Les singularités de Papeete, thème d’une conférence d’Yves Babin

    mardi 24 mai 2016

    Papeete : une ville singulière. C’est le thème qu’abordera le professeur d’histoire, Yves Babin, lors d’une conférence organisée par la Société des membres de la Légion d’honneur, jeudi prochain, à 18 heures, au cercle mixte interarmées de Pirae.
    Celui qui enseigna au lycée Gauguin jusqu’à sa retraite en 2004, présentera la capitale tahitienne sous un angle insolite en abordant l’histoire de monuments et de lieux qui, au fil du temps, ont connu des fortunes diverses.

    “Je ne pouvais aborder toute l’histoire de Papeete donc j’ai opté pour ce thème, explique l’intéressé, il y a des exemples très concrets que l’on voit rarement ailleurs : le fait, par exemple, que le monument aux morts a changé trois fois de place. C’est quelque chose d’assez rare.”
    Un temps situé en plein milieu de l’actuelle avenue Pouvana’a-a-O’opa, il avait en effet dû être déplacé de plusieurs mètres pour répondre aux exigences d’un trafic routier sans cesse plus important.

    Autre bizarrerie, le fait que le parc Bougainville a, lui, été inauguré à trois reprises là aussi, entre autres, pour des contraintes liées au développement urbain.
    “J’ai essayé de prendre plusieurs exemples de ce type. Des immeubles qui ont bougé, des rues qui ont changé de nom et d’autres qui portaient le même nom au même moment”, ajoute le conférencier.

    “Les gens oublient”

    Autant de changements aujourd’hui tombés dans les oubliettes de l’histoire car la mémoire est courte : “À un moment donné, le passé, ici, n’avait pas beaucoup d’importance. C’est seulement aujourd’hui que l’on s’y intéresse un peu plus. À cause de ce manque d’intérêt pendant un certain temps, on a oublié que tel monument a existé à tel endroit puis qu’il a disparu sans que l’on sache pourquoi”.
    Mais l’oubli appartient aussi à la nature humaine. “Demandez à quelqu’un de décrire le bord de mer de Papeete avant qu’on ne crée les jardins de Paofai ou la place To’ata. Peu de personnes pourraient le faire. Nous vivons aussi dans une période où tout va très vite. Les gens oublient”, souffle l’historien, qui regrette l’absence “de réelle volonté” des pouvoirs publics “de se référer au passé”.

    “Regardez l’hôpital de Vaiami. Un bâtiment colonial ancien. Mais tout le monde s’en fiche alors que l’on aurait pu en faire un musée”, grogne-t-il. 

    J.-B.C.

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