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Sur la ligne de départ pour les territoriales

mardi 9 janvier 2018

bureau vote élection

Un bureau de vote à Arue en 2013.(© archives LDT)


Le Tapura huira’atira d’Édouard Fritch se présente en favori aux élections territoriales prévues le 22 avril et le 6 mai. Le Tahoera’a huira’atira espère placer en tête de liste son président, Gaston Flosse, pour l’heure toujours inéligible et de plus en plus isolé. Le Tavini huira’atira pourrait bien se présenter seul, en laissant de côté ses anciens partenaires comme Heiura-Les Verts et Ia mana te nunaa.

Le Tapura huira’atira favori

Officiellement, les rouges n’ont pas encore arrêté leur stratégie pour les territoriales. Mais le parti du président-maire Édouard Fritch se présente en position de force à l’approche des élections territoriales du 22 avril et du 6 mai.

Le Tapura Huira’atira dispose aujourd’hui, en plus de la présidence du Pays, d’une majorité confortable à l’assemblée (33 sièges sur 57), des mairies de communes importantes (Pirae, Arue, Papeete, Punaauia, Paea, Teva i Uta et Bora Bora, notamment), des deux sièges de sénateurs (Lana Tetuanui et Nuihau Laurey) et, depuis le mois de juin dernier, de deux sièges de députés sur trois (Maina Sage et Nicole Sanquer).

Le Tapura Huira’atira agglomère de nombreux anciens du Tahoera’a, de Nicole Bouteau, l’une des premières à avoir quitté Gaston Flosse (en 2002), à Patricia Amaru, la dernière démissionnaire en date (en septembre dernier).

Même Philip Schyle, un opposant historique au parti orange, a abandonné son Fetia api pour rejoindre le bureau du Tapura Huira’atira.

Aux élections législatives de juin dernier, le Tapura Huira’atira a remporté 60 % des suffrages exprimés.

Certes, la comparaison avec le scrutin territorial est glissante vue la différence de participation (47 % aux législatives de 2017, 73 % aux territoriales de 2013). Mais le chiffre est révélateur : en juin dernier, le Tapura a obtenu 60 000 voix et le Tahoera’a 20 000.

 

• Le Tahoera’a ne doute de rien

Au Tahoera’a, le doute n’existe pas. Malgré les défections en série, Gaston Flosse, qui tente de redevenir éligible à la force des avocats mais qui s’est, pour l’heure, vu barrer la route de son inscription sur les listes électorales à Arue, semble toujours déterminé à diriger la liste orange pour les élections territoriales d’avril 2018, à deux mois de ses 87 ans.

“Quelle question ? Évidemment ! On est en train de terminer la liste mais rien n’est arrêté encore”, assurait hier sans sourciller Teura Iriti, première vice-présidente du parti orange.

Les douze représentants encore fidèles au parti orange à l’assemblée figureront probablement sur la liste. Mais les principales figures qui avaient participé à la victoire du Tahoera’a en 2013 (45 % des voix et 38 sièges sur 57 au second tour le 5 mai 2013) ne sont plus là : Édouard Fritch, Michel Buillard, Nicole Sanquer, Marcel Tuihani, Tearii Alpha, Nuihau Laurey, Jean-Christophe Bouissou, Lana Tetuanui ou encore Frédéric Riveta, tous sont aujourd’hui avec Édouard Fritch.

Un des derniers lieutenants, Marcel Tuihani Junior, actuellement président sans étiquette de l’assemblée de la Polynésie française, a quitté le Tahoera’a en juin dernier pour fonder son propre parti, Te ora api no porinetia, dans le but de se présenter aux territoriales.

Et sans Gaston Flosse pour mener la liste, les chances du Tahoera’a semblent minces. Depuis sa dernière victoire il y a cinq ans, les nombreuses vagues de départs du parti ont transformé le “vieux lion” en un loup de plus en plus solitaire.

Aux élections législatives de juin dernier, le parti orange a affiché des scores historiquement faibles (22 % des suffrages exprimés et aucun siège remporté sur les trois en jeu).

 

UPLD ou Tavini ?

