Les taro haut perchés de Bernard Tetuaiteroi et Alfred Tchoung

    lundi 14 mars 2016

    Bernard Tetuaiteroi et Alfred Tchoung, originaires de Faaone, sont à la fois agriculteurs et pêcheurs. En début d’année, les deux cousins ont défriché un terrain à flanc de montagne pour y installer leur tarodière.  Cette parcelle atypique illustre la capacité d’adaptation dont les deux hommes ont su faire preuve.

    Bernard Tetuaiteroi, 44 ans, et Alfred Tchoung, dit “Black”, 50 ans, sont cousins. Originaires de Faaone. Ils sont à la fois pêcheurs et agriculteurs, deux savoir-faire complémentaires hérités de leurs parents.
    “On est bien obligé de se bouger puisqu’il n’y a pas de travail”, confie Bernard Tetuaiteroi.
    En parallèle de la pêche aux ina’a ou aux ature, selon la saison, les deux hommes entretiennent quelques cultures vivrières, essentiellement du taro, du manioc, des bananes et des cocos, qu’ils transforment eux-mêmes en mitihue.
    “On en vend un peu, mais c’est surtout pour notre consommation personnelle”, précise Bernard Tetuaiteroi.
    Au PK 46, face à la maison familiale, l’une de leurs parcelles est pour le moins surprenante. En début d’année, les deux cousins ont en effet entrepris de planter quelques taro, directement à flanc de montagne.
    “Au début, ce devait être simplement pour la maison. Mais, petit à petit, on a continué à monter et, au final, on a planté à peu près 800 pieds ! ”, explique Bernard Tetuaiteroi.
    Aujourd’hui, l’exploitation totalise onze variétés, obtenues auprès d’un oncle, exploitant de plus vastes surfaces.
    À ce sujet, les deux cousins ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin, prévoyant de planter des pieds supplémentaires, toujours plus en hauteur.

    S’adapter au terrain

    “L’avantage, avec ce système, c’est que l’eau ruisselle. Depuis qu’on a planté, mi-janvier, on n’a encore jamais eu besoin d’arroser. Ici, il pleut souvent, donc ce n’est pas vraiment un souci”, assure Bernard Tetuaiteroi.
    Ces dernières semaines de pluies abondantes ont donc été largement bénéfiques à cette tarodière verticale. D’ailleurs, pour y monter – ou plutôt pour y grimper –, mieux vaut s’accrocher, car plus on progresse, plus la pente devient périlleuse. Une chose est sûre, d’en haut, les taro profitent d’une vue imprenable sur le lagon.
    Mais au-delà des difficultés d’accès, s’agissant du défrichage comme de l’entretien – réalisé exclusivement avec des outils manuels –, les préoccupations des deux cousins concernent plutôt les limites liées à la faible superficie de leur exploitation.
    “L’inconvénient, c’est que le taro met du temps à pousser. Donc pour rentabiliser, il faut vraiment avoir un grand terrain”, explique Bernard Tetuaiteroi.
    Ce mode de culture atypique, qui contraste avec les tarodières généralement inondées, illustre la capacité d’adaptation des deux hommes, qui ont pris leur courage d’une main, leurs outils de l’autre, pour valoriser un terrain familial à la fois inconstructible et en indivision. Ils mettent aussi un point d’honneur à cultiver leurs taro selon les principes de l’agriculture biologique.
    “C’est meilleur pour la santé. Au lieu d’aller acheter, c’est mieux de planter soi-même !”, souligne Alfred Tchoung.
    Les deux cousins envisagent néanmoins de vendre le surplus de leur récolte, qui devrait intervenir d’ici juin ou juillet, selon les variétés. Au cours du prochain semestre, ils prévoient de se diversifier, en intégrant le manioc à leurs cultures. 

    A.-C.B.

    Gavinelli olivier 2016-03-15 03:39:00
    Bien vu les gars !
    Quand il n'y a plus de travail salarié, et bien on travail tout court !!
    De plus on se nourri correctement si on n'utilise pas de produits polluants (pesticide et engrais chimique).
    On devient plus autonomie donc une sécurité alimentaire accru.
    Le taro, (colocasia esculenta, mais il y a plein de variété existantes qui sont également comestibles) peut effectivement pousser dans des sols non inondés. En Amérique Latine ils cultivent des variétés plus petites (nyampi, tiquisque, etc.).
    Par contre, sur un terrain en pente les écoulements des eaux de pluie vont par érosion, faire descendre tout l'humus fertile vers le bas de la pente et le terrain sera de moins en moins productif plus les années vont passer.
    Il y a des solutions pour éviter ce problème, mais c'est un peu long a expliquer ici.
    Pour ceux que cela intéresse contactez-moi en allant sur le site : www.adaa-ase.com vous trouverez mon contact en suivant le lien "adaae-ase" (colonne de gauche) puis le lien "fondateur contact".
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