L’héritier de Rocard et la question calédonienne

    mercredi 7 décembre 2016

    Manuel Valls a été le seul Premier ministre à avoir organisé deux Comités des signataires au cours de la même année. C’était en février et en novembre 2016. (© archives LNC)

    Manuel Valls a été le seul Premier ministre à avoir organisé deux Comités des signataires au cours de la même année. C’était en février et en novembre 2016. (© archives LNC)

     

     

    Arrivé à Matignon le 31 mars 2014, après avoir été ministre de l’Intérieur, Manuel Valls a très vite marqué de son empreinte son approche du dossier calédonien. Il n’aura été Premier ministre que deux ans et demi, cela ne l’a pas empêché de présider quatre Comités des signataires. Et de l’avis de la majorité des responsables politiques calédoniens, il s’y est impliqué personnellement et plus significativement que ses prédécesseurs.

    Il faut dire que l’homme a de qui tenir. Ne jamais oublier qu’il fut jeune conseiller de Michel Rocard quand ce dernier a hérité du dossier calédonien au lendemain du dénouement tragique de la prise d’otages à Ouvéa. Il était dans la coulisse lors de la négociation des accords de Matignon entre Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou.

    Lors du premier Comité des signataires, qu’il a présidé en octobre 2014, il a lancé la mission d’écoute et de conseil sur l’avenir institutionnel d’Alain Chrisnacht et Jean-François Merle. C’est également lui qui a décidé d’un Comité des signataires exceptionnel, le 5 juin 2015, avec un point unique à l’ordre du jour : déminer le contentieux du corps électoral des élections provinciales et définir une méthodologie pour l’établissement du corps électoral référendaire, plus pratique que celle préconisée par le Conseil d’État.

     

    Survie du nickel

     

    Lors du Comité des signataires du 4 février 2016, le Premier ministre a considéré la question du litige électoral comme “définitivement réglée” ce qui n’a pas forcément plu à toutes les formations, notamment indépendantistes. Mais surtout, alors que les secteurs de la mine et de la métallurgie sont en sérieuse difficulté depuis des mois, il annonce un “plan de survie” pour le nickel. Le premier temps fort de ce plan sera dévoilé deux mois et demi plus tard, lors de la visite de Manuel Valls en Nouvelle-Calédonie.

    Le 29 avril, lors de sa venue sur le site de la SLN, il annonce un prêt de l’État de 200 millions d’euros (24 milliards de francs) pour aider la doyenne des usines calédoniennes à passer le creux de la vague.

    Durant cette visite, Manuel Valls prononce un discours de rupture avec la doctrine du laisser-faire équidistant qui était celle de l’État depuis l’élection de François Hollande. S’il se refuse, évidemment, à prendre position en faveur d’une solution institutionnelle plutôt qu’une autre, il replace l’État comme acteur actif de l’accord de Nouméa.

    Dans la même période, il donne la directive au haut-commissaire de se pourvoir en cassation contre les décisions de radiation des listes provinciales prononcées par le tribunal de première instance. Ces décisions avaient été rendues sur la base d’informations transmises précisément par… le haussariat.

    Lors du Comité des signataires du 7 novembre 2016, il poursuit son opération sauvetage du nickel en annonçant un prêt en direction de l’usine du Sud équivalent à celui accordé à la SLN. Et quelques semaines plus tard, des garanties sont accordées à l’usine du Nord pour qu’elle puisse reconstruire son four défaillant.

    Enfin, lors de ce comité, d’importantes mesures sont annoncées en matière de sécurité.

     

    Les Nouvelles calédoniennes

     

     

        Edition abonnés
        Le vote

        Recensement : Êtes-vous prêt à répondre à toutes les questions même intime malgré une garantie de l'anonymat ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete