L’État soutient l’Adie

    vendredi 19 août 2016

    adie

    Photo de famille avec le haut-commissaire, René Bidal (au centre). À gauche, Henry Teiva. (Photo : Christophe Cozette)

     

    Le microcrédit à visage humain

     

    L’essayer, c’est l’adopter. Et tout comme Henry, cela peut rendre la vie belle d’être un porteur de projet afin d’être son propre patron mais surtout bénéficier d’un microcrédit via l’Adie, l’association pour le droit à l’initiative économique, qui a signé hier matin, au haut-commissariat de la République – un de ses plus fidèles partenaires depuis ses débuts -, une convention annuelle de financement, avec René Bidal, le représentant de l’État, un haut-commissaire convaincu de “l’importance de ces microcrédits pour la Polynésie”.

    Depuis 2009, ce sont 3 000 Po­lynésiens qui ont pu accéder à l’Adie et, donc, créer leur entreprise”, comme l’a rappelé René Bidal.

    Je suis d’autant plus satisfait que 70 % des personnes qui ont bénéficié de cette aide sont aujourd’hui dans l’activité qu’ils ont créée.”

    L’Adie, c’est la possibilité donnée à des gens, qui n’ont pas accès aux crédits bancaires, de pouvoir, sur le principe de la confiance et grâce à l’association, y accéder, comme l’a rappelé le haut-commissaire de la République, qui souhaitait mettre “un coup de projecteur” sur l’association pour le droit à l’initiative économique.

    Avec 14 collaborateurs, 25 bénévoles et un budget global de 109 millions de francs, l’Adie, depuis sa création en 2009 au fenua, a accompagné 3 284 personnes (50 % des porteurs de projet ont moins de 39 ans) et a accordé 3 005 microcrédits, dont 55 % dans le secteur primaire.

    Toujours à la recherche de partenaires privés et de bénévoles (lire La Dépêche de Tahiti du 12 avril, “L’Adie, c’est aussi du bénévolat”), l’Adie propose mais surtout accompagne les porteurs de projets, soit jusqu’à 700 000 F à un taux de 7,61 % (sur 30 mois), soit jusqu’à 1,1 million de francs à 6,71 %, sur 48 mois.

     

    Maintien de l’emploi dans les archipels

     

    Ce système est complémentaire des entreprises de Polynésie et participe à la richesse de l’économie et notamment dans les archipels, où l’on a, dans le secteur primaire, souvent besoin des microcrédits”, a rappelé René Bidal.

    Cela est bon, cela permet à quelqu’un de s’épanouir professionnellement et cela maintient l’emploi dans les archipels.

    Une “double satisfaction” pour le représentant de l’État, qui n’a pas hésité à vanter la “dimension économique mais aussi humaine” de l’Adie.

    En effet, sur les 559 microcrédits accordés depuis le début de l’année soit 21 par semaine — pour un montant total de 239 millions de francs —, 421 concernent les Australes, les îles Sous-le-Vent et les Tuamotu-Gambier, là où est implanté également l’Adie avec ses antennes (Tubuai, Raiatea, Hao et Rangiroa et, bien sûr, Taravao et Papeete).

    Les Marquises ne devraient pas tarder à rentrer dans la danse, l’association prévoit l’ouverture prochaine d’une succursale à la Terre des hommes.

    Également convaincus, Capo Oitoi et sa femme Marceline, qui ont fait appel à deux reprises à l’Adie et spécialistes dans la greffe d’hibiscus avec plus de 5 000 variétés (sic), sont de fervents supporters de l’association.

    Les jeunes agriculteurs font face à deux soucis, le problème de terres et le problème financier en cas de mauvaise récolte”, a dit, en substance, Capo.

    Habitants de Moorea, le couple milite dans ce sens. “On a le tourisme, l’agriculture et l’horticulture. L’Adie est le meilleur moyen pour les jeunes pour qu’ils restent dans leur île. C’est valable aussi, pour Taha’a, avec la vanille”, a plaidé Capo Oitoi, hier matin, au haut-commissariat.

    L’hydrocurage consiste à déboucher toutes les canalisations, de l’évier à la douche” mais aussi les plus grosses et Henry Teiva, “Adie depuis moins d’un an” en a fait son métier.

    Après avoir découvert l’Adie grâce à La Dépêche de Tahiti, comme il nous l’a confié, l’Adie a changé sa vie. Outre qu’il peut nourrir sa famille, sa “vie est beaucoup plus simple, beaucoup plus belle” depuis qu’il est son propre patron.

    Mais comme il l’a justement rappelé, “le financement, ce n’est pas tout, il faut aussi du courage”. Mais cela paie et permet de voir la vie en rose.

     

    Christophe Cozette

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