L’Union pour la démocratie (UPLD), créée en 2004 pour le Taui, va-t-elle définitivement voler en éclats en 2018 ?

Pour l’instant en tout cas, le Tavini huira’atira  se dirige plutôt seul vers les élections des représentants à l’assemblée.

Le parti indépendantiste a prévu un congrès le 10 mars, soit probablement deux semaines avant la clôture du dépôt des listes.

“Ce sera au congrès de décider de tout ça”, promet Antony Géros. En tout cas, le président du groupe UPLD à l’assemblée est déjà sûr qu’Oscar Temaru conduira la liste.

Quant aux anciens partenaires, ils se sentent un peu à l’écart. Jacky Bryant, de Heiura-Les Verts, estime avoir “été mis hors de course depuis les dernières élections territoriales”.

Au Ia mana te nunaa, Ioane Wong, qui a remplacé Jacqui Drollet au poste de secrétaire général, assure que rien n’a été décidé pour le moment.

En 2013, l’UPLD avait récolté 40 000 voix, 29 % des exprimés et onze sièges à l’assemblée. En juin dernier, les candidats du Tavini aux législatives ont obtenu au total 17 000 voix, 18 % des suffrages exprimés et un siège pour Moetai Brotherson.

 

Benoît Buquet

 

Tauhiti Nena et Jacky Bryant discutent

Tauhiti Nena et Jacky Bryant, deux anciens alliés d’Oscar Temaru au sein de l’UPLD, sont en discussions pour former une liste aux élections territoriales.

“Le Tavini ne nous a pas sollicités. Nous avons été mis hors de course depuis les dernières élections territoriales”, a expliqué hier Jacky Bryant, président du parti écologiste Heiura-Les Verts, à La Dépêche de Tahiti.

De son côté, Tauhiti Nena, qui a fondé en 2016 Tau hotu rau, puis soutenu en 2017 l’élection d’Emmanuel Macron en France, a confirmé des discussions “avec Heiura-Les Verts et avec En Marche”.

Hier, Tauhiti Nena et Jacky Bryant espéraient pouvoir organiser une conférence de presse dans le courant de la semaine pour annoncer leur union.

Tauhiti Nena espérait même hier avoir l’aval d’En Marche ! à Paris. Mais il aura de la concurrence sur ce créneau : le mouvement de Heimana Garbet, En Marche Polynésie, a prévu un déplacement dans l’Hexagone courant janvier pour rencontrer le président du parti, Christophe Castaner.

“Tauhiti Nena est membre d’En Marche !. Nous sommes membres d’En Marche !. Nous discutons tous les jours. Nous suivrons les instructions de Paris”, assurait hier Loïc Brigato, d’En Marche Polynésie.

 

Le mode de scrutin depuis 2011

élection

* L’élection des 57 représentants à l’assemblée de la Polynésie française est prévue les 22 avril et 6 mai. Les représentants seront élus pour cinq ans. Le mode de scrutin adopté en 2011 sera utilisé pour la deuxième fois.

* Chaque liste doit être formée d’une circonscription unique divisée en huit sections géographiques. Chaque bulletin de vote doit comporter 57 noms de titulaires plus 16 noms de suppléants (deux par section), en alternant obligatoirement un candidat de chaque sexe.

* La liste arrivée en tête sur l’ensemble du territoire (avec la majorité absolue au premier tour, ou relative au second) obtient d’entrée une prime majoritaire de 19 sièges : douze sièges pour les îles du Vent, trois pour les îles Sous-le-Vent, un pour les Marquises, un pour les Australes, un pour les Tuamotu de l’ouest et un pour les Tuamotu de l’est et les Gambier.

* Les 38 sièges restants sont distribués à la représentation proportionnelle selon la règle de la plus forte moyenne entre les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages. C’est ce qui a permis au Tahoera’a de rafler 38 sièges avec 45,11 % des voix, le 5 mai 2013.

* Seules les listes ayant obtenu plus de 12,5 % des suffrages exprimés peuvent être présentes au second tour. Seules les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés peuvent fusionner avec une liste présente au second tour.

(loi organique n° 2011-918 du 1er août 2011)

 

 

 

 

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