Liberté d’expression : un article répressif de la loi australienne remis en question

    mercredi 14 janvier 2015

    L’article 18C de la loi contre les discriminations raciales est remis en question en Australie. Cet article rend illégale toute offense, insulte, humiliation, ou intimidation basée sur la race, la couleur ou l’origine ethnique et nationale de quelqu’un. Le gouvernement de Tony Abbott voulait supprimer cet article l’année dernière, mais il a échoué.
     
    Le quotidien de droite de Rupert Murdoch, The Australian, qui a diffusé beaucoup de caricatures de Charlie depuis une semaine, relance la campagne pour la révision de l’article 18C et consacre sa une aujourd’hui à Keysar Trad, un représentant de la communauté musulmane australienne qui pose avec la nouvelle une de Charlie Hebdo – Mahomet et sa pancarte « Je suis Charlie ». Keysar Trad soutient le journal satirique, et son droit d’offenser autrui. Même s’il dit son dégoût absolu pour les dessins de Charlie Hebdo sur l’islam.
     
    C’est une voix discordante dans la communauté musulmane, dont la majorité des représentants se déclare en faveur de l’interdiction des caricatures de Charlie Hebdo représentant Mahomet. Comme, par exemple, le président du Conseil Islamique du Victoria, Gaith Krayem: « Je comprends la position de ceux qui disent : ‘nous avons le droit d’exprimer notre point de vue et de nous faire entendre’. Mais en même temps, moi j’ai le droit de leur dire ‘ce que vous dites me blesse. Et ce n’est pas à vous de me dicter la façon dont je dois répondre à l’intolérance.’ Car c’est de l’intolérance. »
     
    Message reçu 5 sur 5 par The Age, l’un des trois grands quotidiens australiens, de centre-gauche, qui reste discret sur Charlie Hebdo. Il a publié une seule caricature du journal satirique depuis la semaine dernière. Et une deuxième ce matin, la photo de la une de l’édition de Charlie, avec Mahomet et sa pancarte « Je suis Charlie ». Une toute petite photo, qui illustre un petit article, non pas en une, mais en page 11.
     
    L’un des rédacteurs en chef de The Age estime « qu’il ne faut pas heurter inutilement les sensibilités de ses lecteurs », que publier les caricatures de Charlie, « ce n’est pas nécessaire pour comprendre les articles sur l’attaque », et qu’il n’a « pas besoin de mettre des caricatures de Charlie Hebdo en grand format dans son journal pour prouver qu’il défend la liberté d’expression ».
     
    Partisan de la suppression de l’article 18C, Tim Wilson, commissaire australien des droits de l’homme affirme qu’une partie des caricatures du journal satirique auraient été interdites en Australie, car elles contreviennent à l’article 18C de la loi contre les discriminations raciales : « Nous vivons dans une société libre et nous devrions avoir le droit de ridiculiser les gens avec lesquels nous ne sommes pas d’accord. Et la solution, c’est de répondre par des mots, certainement pas par la violence, mais pas par la censure non plus. Or c’est le cas en Australie, en tout cas pour une partie des dessins de Charlie Hebdo. Il faut supprimer cet article 18C. »
     
    Cependant, même si la loi n’a pas changé, les dessins de Charlie Hebdo représentant le prophète Mahomet ne tombent pas sous le coup de cet article, car ils visent une religion et non un groupe ethnique. Leur publication est parfaitement légale, ce qui n’empêche pas de remettre en question cet article 18C.
     
    Avec Radio Australia
     

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