L’importance de la création d’un Film Office en Polynésie française

    lundi 6 février 2017

    Film office

    Un vrai bureau d’accueil de tournage. Cela fait des années que les “acteurs” de l’audiovisuel (producteurs et techniciens) réclament sa mise en place, arguant qu’il est un outil indispensable au bon développement de la filière. (© Denis Pinson pour Move movie/ filmin tahiti)


    Un vrai bureau d’accueil de tournage. Cela fait des années que les “acteurs” de l’audiovisuel (producteurs et techniciens) réclament sa mise en place, arguant qu’il est un outil indispensable au bon développement de la filière. Pourtant, celui-ci peine à voir le jour.

    Une structure appelée Tahiti film office a bien été mise en place par la Direction générale des affaires économiques (DGAE), il y a une quinzaine d’années, mais celle-ci a fini par péricliter. Aujourd’hui, il en reste le nom mais elle n’est plus opérationnelle. Les producteurs la sollicitent pour obtenir une aide logistique (mise à disposition de moyens de transports, par exemple) de la part du Pays. Sa seule fonction, désormais. Un bureau d’accueil de tournage a pourtant deux vocations.

    La première : accueillir les équipes de tournage sur place, et leur apporter un soutien logistique en les aidant à se mettre en relation avec les partenaires locaux de l’audiovisuel ( via un annuaire par exemple), à obtenir des autorisations de tournage sur les différents sites visés, à louer du matériel : caméra, lumière, mais aussi travelings, grue… Et pour cela, la mise en place d’un site qui recense les techniciens, mais aussi le patrimoine du pays pouvant être utilisé dans le cadre d’un tournage, semble nécessaire

    La deuxième consiste à aller “draguer” les producteurs étrangers sur les grands salons internationaux, en faisant la promotion du Pays comme “destination de tournage”.
    “Dès qu’une production veut travailler dans un pays étranger, la première chose qu’elle fait, c’est consulter son bureau d’accueil de tournage. Cela lui permet d’obtenir un maximum de renseignements qui l’aident à valider le choix du pays visé. C’est pourquoi c’est un outil indispensable pour notre filière. D’autant plus que ce n’est rien à mettre en place. Il suffirait juste d’une personne, d’un bureau et d’un téléphone”, explique-t-on chez Les Films du Pacifique Tahiti, qui a coproduit la série télévisuelle Al Dorsey, tournée à Tahiti en juillet dernier.

    Pour certains “acteurs” de l’audiovisuel, c’est au Pays de s’y coller.
    “Ce n’est pas à nous, productions, de faire la promotion de la destination. Si je produis un guide de production sur la destination, que je me bouge à l’international pour draguer les productions étrangères, ce n’est pas pour que ça serve aux autres productions… On a tous cette réflexion-là”, argumente un autre producteur de la place.

    Mais alors à quel ministère pourrait-on rattacher ce fameux bureau de tournage ? Le Pays peine à se positionner sur la question. Au Tourisme ? Le ministère du Tourisme est aujourd’hui très actif dans ce domaine, puisque c’est le seul à octroyer des subventions en numéraire pour l’accueil de tournages étrangers. Mais il vient en aide uniquement aux projets faisant rayonner l’image de la Polynésie à travers le monde. Alors quid des projets tournés au fenua, mais qui ne promeuvent pas la destination, comme Point Break, ou L’ordre et la morale ?

    Le ministère de la Culture ? Celui-ci explique qu’il n’a pas les compétences humaines disponibles pour gérer une telle structure, son enveloppe étant trop restreinte et se limitant pour le moment à la protection du patrimoine matériel et immatériel.
    Le ministère de l’Économie ? Cela semblerait logique, vu les retombées économiques que les tournages engendrent. Teva Rofritch avait d’ailleurs annoncé lors des États généraux des Outre-Mer de novembre 2016, que le Tahiti film office serait pris en charge et développé par la Direction générale de l’économie numérique (DGEN), qui était alors sous sa tutelle.
    Malgré le remaniement ministériel, il semblerait que la DGEN soit toujours dans la course pour gérer cette structure. Mais aucun arrêté ministériel n’a encore été pris pour lui attribuer cette nouvelle fonction. Les producteurs et techniciens locaux sont toujours dans l’attente.

    Tahiti tourisme aussi aimerait récupérer le bébé, en créant une structure annexe qui lui permettrait d’accueillir tous types de productions, qu’elles valorisent ou non l’image de Tahiti.
    Pour ce qui est d’une représentation à l’international, le futur Tahiti film office pourrait, dans un premier temps, adhérer au bureau d’accueil de tournage métropolitain très actif en la matière : Film France, qui se chargerait de promouvoir la Polynésie sur les salons.

    Pour d’autres productions de la place, le Pays devrait rester neutre dans tout ça. “Le Tahiti Film Office devrait être conduit ou conseillé par des professionnels privés du milieu audiovisuel local mais aussi juridique et bancaire”, propose Marie-Eve Tefaatau de France TV Prod.

     

    É.P.

     

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