L’heure du nettoyage et de la reconstruction dans les communes

    mercredi 25 janvier 2017

    bidal buillard

    Des sapeurs-pompiers, des agents de la Polynésienne des eaux et bien d’autres travailleurs s’activaient hier encore, comme ici dans la rue en face de la gare maritime, à effacer les stigmates du centre-ville de Papeete. (© Marie Guitton)

     

    Le haut-commissaire René Bidal et le maire de Papeete Michel Buillard sont allés observer hier diverses opérations de nettoyage après les inondations qui ont touché le week-end dernier la capitale.

    Outre les commerçants qui continuent à lessiver leurs boutiques en rez-de-chaussée, les stigmates sont toujours bien visibles dans les parkings souterrains de la ville. Au total, 93 voitures et 13 deux-roues se sont noyés dans les dix parkings.

    “Le seul qui a été épargné est celui de la mairie”, soufflait hier un responsable municipal.

    Avez-vous déjà vu votre commune comme ça ? “Non, jamais, jamais”, a quant à lui confié le tavana. “Depuis ma naissance, il y a eu des épisodes, mais pas dans tout Papeete. En tant que maire, je n’ai jamais vu ça.”

    Six foyers auraient complètement perdu leurs habitations. Un bilan incroyablement léger au regard des litres d’eau qui se sont retrouvés en bas des vallées et sur le front de mer complètement inondé.

    “Depuis le début, pour nous, l’urgence, c’était de sauver des vies”, a raconté le maire. “Ma priorité, c’était de sauver le pont de la Fautaua qui menaçait de partir avec les eaux. Ensuite, évidemment, on s’est rendu tout de suite à La Mission, où deux maisons ont été perdues, et à Tipaerui, dans le quartier Vaimora. Les familles n’y ont pas perdu grand-chose mais les maisons menacent de s’effondrer sur d’autres maisons en contrebas.”

    Les commerces du centre-ville ont été les plus touchés, comme le magasin Wing Chong de Fare Ute ou l’hôtel Tahiti nui, où se sont rendus les responsables hier. “La CCISM est en train de faire le décompte des entreprises sinistrées”, précise Michel Buillard.

    À l’avenir, il estime que “la solution à tous nos maux, c’est surtout de bien protéger nos rivières, veiller à ne pas les contourner de leurs lits initiaux, trouver les moyens pour faire de bonnes routes et consolider nos ponts.” Il regrette notamment que les rivières n’aient “pas suffisamment” été curées ces dernières années, à cause des restrictions budgétaires.

     

    M.G.

     

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    Punaauia – Embouteillages et retards au niveau des écoles

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    La fermeture de la route de ceinture de Punaauia a occasionné de terribles embouteillages hier matin. (© Jennifer Rofes)

     

    “Quel enfer !” Un refrain repris par de nombreux parents, hier matin, à Punaauia, qui cherchaient à déposer leurs enfants à l’école. En effet, depuis que le pont de Matatia s’est effondré, la route de ceinture est coupée à la circulation au niveau de l’hôtel Manava. Or cinq écoles et une dizaine de garderies se situent sur cette route.

    Pour pouvoir déposer leurs enfants, les parents ont dû emprunter la route des Plaines jusqu’au rond-point de Mil’délices et bifurquer par la servitude de Punavai plaine pour enfin rejoindre les écoles Atinuu, 2+2, Uriri Nui, Manotahi et l’école internationale.

    Si les muto’i ont essayé de réguler la circulation au niveau du rond-point de Punavai, reste que beaucoup de familles ont dû prendre leur mal en patience. “C’était la confusion la plus totale. En voulant faire le grand tour et rejoindre le rond-point de la Punaruu, on m’a empêché de passer et demander d’emprunter la servitude de Punavai. J’ai eu plus d’une heure de retard”, explique Teiva, qui déposait sa fille à l’école Atinuu.

    La responsable de l’école 2+2 assure que, de son côté, les parents avaient anticipé leur départ et qu’au final, très peu d’élèves s’étaient présentés en retard. À l’inverse, l’école Manotahi n’a réceptionné que 379 élèves sur les 463 habituels et l’un des bus qui dépose les enfants a eu plus de 45 minutes de retard.

    Du côté de l’école Uriri Nui, les enfants sont arrivés au compte-gouttes jusqu’à 9 h 30. Enfin, à l’école internationale, la responsable Sandy avait réceptionné tous les petits à 8 h 30.

    Cette situation risque de s’installer dans le temps car, au service de l’équipement du Pays, on se refuse à donner un délai quant à la réouverture de la route.

