Les règles du marché de Papeete bientôt chamboulées

    mercredi 20 avril 2016

    La commune de Papeete vient de lancer un appel d’offres pour remplacer les chambres froides et réaménager le rez-de-chaussée du marché Mapuru a Paraita.  Mine de rien, ces travaux annoncent plusieurs chambardements dans les habitudes des commerçants, qu’ils ne sont pas tout à fait prêts à accepter… À l’avenir, chacun devra payer sa propre consommation d’eau et d’électricité, et les maraîchers seront obligés de mettre au frais tous leurs fruits et légumes à la fermeture.

    C’est une petite révolution qui se prépare au marché de Papeete. Trois ans après la réfection du premier étage, la commune vient de lancer un appel d’offres pour “le remplacement et la création de chambres froides et l’aménagement de la zone des bouchers, des stands de coco, du jus de fruit et des poissonniers”.

    En s’appuyant sur cette vaste opération de mise aux normes d’hygiène, qu’elle réclamait depuis la fin des travaux précédents, la direction souhaite revoir en profondeur le fonctionnement de Mapuru a Paraita… au risque de s’attirer les foudres des commerçants.
    Grande nouveauté : dès l’installation des nouvelles chambres froides, d’une “plus grande capacité”, “il ne devra plus rester aucun fruit ni légume sur les étals à la fermeture du marché”, explique un responsable, qui souhaite, ainsi dissuader les rats et les cafards de s’approprier les lieux à la nuit tombée.

    À l’heure actuelle, la plupart des denrées passent la nuit sur leur stand, recouvertes de grillages ou de draps.
    À l’avenir, les maraîchers disposeront de casiers qu’ils devront eux-mêmes déposer en fin de journée dans les réfrigérateurs situés derrière l’espace des poissonniers.
    “Il n’y aura jamais la place…”, soutiennent pourtant plusieurs d’entre eux. “Quand c’est la saison des citrons et des pamplemousses qui viennent des Marquises, on ne peut déjà plus mettre nos légumes périssables au frais…, raconte une maraîchère. Et puis, ça fait beaucoup de travail pour nous de rentrer et sortir toute la marchandise.”
    Les commerçants craignent aussi la multiplication des vols, déjà courants.

    “Il y en a qui prennent les poissons ou les légumes des autres dans le frigo… Ça arrive souvent, mais comme on n’a pas vu, qui doit-on accuser ?”, soupire une vendeuse.
    Les maraîchers Jeanne et Gérard Vero sont donc formellement opposés à ce nouveau système, qui devrait entrer en vigueur dès la pose des nouvelles chambres froides.
    “Si tu mets au frigo, après ça noircit la banane, et tu peux plus vendre…”, expliquent-ils aussi, dénonçant une mesure superfétatoire qui ne viserait qu’à leur “soutirer des sous” (lire ci-contre), puisque la conservation au réfrigérateur coûte 20 francs le kilo pour trois jours.

    “Ils seront obligés de faire avec”

    “Si on fait ça, ce n’est pas dans le but de les embêter, mais dans le but de protéger leur gagne-pain”, rétorque la direction, qui souhaite de son côté faire taire les critiques récurrentes sur l’hygiène des produits vendus au marché.
    Elle promet de faire son possible pour limiter les malversations. Pour le reste, “ils seront obligés de faire avec, tranche un responsable. Si tout ne rentre pas dans les frigos, il faudra un autre système pour stocker les produits. À eux de trouver une solution. Mais moi, je préfère manger une banane noircie par le froid que mangée par les cafards…”
    Toujours pour améliorer l’hygiène, les vendeurs seront sensibilisés au choix d’une tenue plus adaptée.
    “On ne va pas changer le règlement intérieur du marché, mais il faudrait franchement interdire les débardeurs, pour éviter que les poils tombent sur les aliments…”, glisse le responsable, en faisant la grimace.

