L’huile de coco vierge, le nouveau filon

    jeudi 8 octobre 2015

    L’huile de coco vierge, la lubie des stars depuis quelques années, suscite de l’engouement dans le monde entier. En Polynésie, il existe un nombre restreint de producteurs qui vendent leur production uniquement sur le marché local. Le ministre de l’Agriculture a mis sur les rails un projet afin de développer cette production et commencer à l’exporter.

    Les stars et autres top modèles l’ont totalement adoptée depuis quelques années. L’huile vierge de coco, réputée pour ses nombreuses vertus  s’arrache notamment en Europe et aux États-Unis, un marché international principalement alimenté par l’Inde, l’Indonésie et les Philippines. Mais qu’en est-il en Polynésie, où la matière première se trouve à foison ?
    Au fenua, il existe une petite poignée de producteurs d’huile vierge ou extra vierge de coco. Des privés pour la plupart, qui se restreignent pour l’instant à vendre leur petite production sur le marché local. Comme le domaine Pari Pari, à Taha’a, qui propose une huile certifiée bio dans une petite dizaine de pharmacies aux îles du Vent et Sous-le-Vent. Selon Laurent, le gérant, qui n’a pas su nous dire quelle quantité d’huile vierge il écoule par mois, “ça reste un petit marché”. “Même si la demande devient grandissante, ce n’est pas encore passé dans les habitudes de consommation.”
    Même son de cloche du côté du Laboratoire de cosmétologie du Pacifique Sud. “On ne produit que quelques dizaines de kilos par an, explique Olivier Touboul. L’huile vierge de coco est surtout achetée par les touristes, peu de locaux en consomment.”

    Développer la production dès 2016

    Néanmoins, le Pays, qui a mis en place une usine pilote de production d’huile vierge de coco en 2010 à Tikehau, souhaite développer cette filière et s’attaquer à l’exportation. Pour inciter les gens à se lancer, le ministre de l’Agriculture Frédéric Riveta a déjà préparé un projet clé en main, avec des kits comprenant le matériel nécessaire à la production (4,1 millions de francs) et a ajouté une dotation au prochain budget afin d’apporter un soutien financier couvrant 60 à 80 % du coût du projet. Le ministre veut lancer la production dès 2016 “un peu partout où l’on produit du coprah, dans les atolls des Tuamotu, aux Marquises, avec des entités à échelle familiale…”
    L’idée derrière ce projet est de baisser le montant du financement de la caisse de soutien au prix du coprah, qui atteindra 1,950 milliard de francs à la fin de l’année. Mais est-ce assez pour exporter ? “On produit d’abord et on verra après, répond le ministre. J’ai confié à l’Huilerie de Tahiti la mission de prospecter à l’extérieur pour vendre notre huile de coco vierge.”
    Quant aux producteurs locaux déjà en place, les avis sont mitigés. “On n’est pas assez compétitif pour exporter”, lance Olivier Touboul. En effet, chez nous, l’huile vierge de coco est vendue entre 2 000 F et 8 000 F le litre. Et encore, la moins chère n’est même pas produite localement, elle est importée d’Inde puis mise en bouteille à Moorea. Sur les marchés internationaux, cette huile est actuellement vendue entre 1 et 10 dollars américains (106 et 1 060 F) le litre. Des tarifs difficiles à défier…

    Miser sur une qualité exceptionnelle

    Pourtant, cela n’arrête pas certains, prêts à affronter le marché international, comme Hérald Montaron, de Bora Bora Eco Company, qui s’est lancé dans la production de cette huile en 2010, suite à des problèmes pulmonaires.
    À l’heure actuelle, il produit et écoule 250 litres d’huile vierge de coco par trimestre, à 8 000 F le litre, dans les hôtels et pharmacies de Tahiti, Moorea et Bora Bora. Mais dès l’année prochaine, il compte passer à 10 000 litres par mois, en gardant un tiers pour le marché local et le reste pour l’étranger.
    “Mon huile est d’une qualité exceptionnelle, je l’ai fait tester ici, aux États-Unis, au Japon et dernièrement en Allemagne”, explique-t-il, assurant également avoir une grande ouverture sur ce marché, mais pas seulement. “J’ai une ouverture avec des sex-shops à Las Vegas, ils m’ont demandé des fioles pour en vendre comme lubrifiant. Et puis il y a toute une catégorie de personnes dans le monde entier qui en consomme, les plus fortunés.”
    Dans le monde local de l’huile vierge de coco, il y a donc deux poids et deux mesures. Mais une chose est sûre, pour se démarquer face à des pays concurrents comme l’Inde, l’Indonésie et les Philippines, on ne pourra pas miser sur le prix. Seule une qualité exceptionnelle et reconnue pourrait faire la différence.

