Les pays du Pacifique pas perturbés par les révélations sur l’espionnage néo-zélandais

    lundi 9 mars 2015

    « Ça ne va pas m’empêcher de dormir ! » C’est ainsi qu’a réagi le Premier ministre samoan, Tuilaepa Sa’ilele, aux révélations du New Zealand Herald.
    S’appuyant sur des documents fournis par le lanceur d’alerte Edward Snowden, le journaliste d’investigation Nicky Hager montre que les services de renseignement néo-zélandais ont mis en place un système de surveillance de masse des communications dans le Pacifique. Des révélations qui n’ont pas beaucoup ému les pays visés. Pour le moment, Fidji refuse de commenter l’information. « C’est leur problème, allez parler aux autorités néo-zélandaises », a simplement répondu un responsable militaire fidjien au Fiji Times.

    Du côté des Samoa, le Premier ministre se montre particulièrement placide. Pour Tuilaepa Sa’ilele, interrogé par la radio nationale néo-zélandaise, ces révélations sont un peu tirées par les cheveux, et il ne se sent pas vraiment concerné :

    « Ma priorité, c’est de donner du travail et à manger à ma population, c’est tout. Les choses dont vous parlez relèvent de problèmes de sécurité importants. Nous sommes tous des amis, nous sommes tous des frères, et nous nous aimons les uns les autres. »

     
    Son homologue tongien se montre un peu plus préoccupé, même si sa réaction reste très mesurée. Si ces allégations sont vraies, ce serait décevant, cela voudrait dire que la Nouvelle-Zélande abuse de notre confiance, estime Akilisi Pohiva, tout en considérant que cela relève de la prérogative de Wellington :

    « Je vais demander à avoir une réunion avec le consul de Nouvelle-Zélande ici, à Tonga, pour essayer de savoir ce qu’il en est réellement. Si j’ai l’occasion de me rendre en Nouvelle-Zélande sous peu, c’est un sujet que je mettrais sur la table, c’est sûr. »

     
    Si ces révélations ne provoquent donc pas de réactions indignées, c’est parce qu’elles ne surprennent personne, estime l’expert stratégique Robert Ayson, au micro de ABC :

    « Ce n’est pas surprenant que la Nouvelle-Zélande surveille les pays du Pacifique sud. Le pays est le spécialiste en la matière depuis longtemps. Si un pays étranger se tourne vers les services de renseignement néo-zélandais, vous pouvez être sûrs que cela va concerner le Pacifique. Donc ce n’est vraiment pas une grande  nouvelle qu’on espionne la région. »

     
    D’ailleurs, si le fait que chaque courriel, chaque conversation téléphonique soit intercepté est démenti par le Premier ministre néo-zélandais, John Key reconnaît cependant que la Nouvelle-Zélande recueille des informations sur des pays étrangers, affirmant que ses services de renseignement agissent « en toute légalité ».
    Une surveillance qui peut servir aux pays de la région, affirme le professeur Robert Ayson :
    « Je pense que certaines observations des services de renseignement néo-zélandais dans le Pacifique sud concernant par exemple le trafic de drogue, la pêche illégale, ce genre de choses… peuvent servir aux pays du Pacifique. Ils dépendent aussi de ces renseignements, donc je ne pense pas qu’il faille voir cela comme étant à sens unique. Et je ne pense pas qu’il faille s’imaginer que cela va créer des dissensions entre la Nouvelle-Zélande et ses partenaires du Pacifique. »
     
    Radio Australia

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