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LIBYE – Bombardement d’un camp : Des gardes auraient tiré sur des migrants

vendredi 5 juillet 2019

Des migrant se rassemblent près du centre de détention de Tadjoura, en Libye. Les Nations unies ont fait état jeudi d'informations selon lesquelles des gardes libyens ont ouvert le feu sur des migrants qui tentaient de fuir le camp de détention de Tadjoura, dans les faubourgs de Tripoli, où un bombardement a fait 53 morts dont six enfants mardi soir, selon un dernier bilan. /Photo prise le 4 juillet 2019/REUTERS/Ismail Zitouny

Des migrant se rassemblent près du centre de détention de Tadjoura, en Libye. Les Nations unies ont fait état jeudi d’informations selon lesquelles des gardes libyens ont ouvert le feu sur des migrants qui tentaient de fuir le camp de détention de Tadjoura, dans les faubourgs de Tripoli, où un bombardement a fait 53 morts dont six enfants mardi soir, selon un dernier bilan. /Photo prise le 4 juillet 2019/REUTERS/Ismail Zitouny

Les Nations unies ont fait état jeudi d’informations selon lesquelles des gardes libyens ont ouvert le feu sur des migrants qui tentaient de fuir le camp de détention de Tadjoura, dans les faubourgs de Tripoli, où un bombardement a fait 53 morts dont six enfants mardi soir, selon un dernier bilan.

Dans un rapport, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) des Nations unies a déclaré que deux frappes aériennes avaient touché le camp de migrants, l’une détruisant un garage inoccupé, l’autre un hangar où se trouvaient environ 120 réfugiés et migrants.

Il s’agit du bilan le plus lourd pour une frappe aérienne ou un bombardement depuis le début de l’offensive terrestre et aérienne lancée il y a trois mois par les forces du maréchal Khalifa Haftar pour s’emparer de Tripoli, où se trouve le gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale.

“Selon certaines informations, des gardes ont ouvert le feu sur des réfugiés et des migrants qui cherchaient à s’enfuir”, indique le rapport de l’OCHA.

L’émissaire de l’Onu pour la Libye, Ghassan Salamé, a dénoncé un “crime de guerre”. A Tripoli, le ministère de l’Intérieur du gouvernement d’union nationale (GNA) a catégoriquement démenti le rapport de l’OCHA. Le ministre de l’Intérieur, Fathi Ali Bashagha, a indiqué que le gouvernement de Fayez al Serraj envisageait de fermer la totalité des centres de rétention.

Quelque 6 000 candidats à l’émigration sont détenus dans des centres en Libye, dans des conditions souvent inhumaines, selon les groupes de défense des droits de l’homme et l’Onu.

Mercredi, 500 migrants environ se trouvaient toujours à Tadjoura après la frappe qui a touché le hangar. “Certaines personnes ont été blessées et sont mortes sur la route pendant qu’elles s’enfuyaient et d’autres sont encore sous les décombres (…)”, a déclaré Osman Moussa, venu du Nigeria.

 

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L’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar, alliée à un gouvernement parallèle qui contrôle l’Est libyen, avance difficilement sur Tripoli. Elle a promis lundi d’intensifier ses frappes aériennes sur la capitale après épuisement des “moyens traditionnels” de guerre.

Le gouvernement d’union nationale basé à Tripoli (GNA) a dénoncé dans un communiqué une attaque du “criminel de guerre Khalifa Haftar”.

L’ANL a réfuté de son côté avoir touché le centre de détention lors du raid aérien, affirmant que des milices alliées à Tripoli l’avaient bombardé après une frappe de précision menée contre un camp militaire.

Tadjoura, à l’est de Tripoli, abrite plusieurs camps militaires des forces alliées au GNA, qui sont les cibles de frappes aériennes depuis des semaines. Il y a deux mois déjà, le 7 mai, une frappe aérienne avait visé une de ces bases militaires à proximité du centre de détention de réfugiés, blessant deux personnes à l’intérieur du camp.

En dépit du risque avéré, poursuit le rapport de l’Onu, les autorités libyennes ont continué d’y acheminer des migrants. Le 12 mai, une centaine de réfugiés secourus en mer par les garde-côtes y ont été transférés.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres et le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, ont réclamé une enquête indépendante pour établir les responsabilités.

Le Conseil de sécurité s’est réuni mercredi à huis clos mais les Etats-Unis ont bloqué l’adoption d’une déclaration condamnant l’incident et appelant à un cessez-le-feu, selon des sources diplomatiques. Aucune explication n’a été fournie par Washington.

 

Reuter

 

 

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