L’Europe en force à Paris dimanche pour une « marche républicaine »

vendredi 9 janvier 2015

L’onde de choc de l’attentat contre Charlie Hebdo et des prises d’otages continue de dominer l’agenda politique avec la venue de nombreux chefs de gouvernement européens – et probablement de François Hollande – à la « marche républicaine » dimanche, qui éclipse en partie la polémique sur la présence ou pas du FN.
Le président de la République devait prononcer une allocution en direct vendredi avant 20h, a annoncé son entourage, environ une heure après la « neutralisation » des suspects de Dammartin et du preneur d’otage de la porte de Vincennes. Il a suivi le sanglant dénouement de ces deux affaires depuis son bureau, tout en maintenant son agenda initial en recevant notamment plusieurs chefs de partis et en réunissant à deux reprises la cellule gouvernementale de crise.
Le Premier ministre Manuel Valls devait s’exprimer quant à lui à 20h sur TF1.
Cette traque de plus de cinquante heures après l’attentat de Charlie Hebdo, qui a provoqué une immense émotion dans l’Hexagone et à travers le monde, a occupé l’ensemble de la scène politique depuis mercredi. M. Hollande s’était rendu immédiatement sur place et n’a cessé de se montrer en première ligne, jusqu’à la retransmission en direct de son message aux préfets vendredi matin, Place Beauvau. 
L’intensité ne devrait pas retomber avant dimanche, jour de la « marche républicaine » prévue à Paris en hommage aux nombreuses victimes de l’attentat. Initialement lancée par la gauche, cette marche est désormais co-organisée, entre autres syndicats et associations, par la quasi-totalité des partis politiques, à l’exception du Front National qui a vigoureusement dénoncé cette « exclusion ».
A ce stade, la participation de M. Hollande à cette marche est envisagée mais « pas décidée ». Mais le chef de l’État serait plutôt enclin à s’y rendre, selon son entourage, et la présence annoncée de la chancelière allemande Angela Merkel des chefs de gouvernement espagnol Mariano Rajoy, britannique David Cameron et italien Matteo Renzi, ainsi que du président du Conseil européen Donald Tusk, tendent à crédibiliser cette hypothèse.

Le précédent Mitterrand en 1990 après Carpentras
 
A situation exceptionnelle, dispositions exceptionnelles. Alors que des voix à l’UMP incitent le chef de l’État à participer à cette marche, qui pourrait bien figurer parmi les grandes séquences du quinquennat, à l’Élysée, on rappelait vendredi matin la présence « surprise », en 1990, de François Mitterrand à la grande manifestation organisée à Paris après la profanation d’un cimetière juif de Carpentras.
L’autre point de cristallisation politique réside dans le sort à réserver au Front National de cette marche initialement lancée en mémoire des victimes de Charlie Hebdo, qui avait fait du parti d’extrême droite une de ses cibles privilégiées.
Marine Le Pen a vigoureusement dénoncé avoir été mise à l’écart de l’organisation de cette « marche républicaine ». « Il n’y a plus d’union nationale », a-t-elle dit, tandis que son numéro 2 Florian Philippot a d’ores et déjà raillé une « marche UMPS » rassemblant les « responsables du laxisme actuel ».
L’UMP, mais aussi François Bayrou (Modem) et Jean-Christophe Lagarde (UDI) ont défendu la présence du FN (M. Lagarde appelant cependant Mme Le Pen à « ne pas pleurnicher »). Le Parti socialiste s’est quelque peu divisé sur la question, François Lamy (proche de Martine Aubry) estimant qu’il n’avait « rien à faire » dans le cortège, Olivier Faure préférant « n’exclure personne » et le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis tentant la synthèse en appelant à venir « qui veut et se sent concerné ».
Après cette grande séquence de deuil national, le débat politique reprendra probablement un tour plus polémique. L’encre de la loi de « lutte contre le terrorisme » du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve est encore fraîche après son adoption par le Parlement le 4 novembre. Mais Nicolas Sarkozy a d’ores et déjà appelé François Hollande à élever le « niveau de fermeté et de vigilance » et à prendre des « mesures », que François Fillon a dit attendre dès la semaine prochaine. Quant au FN, il se dit le « seul » à dénoncer le « fondamentalisme islamiste ».

AFP

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