    Le coin des bouchers, lui, verra l’apparition d’une salle de découpe qui évitera que la viande soit manipulée à la vue de tous, et à l’air libre. La nouvelle, cette fois-ci, est bien accueillie par la commerçante Florence Mou, excédée par les “crottes de rats” qu’elle repère fréquemment sur les sols de Mapuru a Paraita.
    Suite aux recommandations du service d’hygiène, la salle de découpe des poissonniers sera, elle aussi, remplacée.
    “Mais si on veut vraiment que ce soit hygiénique, il faut fermer hermétiquement le marché et mettre la clim…”, soufflent des commerçantes. 

    MG

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    Mapuru a Paraita restera ouvert pendant les travaux

    L’appel d’offres concernant le réaménagement du rez-de-chaussée du marché, qui court jusqu’au 25 mai, prévoit un délai d’exécution de dix mois. La direction de Mapuru a Paraita promet qu’elle essaiera de “trouver une solution” pour permettre aux commerçants de continuer à vendre leur marchandise pendant toute la durée des travaux. Ils pourraient s’achever courant 2017, pour les 30 ans de la structure dont la première tranche avait été inaugurée en 1987.

    Chaque commerçant paiera son eau et son électricité

    Outre la mise aux normes d’hygiène, les travaux prévus au marché de Papeete seront aussi l’occasion de revoir le système d’alimentation en eau et en électricité.
    À l’issue du chantier, chaque stand disposera de ses propres compteurs, comme les snacks, friands en électricité, ou les poissonniers et les bouchers, obligés de sans cesse nettoyer leur matériel, leurs étals et les sols maculés… “On va les responsabiliser un peu. Dorénavant, les commerçants paieront leur consommation, explique la direction du marché. Parce que quand c’est pas toi qui payes, tu gaspilles…”
    Les maraîchers, eux, ne s’en soucient guère, ayant remisé depuis longtemps les ventilateurs au placard, et n’utilisant qu’un seau d’eau à l’occasion, pour arroser leurs légumes ou faire briller leur stand. Ils estiment d’ailleurs la mesure assez juste.
    Mais les autres sentiront passer la facture. “On n’a pas le choix, il faudra toujours qu’on nettoie par terre, mais ça va nous coûter cher…”, prévoit une poissonnière.
    “S’il faut payer, il faut payer”, accepte aussi une bouchère avec fatalité, mais non sans faire remarquer que le prix des emplacements avait déjà augmenté de 10 % en juillet dernier. Elle dispose déjà de son propre groupe électrogène. “Mais on ne pourra pas répercuter le prix de l’eau comme ça sur nos produits, parce qu’on a un tarif à respecter, souligne-t-elle. Donc on va simplement continuer à survivre de notre activité.”

     

    pffffff 2016-04-21 11:50:00
    Merci grace a vous j'ai compris un truc ... je n'acheterai plus jamais mes fruits ou légumes au marché ....du tissus et du grillage pour protéger des rats et cafards ........

    BERKKKKKKKKKKKKKKKK dégueux !
    LEPETANT 2016-04-21 07:36:00
    Nos élus n'ont jamais dirigé une entreprise privée. C'est çà le drame.
    MOOREA56 2016-04-20 21:07:00
    Le marché de Papeete va ressembler à un marché sans saveur.Bien sur l'hygiène est important mais sur quoi se base t'ils pour étayer toutes ces modifications? Le marché de Papeete occasionne t'il des incidents graves ? Flosse a fait quasiment disparaître les Trucs.Si nous laissons faire même la carte postale n'aura aucune saveur. Est ce que San Françisco a supprimer ses Câbles Cars .Nos élus ne voient rien de ce qui les entourent, normal ils sont toujours dans leurs berlines fermées à cause de la climatisation .
    nul 2016-04-20 15:22:00
    désolé mais j'y suis pour rien à propos des bananes noircies... (:
    Toki 2016-04-20 14:48:00
    LOL le gars de la mairie ne doit pas savoir ce qu'est de faire du commerce: personne n'achètera de banane noircie mon gars!

    Encore une fois, la mairie de Papeete brille par sa fâcheuse manie de décider dans son coin des règles et de s'en foutre des personnes qui seront impactées. Est ce qu'ils ne peuvent pas prendre de décisions adaptées à notre contexte et arrêté de faire ce genre de bêtises? Ils devraient écrire "comment rendre une ville morte pour les nuls"
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