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L’inéligibilité de Temaru, le risque d’un vrai séisme politique

vendredi 31 août 2018

(© archives LDT)

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Lundi, les comptes de campagne d’Oscar Temaru pour les dernières élections territoriales ont été rejetés. Le leader indépendantiste risque l’inéligibilité. Si cela était le cas, il y a un “risque d’instabilité politique”, selon le politologue Sémir Al Wardi.

L’affaire fait grand bruit. La commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) a rejeté lundi les comptes de campagne d’Oscar Temaru pour les dernières élections territoriales (lire notre édition d’hier). Le risque d’un vrai séisme sur la scène politique locale, puisque le maire de Faa’a incarne le combat pour l’accession à la souveraineté depuis plus de 40 ans, avec la création en 1977 du Tavini huiraatira.

Ce rejet de ses comptes de campagne, jusqu’alors toujours gérés sans accroc par un homme du premier cercle, Étienne Chimin, place le chef historique face au risque le plus redouté : l’inéligibilité. La politique, particulièrement au fenua, est affaire de leaders comme l’ont illustré Pou- vana’a, Sanford, Teariki, Juventin, Vernaudon ou encore, forcément, l’incontournable Flosse. Le leader orange sait ce qu’il en coûte d’être déclaré inéligible. Il a lui- même été empêché de conduire la liste Tahoera’a aux territoriales, la cour de cassation ayant confirmé en mars 2018 sa peine d’inéligibilité jusqu’en 2019, sanction liée à l’affaire des espions de la présidence. L’homme y a vu un complot de Paris pour l’éliminer, et ne s’est pas privé d’occuper quand même le terrain médiatique, reléguant le tête de liste officiel, Geffry Salmon, au rang de “remplaçant par contrainte”.

 

Incertitude politique

 

Oscar Temaru est le créateur du Tavini, sa locomotive incontestée. Et la principale figure politique du combat contre les essais nucléaires français à Moruroa et Fangataufa. Il est représentant et aussi maire de son fief Faa’a depuis 1983, commune devenue la plus peuplée de Polynésie française (29 506 habitants), devant Punaauia et Papeete. Le leader indépendantiste a de plus, grâce à l’inattendu taui de 2004, été élu président de la Polynésie française à cinq reprises en sept ans, et occupé à deux reprises entre 2008 et 2011 le perchoir de l’assemblée de la Polynésie.    

Un mastodonte, donc, sur l’échiquier politique local dont la mise à l’écart par décision de justice représenterait un vrai coup de tonnerre si elle était confirmée.

Or, le risque est réel, car le juge électoral a prouvé par le passé son intransigeance. Comme tout parti, le Tavini a ses courants, ses personnalités, ses dissensions internes comme l’a encore prouvé récemment la valse hésitation de Myron Mataoa avec le Tahoera’a, semble-t-il rentré depuis au bercail.

Toujours est-il que ce soupçon d’entorse aux règles très strictes du financement électoral fais tache sur l’étendard bleu clair des indépendantistes qui défilaient, casseroles à la main, pour dénoncer les malversations financières locales. Même s’il n’est pas aujourd’hui question d’infraction relative à la probité des élus, c’est une erreur qui peut potentiellement coûter cher, sur le plan politique, au camp souverainiste.

 

Damien Grivois

 

sémir al wardi oscar temaru

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