Les urgences de Taravao dans un état critique

    jeudi 4 juin 2015

    En parallèle du mouvement de grève en cours au centre hospitalier de Taaone, certains témoignages révèlent une situation pour le moins préoccupante du côté de l’hôpital de Taravao. Comme annoncé lors de la grève au mois d’avril, un des quatre médecins urgentistes a quitté le service il y a quelques jours, et sera suivi par l’un de ses collègues le mois prochain. Les conditions salariales seraient à l’origine de ces départs successifs. 
    Au sein de l’établissement, on dénonce, en effet, un manque cruel d’attractivités, cumulé à une lenteur administrative proche de l’immobilisme. “On a du mal à recruter. Actuellement, trois postes d’aide-soignant sont toujours vacants”, nous explique-t-on sur place, de façon anonyme en l’absence du responsable syndical. S’agissant des médecins urgentistes, le calcul est simple : à poste égal, les salaires accuseraient un écart de 200 000 F entre le service du CHPF et celui de la Presqu’île. Par conséquent, d’ici quelques semaines, il n’y aura plus que deux médecins aux urgences de Taravao. “On a fait appel aux structures aux alentours. Certains médecins viendront faire des gardes de façon temporaire, mais ce n’est pas viable sur le long terme. Il faudrait recruter, mais on a aucune candidature.” 
    La structure de la Presqu’île, au même titre que celle de Moorea, ne bénéficie pas du statut hospitalier, contrairement aux hôpitaux de Raiatea et des Marquises. 

    Un “électrochoc” vital

    L’hôpital de Taravao, pourtant éloigné, ne l’est finalement peut-être pas assez. “On est considéré comme un service administratif. Ici, c’est comme si on était à l’Office du tourisme ou de la pêche ! Ce n’est pas possible de fonctionner comme ça. Il y a un besoin urgent d’organisation.” 
    Le décalage entre la théorie du droit du travail et la réalité du monde hospitalier est ainsi pointé du doigt. Selon leur statut, certains membres du personnel n’auraient pas perçu le paiement de leurs heures supplémentaires depuis le mois de janvier, malgré le protocole d’accord ayant mis un terme au mouvement de grève aux urgences, mi-avril. “C’est un problème majeur qui, pour l’instant, reste inextricable. Il faut dépoussiérer et retravailler les textes en urgence !” 
    Pour l’anecdote, “on dit toujours qu’il faudrait qu’une personnalité politique vienne se faire soigner à l’hôpital de Taravao pour qu’il y ait des changements”. Pour le personnel concerné, et plus seulement les médecins, une prise de conscience des responsables administratifs et financiers est nécessaire ; s’agissant de la survie du service des urgences, on va jusqu’à parler d’un “électrochoc”.   

    A.-C.B. 

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