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“Pourquoi l’intervention militaire russe est un succès”

jeudi 14 septembre 2017

Intervention militaire russe

L’intervention militaire russe, un succès dont peuvent être tirées des leçons opérationnelles (© DR)

Dans une analyse publiée mardi, “Tempête rouge – Enseignements opérationnels de deux ans d’engagements russes en Syrie”, le colonel Michel Goya, historien et auteur du blog La voie de l’épée, expose brillamment les raisons du succès de l’intervention russe en Syrie.

Cette intervention, explique le colonel Michel Goya,  est un succès car elle a permis d’atteindre son objectif politique premier, qui était de sauver le régime syrien alors en grande difficulté, et même de contribuer à sa victoire probable. Le corps expéditionnaire russe a largement contribué à l’endiguement des forces rebelles à la fin de 2015. Puis, en particulier avec la prise d’Alep, à la conquête presque définitive du grand axe de l’autoroute M5, centre de gravité du conflit, pendant l’année 2016. Avant de lancer une campagne dans l’est désertique jusqu’au dégagement de l’aéroport de Deir ez-Zor, assiégé par l’[organisation] État islamique. La guerre est encore loin d’être terminée, mais elle ne peut plus désormais être perdue par Bachar Al-Assad.

Il est intéressant de constater que ces résultats ont été obtenus avec des ressources assez limitées. Elles représentent, par les forces engagées (4 000 à 5 000 hommes et 50 à 70 aéronefs comme force principale) et leur coût d’emploi (environ 3 millions d’euros par jour) environ le quart ou le cinquième de l’effort américain dans la région.

L’opération française au Levant, “Chammal” (1 200 hommes et environ 15 aéronefs, un million d’euros par jour), représente une moyenne de 6 sorties aériennes par jour, pour 33 pour les Russes.

Au regard des résultats obtenus,  poursuit le colonel Michel Goya, il est incontestable que les Russes ont une productivité opérationnelle (le rapport entre les moyens engagés et leurs effets stratégique) très supérieure à celle des Américains ou des Français. Le dispositif russe, engagé massivement et par surprise, a d’emblée été complet. Il n’a pas été précédé d’une phase déclaratoire, ni graduellement diversifié et renforcé comme celui de la coalition américaine (chasseurs bombardiers, puis avions d’attaque, puis hélicoptères d’attaque, puis pièces d’artillerie, etc.).

La guerre en Syrie est une guerre “mosaïque”, précise  le colonel Michel Goya, c’est-à-dire qu’elle n’engage pas deux camps mais plusieurs, à l’instar de la guerre civile au Liban de 1975 à 1990. Ces camps et leurs sponsors ont des objectifs différents qui les amènent à converger ou diverger selon les situations, ce qui rend le conflit à la fois complexe et stable. Un paramètre essentiel est qu’en général, les sponsors rivaux, en particulier les États-Unis et la Russie, n’ont aucune intention de s’affronter directement et évitent donc, pour en limiter le risque, de se rencontrer. Par voie de conséquence, l’occupation éclair du terrain par l’un empêche mécaniquement l’autre, placé devant le fait accompli, d’y pénétrer. C’est la stratégie du “piéton imprudent” qui traverse une route et oblige les conducteurs de voitures à s’arrêter, que l’URSS et la Russie ont pratiqué régulièrement.

 


AFP

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