elle être crédible après une telle démission sur le deuxième facteur de mortalité évitable après le tabac, la 1ère cause de handicap mental d’origine non génétique chez l’enfant en France. La consommation d’alcool est directement responsable de la moitié de la délinquance routière et de milliers d’accidents, elle représente un quart des condamnations prononcées et elle est impliquée dans 40 % des violences familiales et conjugales, la moitié des violences faites aux femmes, un quart des faits de maltraitance à enfants, 30 % des viols et agressions sexuelles et 30 % des faits de violences générales dans l’espace public. Elle représente un coût économique et social considérable estimé à 2,37 % du PIB. Veut-on vraiment faire pire ?

    Pourtant grâce à la loi Evin, la France disposait d'un cadre équilibré qui permettait à la fois l'information sur les boissons alcooliques et un encadrement de la publicité, notamment pour préserver la santé des jeunes et des publics vulnérables. Ce texte courageux avait 25 ans d’avance sur les actuelles recommandations de l’OCDE ou la stratégie alcool édictée par l’OMS (2006/2010).

    La santé publique et l'intérêt général risquent de mourir sous la pression de la recherche du profit des producteurs d’alcool. Et les petits vignerons manipulés ne tarderont pas à réaliser qu'ils ont ouvert la porte à bien plus forts qu'eux, les industriels, seuls capables d’injecter des milliards d’euros dans le marketing de masse et les publicités. Aujourd’hui la loi Evin est à genoux : si la loi Macron est votée en l'état, elle n’aura pas besoin d’être achevée, elle ne sera plus applicable, et tout le versant alcool de la loi Touraine partira à la poubelle.

    Pour l'examen final de la loi, nous en appelons à la responsabilité de l’ensemble de la représentation nationale, à celle du gouvernement et à celle du Président de la République qui a placé sa mandature sous le signe de la jeunesse, mais pas sous celui d'une jeunesse en proie à un lobby sans conscience. Il ne faut pas céder aux intérêts particuliers et à leurs relais parlementaires alors que la majorité de l'opinion est clairement pour un encadrement de la promotion et de la commercialisation de l'alcool.

    Mesdames et Messieurs les Députés, Monsieur le Premier ministre, Monsieur le Président de la République, n'associez pas vos noms à une disposition honteuse. Retrouvez le courage de ceux qui ont voté la loi Evin.

    Signataires :
    Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (ANPAA) : www.anpaa.asso.fr Dr Alain Rigaud : 06 08 22 25 29 / Dr Bernard Basset : 07 86 55 54 53
    ACMF : https://www.acmf.asso.fr/ - Dr Philippe Lauwick - 06 11 26 44 44
    APPRI : Pr Michel Delcroix - mhdelcroix@wanadoo.fr
    Avenir Santé : Renaud Bouthier – renaud@avenir-sante.com
    CAMERUP : http://www.camerup.fr/ – M. François Moureau - 06 78 86 52 08

    COPAAH : http://copaah.e-monsite.com/ Pr François Paille : 01.30.81.86.50
    CUNEA : Pr François Paille
    Emevia : http://www.emevia.com/ Benjamin CHKROUN - 06 63 58 77 09
    Fédération Addiction : http://www.federationaddiction.fr/ M. Jean-Pierre Couteron - 01 43 43 72 38
    Fédération alcool assistance / www.alcoolassistance.net/ François MOUREAU - 06 78 86 52 08
    Fédération Nationale de la Mutualité Française (FNMF) : http://www.mutualite.fr/ – Dr Annabel Dunbavand
    FFA : www.addictologie.org - Dr Alain Rigaud : 06 08 64 65 68
    Fonds Actions Addictions – http://actions-addictions.org - Pr Michel Reynaud : 06 08 64 65 68
    Ligue Contre la Violence Routière – Chantal Perrichon- 06 09 56 42 26
    SFA : www.sfalcoologie.asso.fr - Pr Mickaël Naassila : 03 22 82 76 72
    SFSP : www.sfsp.fr- Pr Pierre Lombrail : 03 10 38 40 04
    UFSBD : http://www.ufsbd.fr/ M. Jacques Wemaere : 01 44 90 93 96




    En 2012, l'alcool a induit plus de 580.000 hospitalisations sans compter les hôpitaux psychiatriques et les centres de réadaptation. Et le coût sanitaire et social de l'alcool grimperait à 20 milliards d'euros par an dans l'Hexagone.
    L'alcool, une des toutes premières causes d'hospitalisation en France". Tel est l'intitulé d'une étude publiée par le bulletin épidémiologique hebdomadaire et l'Institut de veille sanitaire intitulée sur les conséquences de la consommation excessive d'alcool ainsi que ses coûts sanitaires et sociaux. Selon le document, publié mardi 7 juillet, l'alcool coûte 2,64 milliards d'euros aux hôpitaux français, soit 3,6% de l'ensemble des dépenses hospitalières dans l'Hexagone. Cela représente également 33 à 50 % des dépenses de santé liées à l'alcool, selon plusieurs études citées par le bulletin épidémiologique hebdomadaire.
    Un dixième des journées en psychiatrie dû à l'alcool
    L'étude recense 316 824 patients ayant effectué 580.000 séjours en médecine, chirurgie, obstétrique et odontologie, en 2012 (+11,6% par rapport à 2006), ce qui représente 2,2% de l'ensemble des séjours et séances. Dans le détail, 197 024 séjours avaient pour motif principal d'hospitalisation l'alcool, et 383.860 étaient dus à des troubles issus de l'alcool (plus de 200 maladies sont liées, selon l'OMS).

    En psychiatrie, cela représente 10,4% du total des journées (2,7 millions). Enfin, 2 millions de jours sont passés en soin de réadaptation.

    Des coûts sous-estimés
    Mais les chiffres des hospitalisations et de leurs coûts sont "sous-estimés", assurent les deux signataires de l'étude: "Les cancers (gorge, foie, œsophage, etc.) sont la première cause de mortalité due à l'alcool (15.000 décès par an)", rappellent-ils. Or "nombre d'hospitalisations pour cancers liés à l'alcool n'apparaissent pas dans les statistiques, faute d'être correctement signalées lors du séjour".

    Le professeur François Paille du service d'addictologie du CHU de Nancy et coauteur de l'étude va plus loin: L"ensemble de son coût sanitaire et social de l'alcool "est de l'ordre de 20 milliards d'euros" par an, estime-t-il.
    poko lala 2016-01-14 12:07:00
    La vente d’alcool est un commerce de mort
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