Les maisons de retraite fleurissent, la réglementation brille par son absence

    jeudi 11 juin 2015

    Ils poussent, un peu partout, comme des champignons. Chaque mois, depuis octobre 2014, un nouveau centre d’hébergement pour personnes âgées voit le jour. 
    Pour ouvrir de telles structures, les directeurs des établissements ne sont soumis à aucune réglementation, à aucune obligation de diplômes, de formation ou de qualification. Demain, un agriculteur, une secrétaire ou autre pourrait ouvrir une maison de retraite et prétendre pouvoir prendre en charge des malades atteints de maladies neurodégénératives ou dépendants. 
    Noelanie, qui a ouvert sa structure il y a quatre mois, en sait quelque chose. “J’ai monté, il y a quelques années, deux garderies. Pour pouvoir les ouvrir, je devais, soit avoir un diplôme d’infirmière, ce que j’avais, soit avoir été directrice d’école. De plus, j’ai dû suivre une formation certifiante et envoyer mon personnel en formation durant plusieurs mois pour être en règle. Pour ma maison de retraite, on ne m’a rien demandé. Je suis allée à la direction des affaires sociales et l’on m’a dit que je n’avais besoin de rien. Honnêtement, je pense que c’est plus difficile de prendre en charge des personnes âgées dépendantes que des enfants. C’est incroyable qu’il n’existe pas de règlement.”
    Pour autant, la plupart des personnes qui ouvrent ces centres d’accueil viennent du milieu médical. Ce n’est pas nécessairement un gage de confiance. La fille d’un père atteint de la maladie d’Alzheimer nous a indiqué avoir décidé de retirer en urgence son père d’une structure où elle l’avait placé, pour cause de maltraitance. “Il avait des marques sur le visage, et comme des lacérations aux poignets. Je ne pensais pas que ça pourrait arriver parce que le directeur était plus que qualifié. J’ai honte d’avoir fait subir ça à mon papa. Il ne faut pas faire confiance aveuglément aux gens parce qu’ils sont du milieu médical. Comme partout, il existe des bonnes et des mauvaises personnes”, estime Maeva, encore très touchée par cet événement. 
    Mais alors, comment faire la différence entre une bonne et une mauvaise structure ? L’association Polynésie Alzheimer, très active depuis la fin de l’année dernière, répertorie l’ensemble des structures d’hébergement qui existent ou se montent, et va à leur rencontre. Jacqueline Lionet, la vice-présidente précise sa démarche : “Le gouvernement est en train de plancher sur une réglementation. Mais, en attendant, nous allons à la rencontre des centres pour inciter le personnel et les directeurs à suivre une formation spécifique à la prise en charge des malades d’Alzheimer”. 
    En réalisant ce suivi des structures, l’association Polynésie Alzheimer, dont les membres ont tous un proche atteint de la maladie, s’assure que les centres d’accueil qui se disent capables de prendre en charge ce type de personnes le peuvent vraiment. De plus, cela lui permet de rediriger les familles qui les contactent vers des structures adaptées. Et force est de constater que la plupart d’entre elles jouent le jeu. Noelanie, qui vient d’ouvrir sa maison de retraite, s’est dit ravie de pouvoir y participer. Elle assume complètement le besoin d’être mieux informée sur ses patients. 
    Même Michèle Mure, la directrice des Nymphéas, qui s’est spécialisée dans l’accueil des personnes atteintes de maladies neurodégénératives après avoir travaillé longtemps à leur côté et dont la réputation n’est plus à faire, participe à la prochaine session de formation. “Il est toujours bon de se remettre en question et de bénéficier d’outils supplémentaires pour mieux les prendre en charge”, explique-t-elle. 
    Cependant et tant qu’il n’existera pas de réglementation ou de centre agréé par les autorités, les familles restent livrées à elles-mêmes. 

    Jennifer Rofes

    Lire l’intégralité de notre dossier dans notre édition du jour ou au feuilletage numérique.

