Ligne blanche continue : les commerçants voient rouge à Mama’o

    lundi 18 juillet 2016

    Une pétition commence à circuler dans l’avenue Georges Clémenceau et le quartier Mama’o, pour réclamer la suppression de la ligne blanche continue. Elle priverait les commerçants de nombreux clients circulant sur la voie d’en face. (Photo : Marie Guitton)

    Une pétition commence à circuler dans l’avenue Georges Clémenceau et le quartier Mama’o, pour réclamer la suppression de la ligne blanche continue. Elle priverait les commerçants de nombreux clients circulant sur la voie d’en face. (Photo : Marie Guitton)


     

    Les automobilistes bouderaient les commerces du trottoir opposé

     

    Depuis les travaux et la modification des règles de circulation intervenus dans l’avenue Georges-Clémenceau en 2013 et 2014, les commerçants du quartier Mama’o l’assurent : la ligne blanche continue les prive de nombreux clients, qui sont fiu de poursuivre jusqu’au prochain rond-point pour faire demi-tour et s’exposent à des amendes s’ils coupent la voie inverse.

    Il y a quelques jours, une pétition adressée au président Édouard Fritch et au maire de Papeete Michel Buillard a donc commencé à circuler pour demander “la mise en place de lignes pointillées pour un accès direct à des chemins ou des commerces”.

    Les premiers signataires se concentrent autour de la clinique Mama’o, où un feu rouge mal placé et un semblant de terre-plein central empêchent les voitures arrivant du centre-ville de tourner à gauche.

    “Pour venir chez nous, les clients sont obligés de dépasser la CPS, tourner à gauche devant le salon de thé Saint-Hilaire, revenir en arrière par Prince Hinoi et reprendre à gauche en direction de la clinique, souffle Ginette Mi You, la gérante du magasin Poly Meubles.

    Et encore, il faut connaître ! Sinon, ils doivent continuer tout droit jusqu’à pouvoir faire demi-tour : au rond-point de la mairie de Pirae !”

    Or, “les clients ne veulent pas faire le tour”, constate le magasin Juliette, en faisant état de pertes financières. La fréquentation aurait aussi diminué chez Optik’a, Polynésie Market ou Rose et Bleu, qui menace de fermer boutique l’année prochaine si rien n’est fait prochainement, car “le temps, c’est de l’argent”.

    Poly Meubles dit aussi avoir enregistré une baisse de son chiffre d’affaires de 38 % entre 2013 et 2015.

    “Bien sûr avec la crise économique, les affaires n’allaient déjà pas fort, reconnaît la gérante du restaurant Chez Tutea et Ghislaine, plus haut dans l’avenue. Mais ces travaux n’ont rien arrangé !”

    Sur la quinzaine de commerces questionnés, seuls la supérette Ah Kiau et le magasin de vélos situé à proximité du Pont de l’Est estiment que la ligne blanche “n’a rien changé”. Peut-être que leurs clients parviennent à se garer en face (sur les places réservées des boutiques attenantes), pour traverser à pieds grâce au passage clouté ? À moins qu’ils aient su, mieux que les autres, fidéliser leurs clients ?

     

    16 000 F d’amende

     

    Du Pont de l’Est jusqu’à la garderie Manutauahiti, située en face de La Dépêche de Tahiti et où des parents semblent aussi galérer à déposer leurs enfants, la majorité des commerçants est en tout cas prête à signer.

    “Oui, ça a changé, même pour nous alors qu’on est à côté du rond-point de Vini, indiquent Fabio et Here, au guichet du Laboratoire Nicolas. C’est infernal, surtout quand il y a de la circulation et qu’il faut dix minutes pour faire demi-tour sur seulement 20 mètres… On a des patients qui s’en plaignent, ils rouspètent en arrivant.”

    Nombreux sont ceux, bien sûr, qui ne se gênent pas pour tourner directement. “Y en a qui se mettent hors la loi”, observe ainsi la gérante de Electro Tahiti, un peu plus loin.

    “C’est nul, parce que nos clients se font prendre et payent 16 000 balles d’amende, regrette un employé de Polynésie Market. Il y en a qui ne viennent plus à cause de ça. Alors la pétition, je la signe comme tout le monde, même si après, les bouchons, ça risque de foutre le b…”

    Ginette Mi You, de Poly Meubles, aurait rencontré cette semaine Teva Rohfritsch, le ministre de l’Économie, et eu au téléphone le tavana Michel Buillard. Tous deux auraient promis d’en discuter avec Albert Solia, le ministre de l’Équipement.

    “C’est à eux de voir ce que l’on peut faire, mais en concertation avec les commerçants”, souligne la responsable du restaurant Chez Tutea & Ghislaine, en ajoutant : “Je ne me bats pas seulement pour nous, mais aussi pour les riverains.”

     

    Marie Guitton

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