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L’État et les impôts sauvent la pirogue financière polynésienne

mercredi 15 novembre 2017

L’État a poursuivi ses financements dans l’économie locale, malgré le départ des armées.

L’État a poursuivi ses financements dans l’économie locale, malgré le départ des armées.


L’Institut d’émission d’Outre-mer a publié, hier, son dernier rapport sur les ressources publiques en Polynésie française. Malgré le départ des armées, l’État a poursuivi ses financements dans l’économie locale. Dans le même temps, la pression s’est accentuée sur les portefeuilles via des hausses de TVA, mais aussi de cotisations pour sauver la PSG et maintenir à flot l’économie.

L’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM) a publié, hier, son dernier rapport d’analyse sur l’impact de la crise économique en Polynésie française sur les finances publiques.

“Cette situation s’est aggravée à partir de 2008 sous les effets directs et indirects de la détérioration de la situation économique internationale et s’est traduite par une forte poussée du taux de chômage, qui a doublé entre 2007 et 2012, de 11,7 % à 21,8 %, et par une baisse sans précédent des investissements publics et privés”, notent les rapporteurs en préambule.

C’est sans surprise que l’IEOM revient sur la lente descente aux enfers qu’a connue la Polynésie en matière de financements publics.

“Les finances publiques, considérablement affectées par les effets collatéraux de ces évènements, ont été touchées plus particulièrement par la baisse importante des recettes fiscales, ainsi que par la difficile et lente réduction des charges de fonctionnement”, note l’organisme bancaire.

“Cette situation a d’ailleurs conduit l’agence de notation Standard & Poor’s à dégrader, avec perspectives négatives, la note du Pays en catégorie spéculative (BB-) en avril 2010.”

Sans l’appui de l’État pendant cette période trouble où les gouvernements valsaient tous les six mois, et la classe politique alimentait l’instabilité, le constat aurait pu être bien pire encore.

Une incurie finalement stoppée par les élections territoriales de 2013 et la mise en place d’un nouveau mode de scrutin assurant au parti vainqueur une confortable assise à l’assemblée de la Polynésie française.

 

La PSG sauvée par les efforts demandés à ses cotisants

 

Avec un taux de chômage qui a explosé en l’espace de cinq ans, l’investissement privé en Polynésie française s’est mis à tourner au ralenti. Rares étaient les projets d’entreprises, faible était le nombre d’embauches.

Pour pallier cette absence du privé, la puissance publique, l’État, tout d’abord, et dans une moindre mesure le Pays, ont dû injecter de l’argent dans l’économie via plusieurs leviers.

“L’apport le plus important aux ressources publiques de la Polynésie française provient des dépenses de l’État, 43 % du total en 2015. Celles-ci se renforcent depuis 2007, +0,9 % en moyenne annuelle, jouant ainsi un rôle de stabilisateur automatique tout au long de la récession en Polynésie française”, note l’IEOM dans son rapport

Viennent en deuxième position les recettes fiscales prélevées localement, 29 % du total en 2015 contre 33 % en 2007. Affectées par la récession, elles diminuent de 18 milliards de francs entre 2007 et 2012. Enfin, Les cotisations sociales passent de 16 % du total des ressources publiques en 2007 à 20 % en 2015, malgré la diminution de nombre de cotisants, parallèlement à la montée du chômage.
Cette évolution s’explique par les revalorisations successives destinées à parer aux déséquilibres croissants de la Protection sociale généralisée (PSG) ; les cotisations ont ainsi augmenté de 19 milliards de francs entre 2007 et 2015.”

 

Les taxes remettent le navire à flot

 

En gros, avec la perte d’emplois sur le territoire, nous sommes moins nombreux à cotiser pour les différentes branches de la PSG, mais nous cotisons plus.

La part de l’État dans les ressources publiques est stable sur la période, tandis que celle des recettes fiscales se réduit au profit des cotisations sociales. En France hexagonale, la répartition est inchangée (54 % de recettes fiscales et 35 % de cotisations sociales).

“Dans un climat économique complexe, les recettes fiscales se sont dégradées jusqu’en 2014, l’endettement du Pays s’est alourdi, alors que les cotisations sociales étaient ajustées à la hausse pour répondre aux dépenses croissantes de la PSG”, note le rapport de l’IEOM.

Une situation connue qui a vu la relance économique du Pays passer par une ponction des bas de laines polynésiens.

“Très sensibles aux aléas de la conjoncture, les recettes indirectes se contractent de 4,6 % en moyenne annuelle entre 2007 et 2013, mais se redressent ensuite, à la faveur d’une hausse des taux de TVA de 3 points (août 2013) et de la reprise économique (+4,7 %).”

Les recettes directes ne remontent, quant à elles, qu’en 2015 (+3,1 %), l’exercice 2014 étant impacté par la réduction de 5 points de l’impôt sur les sociétés (-2 milliards de francs).

Parallèlement, le Pays a recours à l’emprunt pour financer certains de ses projets, faisant passer l’endettement du Pays à hauteur de 92 milliards de francs en 2015.

Ces prélèvements obligatoires ne permettent de financer qu’à 50 % les recettes publiques.

Elles représentent tout de même une hausse de 0,8 % en moyenne annuelle, rythme supérieur à la croissance économique (-0,2 % pour le PIB courant).

Ces prélèvements représentent 36 % du PIB, taux plus élevé qu’en Australie (28 % en 2014), en Nouvelle-Zélande (33 % en 2015) et en Nouvelle-Calédonie (33 % en 2014), mais inférieur à celui de la France hexagonale (44,7 % en 2015).

Bertrand Prévost

 

résultats PSG

Nous sommes moins nombreux à cotiser pour les différentes branches de la PSG, mais nous cotisons plus.

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