L’hydroélectricité, “la plus réaliste et la plus viable” des énergies renouvelables

    vendredi 22 janvier 2016

    Le conseil économique, social et culturel s’est réuni hier, à la demande du président du Pays, pour émettre un avis sur le développement de l’hydroélectricité en Polynésie française. Les autres énergies renouvelables n’ont pas été abordées lors de cette séance, ce qu’ont déploré certains conseillers. Les panneaux solaires que va bientôt installer Louis Wane sur les toits de ses grandes surfaces sont notamment un exemple du potentiel du photovoltaïque.

    Sollicité par le président du Pays, le conseil économique, social et culturel (CESC) s’est réuni hier matin en commission plénière, avenue Pouvana’a a Oopa, pour consultation “sur un débat de société relatif au développement de l’hydroélectricité en Polynésie française”, dans le but d’émettre un avis sur le sujet. 
    Comme le précise le rapport, rédigé par Tepuanui Snow et Patrick Bagur, “à ce jour, la production thermique représente environ 70 % (48 % à Tahiti et 19 % dans les autres îles, NDLR) de l’énergie électrique produite et l’hydroélectricité 25 % (plus le photovoltaïque 5 % et le solaire thermique 3 %)”. “La production électrique issue de l’exploitation des énergies renouvelables est aujourd’hui de 33 %. L’objectif phare est fixé à 50 % à échéance 2020”, rappelle le rapport, faisant référence ainsi au plan de transition énergétique 2015-2030, présenté par le gouvernement en novembre dernier. 
    La société civile était consultée hier sur le développement de l’hydroélectricité, et uniquement celui-ci, car “il apparaît que c’est le choix technique le plus réaliste et le plus viable”, comme l’écrit le président du Pays dans sa missive. 
    “Nous n’avons pas souhaité rentrer dans le rapport, dans les conflits qui opposent aujourd’hui le gouvernement et les associations, mais plutôt prendre de la hauteur sur ce sujet, en plaçant le développement de l’hydroélectricité au cœur de ce mix énergétique”, a expliqué, hors séance, Tepuanui Snow, un des deux rapporteurs du projet d’avis, n’omettant pas de préciser que, lors des consultations de la commission économie de l’institution, “les autres énergies renouvelables qui pourraient être développées ont été étudiées”. 

    “Pas de vision globale”

    Après une demi-heure de lecture, les conseillers ont débattu avant d’émettre l’avis définitif. Certains, comme Aline Baldassari-Bernard, avouaient son “petit faible pour l’éolien”. Quasi tous regrettaient, à l’image de Christophe Plée, que le rapport n’ait pas “une vision plus globale” alors qu’on a “loupé l’énergie thermique des mers” dans les années 2005-2006. Ce dernier n’a pas manqué de rappeler qu’aujourd’hui, grâce à un récent texte du gouvernement, il est simple de produire de l’énergie solaire que l’on peut autoconsommer. Un groupe qui l’a bien compris, c’est celui de Louis Wane, qui a décidé, via sa filiale Eco Energy, d’équiper ses hôtels et grandes surfaces de panneaux solaires, et cela marche (lire ci-dessous). 
    Outre le fait que le CESC préconise “de soutenir et promouvoir l’ensemble des filières des énergies renouvelables complémentaires comme le Swac” (climatisation par eau froide des profondeurs, NDLR), il juge nécessaire de mettre en place “des moyens et des procédures de contrôle et de suivi à caractère obligatoire et contraignant” tout au long du processus de réalisation. L’avis a été jugé favorable à une très large majorité de 32 voix sur 48. 

    Christophe Cozette

    Et pourtant, le solaire, ça marche…

    Le projet initial avait été freiné par le service de l’énergie pour manque de pièces administratives, mais l’installation de panneaux photovoltaïques sur le toit de Carrefour Arue est en route, selon un arrêté paru au Journal officiel du 14 janvier. Gros chantier pour Eco Energy, la filiale du groupe Wane dédiée à la production d’énergie solaire, en charge du chantier qui va débuter dans les prochaines semaines pour produire, à terme, d’ici quelques mois, 1,1 gigawatt/heure. 
    “Cent pour cent de l’électricité produite va être autoconsommée, soit environ 25 % de la consommation du site”, a confié David Guernion, chef de projet en énergies renouvelables chez Eco Energy. Plus de 3 000 panneaux solaires vont être installés sur le toit du supermarché, qui va être totalement refait, avec une couverture du parking aérien. “Cela va améliorer le confort clients tout en produisant.”
    Également dans l’arrêté, le toit de Toa Moorea sera couvert dans les prochains mois avec une capacité de production de 300 kilowatts, soit 30 % de la consommation d’énergie du magasin de l’île Soeur. Le Carrefour de Faa’a, Pacific Plaza (700 Kw), est quant à lui en cours de finition, le chantier de six mois devant se terminer prochainement, selon David Guernion. 
    Le groupe Wane reste le client numéro 1 de EDT malgré un hôpital énergivore, toujours sans Swac. Annuellement, avec cette politique d’installation de panneaux solaires sur l’ensemble de leurs structures (hôtels et grande distribution), le groupe réalise une économie de 15 %, globalement, sur sa facture d’électricité. L’investissement est conséquent, reconnaît David Guernion, mais cela reste intéressant. “C’est un poste important de dépenses et il y a une certaine fluctuation aussi. La tendance du pétrole et les tarifs sont plutôt à la baisse, mais pour combien de temps ? C’est un investissement à long terme”, a commenté le chef de projet en énergies renouvelables de Eco Energy. 
    Toujours dans le même Journal officiel, il apparaît qu’il en sera de même, dans les prochains mois, pour le centre commercial Maeva de Taravao… et de la ferme aquacole de Hao, pour lesquels ont été publiés des arrêtés d’autorisation. 

    C.C.

    Réactions

    Denis Helme, président du syndicat No Te Aru Tai Mareva : “Nous devons aller plus loin maintenant”
    “Nous avons toujours réclamé la mise en place des comités de suivi, c’est chose faite. Nous devons aller plus loin maintenant avec les contrats de rivières, c’est le message que nous voulons faire passer au président (Fritch, NDLR). Maintenant, qu’il nous reçoive. On ne discute pas, malheureusement, sur la mixité de l’énergie. On nous impose l’hydroélectricité, alors qu’il y a d’autres énergies qu’on doit exploiter, cela est dit dans le rapport. Nous sommes donc favorables au rapport.”

    Tepuanui Snow, rapporteur du projet d’avis : “Sur de tels projets, il faut que la population adhère”
    “Nous souhaitons que le gouvernement tienne compte de l’avis des associations qui ont du mal à se remettre des promesses non tenues qui ont été faites par le passé, dans le cadre du développement de Marama Nui notamment. Nous prenons partie pour ces associations. Sur de tels projets, il faut que la population adhère, il faut que demain, les propriétaires fonciers soient associés aux décisions.”

    Propos recueillis par C.C.

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