    Des discussions sur le sujet sont menées depuis hier. “Des calculs doivent être réalisés pour savoir si le pont en préfabriqué, rapatrié de Raiatea, pourrait provisoirement être installé. Pour l’instant, rien n’est sûr. De plus, c’est actuellement très compliqué de dire quand la route pourra être rétablie car il nous faut chiffrer les coûts et attendre que la rivière baisse pour pouvoir accéder au câble EDT”, a-t-on expliqué. 

    Le directeur du service technique de la mairie de Punaauia parle quant à lui de plusieurs jours, voire semaines, car, selon lui, divers paramètres doivent être pris en compte.

    “Actuellement l’équipement est en train de mesurer et dimensionner les plots pour pouvoir poser la structure du pont temporaire. Mais il y a aussi deux câbles EDT de 14 000 et 30 000 volts qui passent sous la rivière et qu’il va falloir dévier. Cela risque de prendre du temps”, a-t-il précisé.

    Jen.R.

     

    Pirae – Des tonnes de boue ont envahi les maisons

    boue hamuta

    Des tonnes de boue sont à évacuer avant que le soleil ne sèche la terre, qui sera alors difficile à enlever. (© John Hiongue/LDT)

     

    Hier après-midi, Guy Trompette, représentant le Club Kiwani’s de Papeete, a apporté de la nourriture, des vêtements et des coussins à la famille Vetea Bonnet, qui habite dans la Cité ouvrière, un quartier social situé juste derrière le magasin de Hamuta, à deux pas de la mairie de Pirae.

    Ce quartier a été très touché par les inondations de dimanche dernier, la route de la vallée de Hamuta s’étant transformée en un torrent de boue. “Toute la maison a été inondée. Les quatre chambres, le salon, la cuisine, le garage, tout était dans l’eau, même les toilettes étaient inondées”, explique la grand-mère, Elvire Bonnet.

    Quatorze personnes vivent dans la maison familiale des Bonnet, qui est dans le quartier depuis 68 ans.

    “Lors des inondations de 1998, l’eau montait jusqu’aux genoux, mais cette fois, c’était pire, l’eau est montée jusqu’en haut de notre poitrine. Pour se mettre au sec, tout le monde s’est réfugié sur la mezzanine de mon fils qui se trouvait en hauteur. Dimanche dernier, je me suis réveillée avec la route de Hamuta inondée. Dès qu’elle se remplit d’eau, c’est que la maison va être touchée aussi. On n’a pas pu faire grand-chose avant 7 heures du matin pour enfin voir l’eau baisser un peu”, poursuit-elle.

    La mamie s’est ensuite rendue à Papeno’o, chez son ex-beau frère, où elle a passé deux nuits avant de pouvoir retourner chez elle. Tout le monde a donné un coup de main pour que le fare soit de nouveau accessible et pour effacer les traces de cette inondation exceptionnelle.

    De son côté, le service du parc à matériel de la mairie s’est rendu sur place pour déblayer les tonnes de boue qui obstruaient la circulation des véhicules dans le quartier. Le Kiwani’s Club de Papeete prévoit d’autres actions pour les familles de Pirae qui ont tout perdu. La solidarité est en marche dans la commune d’Édouard Fritch.

    De notre correspondant J.H.

     

    Arue – Après les inondations, les réparations

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    La circulation est alternée jusqu’à vendredi à partir de la résidence Tiare Iti. (© John Hiongue/LDT)

     

    Un gros chantier est en cours depuis lundi sur les hauteurs de Erima à Arue, qui n’attend pas le dénouement du procès que le maire mène actuellement pour désigner le responsable des dégâts causés lors des intempéries de février dernier, lorsqu’une buse d’évacuation d’eau pluviale obstruée avait conduit à l’inondation puis à la cassure de la route.

    Quelques mois plus tard, la mairie avait confié le chantier à une entreprise qui avait rebouché les trous avec du ciment, ce qui permettait de rendre accessible la route.

    Mais aujourd’hui, les travaux de bitumage ont eu lieu. “Ils ont duré deux jours, lundi et hier. Il reste encore à effectuer le traçage de la ligne blanche, ce sera fait aujourd’hui. En attendant, on demande aux automobilistes d’être prudents sur cette portion de la route de Erima, notamment entre la résidence Tiare Iti et le centre de jeunes adolescents, soit sur une distance de 100 mètres. On a mis en place une circulation alternée, au moins jusqu’à vendredi”, explique le chef de projet technique à la mairie de Arue, André Calissi.

    “On n’a pas encore fait les comptes. Il y a eu une réunion hier soir pour chiffrer ce financement. On ne connaît pas encore le montant exact des travaux.”