    Martin 2015-06-14 05:45:00
    Depuis 1946, les petits frères des Pauvres accompagnent dans une relation fraternelle des personnes - en priorité de plus de 50 ans - souffrant de solitude, de pauvreté, d’exclusion, de maladies graves. Association et fondation reconnues d’utilité publique.
    Martin 2015-06-14 05:39:00
    on fait comment si nous n'avons pas les moyens financiers on laisse crever nos vieux.
    Demandez plutot l'avis aux familles avant de prendre des décisions couteuses.
    Il ne faut pas croire quand buvant dans un bol en or on sera en meilleur santé ou plus heureux.
    Vous ne parlez mon cher BPC que de règlement et de finance.
    Que faites vous du bien être moral de ces pauvres vieux et de leur bonheur.
    Laissons les familles choisir ce qui est bon pour leurs parents et arretez de parlez de la rentabilité de votre porte monnaie.
    Nous n'avons pas les mêmes objectifs concernant les vieux.
    Prenez plutôt exemple sur la fondation créée dès 1977: les petits frères des pauvres.
    BPC 2015-06-14 03:13:00
    Votre article donne vraiment l'impression qu'on a le droit de faire n'importe quoi ! On est pas dans un camping ! je suis scandalisée.

    Les organismes à contacter Pour bien préparer votre projet de création de maison de retraite, il faudra chercher des informations auprès de la DDASS et du Conseil général de votre département. Une fois toutes les informations connues, il faudra chercher le terrain sur lequel sera implantée la maison de retraite. Votre dossier devra comporter des éléments sur le financement du projet. Cela suppose que vous avez effectué toutes les démarches nécessaires pour obtenir un crédit professionnel, auprès des établissements de crédit. Lorsque le dossier est prêt, il faudra le présenter aux organismes de tutelle, afin d'obtenir leur autorisation. La demande d'autorisation de création d'une maison de retraite Le conseil général de votre département et la DDASS se réunissent en comité appelé CROSMS (comité régional d'organisation sanitaire et médico-social). Durant cette réunion, ils analyseront votre dossier de demande de création d'une maison de retraite. Si votre dossier est bon, le comité émettra un avis favorable qui donnera lieu à un arrêté d'autorisation. C'est à ce moment-là qu'il faudra être déjà propriétaire du terrain sur lequel on construira la maison de retraite. Si ce n'est pas le cas, il faudra être sur le point de devenir propriétaire du terrain. Pensez à choisir un bon emplacement, pour avoir un nombre raisonnable de pensionnaires. Ce projet de création de maison de retraite devra tenir compte, des personnes handicapées et en perte d'autonomie. Cette obligation existe depuis la loi du 11 février 2005.

    Dès l'obtention de l'avis favorable délivré par le CROSMS, il faudra ne pas tarder à commencer les travaux pour construire l'établissement qui accueillera les personnes âgées. En effet, vous disposez d'un délai de trois ans, à partir de la délivrance de l'autorisation pour débuter la construction de la maison de retraite. Si ce délai est dépassé, l'autorisation sera caduque. L'ouverture de la maison de retraite Lorsque la construction de votre maison de retraite est achevée, il faudra passer à l'étape de l'ouverture de l'établissement. Toutefois, l'ouverture de votre établissement est soumise à d'autres formalités administratives. En effet, elle doit faire l'objet d'une visite de conformité, effectuée par la DDASS et le Conseil général. Cette visite permet de vérifier si la maison de retraite pourra accueillir, en toute sécurité, ses nouveaux pensionnaires. De plus, la Mairie fera également une visite de sécurité et vérifiera si la construction de l'établissement est conforme au permis de construire. Notez bien que l'ensemble de ces formalités peut prendre beaucoup de temps, en moyenne 3 à 6 ans. Par ailleurs, si vous envisagez de devenir directeur de votre maison de retraite, il faudra posséder les qualifications obligatoires. Par conséquent, cela suppose que vous ayez suivi la formation requise.
    Martin 2015-06-12 01:33:00
    en métropole il y a plusieurs maisons de retraite avec règlementation et agréé par l'état et pourtant il y a énormément de maltraitance sur les personnes grabataires.
    Les soins médicaux doivent être présent mais le plus important et avant tout, nos vieux ont besoin d'amour et l'amour pour son prochain ne s'apprend dans les bouquins.
    Pouquoi ne pas embaucher beaucoup de jeunes pour s'occuper de nos vieux, les jeunes peuvent apporter la joie de vivre chez nos vieux et nos jeunes se sentiront au moins utiles dans leur vie.
    Nos jeunes seront tellement occupés à prendre soin de nos vieux qu'ils n'auront plus le temps à errer dans les rues.
    Cela serait un bien être pour chacun de nous.
    Gardons nos anciennes valeurs et soyons positifs pour l'avenir.
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