    Vaiana Hargous

    Mille vertus

    L’huile vierge de coco, aussi bien utilisée en cuisine qu’en soins de beauté, est réputée pour avoir de très nombreuses vertus. On lui octroie des qualités antivirale, antibactérienne et antifongique, et d’autres mérites comme être antipelliculaire, anti-frisottis ou de stimuler la pousse des cheveux, d’aider à lutter contre l’acné et les boutons de fièvre, de lisser les pores, de booster le métabolisme, de stimuler la thyroïde, de réguler le taux d’insuline, d’aider à la digestion, de soulager l’eczema ou le psoriasis, d’être un bon après-soleil, de blanchir les dents, de renforcer les ongles, d’être anti-vergétures, un bon hydratant et nettoyant pour la peau et un bon lubrifiant personnel, de soigner les pieds secs… Et la liste est encore longue.

    Huile vierge, huile raffinée, huile brute : quelle différence ?

    L’huile vierge de coco est une huile que l’on peut utiliser dans l’alimentaire, contrairement aux huiles raffinées ou brutes qui servent aux produits cosmétiques et à notre fameux mono’i de Tahiti.
    Toutes ces huiles sont issues du même coco, mais pas de la même fabrication. L’huile brute ou raffinée s’obtient à partir du coprah, le coco séché au soleil, ce que fabrique l’Huilerie de Tahiti tout au long de l’année. L’huile vierge s’obtient, quant à elle, à partir du lait de coco, même s’il existe de nombreux procédés pour y arriver. 

    BBEC 2016-02-12 01:11:00
    *Fait pâle figure lol comme quoi il est bon de se relire
    BBEC 2016-02-12 01:00:00
    Il faut pouvoir critiquer quand il le faut, comme il le faut. Si vous voulez savoir:
    - pour un chiffre d'affaire de 8 000 000cfp et des poussières par an en ayant écoulé 1000 L, les bénefices nets s'élevent à environ 1/4 du CA... Quoi de plus honorable pour une usine de production artisanale!
    - aucune subvention ne vient pour l'instant alléger le coût d'achat des cocos qui est fixé à 40cfp la noix "juste" débourrée (ce qui arrange énormément les coprahculteurs qui voient leurs gains augmentés en fournissant beaucoup moins d'effort). Il faut à peu près 20 mille noix pour produire 1000L d'huile...
    - nous avons un employé à temps presque plein ( bon je ne vais pas citer toutes nos charges)
    - paradoxalement nous souffrons de la TDL dès lors que nous importons des flacons et "j'en passe et des meilleurs" (parce que nous n'avons pas le choix ici)
    SVP ON NE PARLE PAS ICI D'HUILE MINERALE OU DE SILICON ou autres huiles végétales bon marché se trouvant DANS LA PLUPART DES PRODUITS COSMÉTIQUES DE LUXE. Et vu les prix pratiqués dans ce secteur, on est sûr de ne pas vous prendre pour des pigeons!
    Et bien évidemment que les prix baisseront à condition que le gouvernement mettent LES mains à la pâte car 2 milliards d'aides c'est un peu beaucoup de gaspillage d'autant plus que le coprah à franchement pâle figure aux yeux de nos clients étrangers.
    ALERTA 2015-12-05 05:53:00
    eh -oui - à ce jour tous nos sommes devenus vicieux - aux prix de vente de nos produits - appâté par les gains - l'on ne se pose pas de questions de savoir si c'est justifié ou injustifié de faire apparaitre son prix - à prendre ou à laisser - point barre
    LEPETANT 2015-10-09 06:52:00
    De l'huile à 8.000 CFP le litre ! Faut être complètement timbré pour l'acheter.
    Tommy 2015-10-08 19:26:00
    Le pays regorge de cocotiers, donc le potentiel de produire tout simplement de l'huile de coco pour les usages culinaires; D'après les études faites, ce type d'huile est excellent et devrait être d'un prix abordable par rapport à toutes les sortes d'huiles importées.
    Mais le problème, c'est que ceux qui ont bien l'intention de faire du fric avec ça, veulent proposer toutes sortes d'huile de coco comme une sorte de produit de luxe. Arrêtez un peu de nous enfiler à vouloir en faire un produit spécial et donc cher ! La nature est généreuse et nous offre cette huile, qui devrait être à la portée de toutes les bourses !
    Herald 2015-10-08 13:28:00
    Effectivement de nombreuses études portées sur l'huile de coprah confirment ces méfaits. Lorsqu'une huile est raffinée, blanchie et désodorisée elle ne peut qu'être mauvaise.
    Alors que l'huile de coco vierge était accusée d'être une "graisse boucheuse d'artères" durant des années ( car confondue avec l'huile de coprah), elle a depuis peu regagné ses lettres de noblesse grâce aux travaux de plusieurs chercheurs à travers le monde qui démontrent, entre-autres, qu'elle est bonne pour le coeur et n'est pas hypercholestérolémiante, bien au contraire...!
    En ce qui concerne son "point de fumée" l'huile de coco peut supporter une température de 170 degrés, au delà, (et cela est valable pour toutes les huiles) certains composés font leur apparition dont certains cancérogènes, comme les hydrocarbures polycycliques aromatiques...
    Pour plus de renseignements, visiter le site www.coconutresearchcenter.org
    myst 2015-10-08 10:19:00
    Pourtant pour la friture c'est pas ce qu'il y a de plus recommande et pire que le beurre.
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