    C’est le groupe Bernard Travaux Polynésie (BTP) qui est intervenu pour bitumer cette portion de route. “Après cela, il y aura aussi des travaux à droite et à gauche dans la commune mais on n’a pas encore priorisé les chantiers à venir”, conclut André Calissi.

    Samedi matin, la route nouvellement bitumée sera accessible dans les deux sens de circulation, en espérant que de nouvelles pluies ne viennent pas l’endommager à nouveau.

    De notre correspondant J.H.

     

    Mahina – Les services communaux et territoriaux sur tous les fronts

    ahonu réparation

    À Mahina, l’armée a été engagée sur plusieurs chantiers. Mais c’est avec soulagement que les habitants du fond de la vallée de Ahonu ont vu arriver hier matin la cavalerie. Une quinzaine d’hommes ont été affectés au rétablissement de l’alimentation en eau d’une vingtaine de foyers. Les jeunes renforts ont apporté des bras aux équipes de la régie de l’eau pour sonder et creuser à la recherche des conduites. La route coupée n’a pas encore fait l’objet de travaux. (© Jean-Luc Massinon)

     

    Si le calme est de retour sur le plan météorologique, la côte est portera encore pour plusieurs semaines les traces des événements du week-end dernier. À Mahina, les urgences passées, les services techniques communaux et territoriaux enchaînent les interventions pour évacuer les amas de boue et de branchages qui parsèment les routes et les quartiers.

    Le va-et-vient des camions est incessant. En plus du soutien d’entreprises privées missionnées par le Pays, l’armée est entrée en action avec des bûcherons et des centaines de bras. La baisse des niveaux d’eau dans les rivières permet d’entreprendre des chantiers pour rétablir ici l’alimentation en eau, là rouvrir des routes coupées…

    Mais il faudra encore beaucoup de temps et d’argent pour tout réparer.     

     

    J.-L.M.

     

    Faa’a – Les agents du service social sur le terrain

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    Les agents du service social communal et ceux du Pays, ainsi que les muto’i, sillonnent les quartiers de Faa’a à la rencontre des familles sinistrées. (© Catherine Quiniou/LDT)

     

    Depuis lundi, les agents du service social communal et ceux du Pays sillonnent les quartiers de Faa’a pour identifier les familles sinistrées qui ne se sont pas manifestées auprès de la mairie, le but étant de recenser leurs besoins et de planifier les interventions. Si la plupart des zones touchées par les intempéries se trouvent en bordure du littoral, il y a également des dégâts dans les vallées.

    Hier, une équipe s’est ainsi rendue à Hiu Pape, dans le secteur de Puurai. Là-bas, elle a notamment rencontré la famille Maui qui habite à l’entrée de la vallée. Originaires des Tuamotu, Melina, Kiriamu et leurs quatre enfants âgés de 6 à 14 ans y sont installés depuis 2004. Dans la nuit de samedi à dimanche derniers, un glissement de terrain a enseveli une partie de leur fare. Sous la pression exercée par les tonnes de terre, la maison s’est même déplacée sur plusieurs centimètres.

    “Cela s’est produit vers 4 heures dimanche matin. Il y a eu un gros bruit. J’ai mis tous les enfants à l’abri dans le salon. C’était la panique. J’ai d’abord appelé les pompiers”, explique Kiriamu.

    C’est la chambre des enfants qui a été la plus endommagée. Fort heureusement, tout le monde est sain et sauf. En revanche, leur fare, très fragilisé, ne peut plus être habité. La famille s’est d’abord montrée réticente à l’idée d’être relogée mais finalement, les agents sont parvenus à la convaincre.

    “Là, la priorité, c’est de les reloger ailleurs car c’est dangereux. La maison risque de s’écrouler à tout moment. Ils n’ont pas de famille à Tahiti. Ils sont venus ici car deux de leurs enfants sont malades et ont besoin de soins. La salle paroissiale de Puurai peut les accueillir. La plupart des familles ne veulent pas partir de chez elles. Les gens ne se rendent pas vraiment compte du danger”, commente Heimata Avaemai du service social communal.

    Kiriamu, qui travaille dans le secteur du bâtiment, voudrait pouvoir reconstruire sa maison juste à côté de l’actuelle. Le problème, c’est que, à l’image de la plupart des familles qui habitent cette vallée, il se trouve sur un terrain qui ne lui appartient pas.

    “Ces gens ne sont pas propriétaires et ils ne peuvent pas bénéficier des aides en matériaux de construction octroyées par l’OPH. Il s’agit de terrains indivis. On se sent impuissants face à ces situations très difficiles”, conclut Heimata Avaemai. 

    De notre correspondante C.Q.

     

     

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