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L’observation des baleines sous haute surveillance

vendredi 12 octobre 2018

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Observer les baleines dans les eaux de la Polynésie française est aujourd’hui un attrait touristique indéniable, mais cette activité en plein essor a ses limites et c’est pour cela qu’hier matin, une opération conjointe entre la gendarmerie, le parquet et la direction de l’environnement (Diren) s’est tenue afin de sensibiliser, notamment les prestataires touristiques, sur les bons comportements à avoir sur le plan d’eau. Force est de constater, hier, qu’il y en a eu de bons mais aussi de mauvais, d’où l’intérêt d’une telle opération.

L’objectif était de coordonner les actions de la brigade de gendarmerie nautique, celle des fonctionnaires de l’environnement et de constater par nous-mêmes la bonne application, par les prestataires de service, de la réglementation de l’approche des baleines”, a expliqué le procureur de la République, Hervé Leroy, présent à cette occasion, accompagné de la vice-procureure, Hélène Geiger, chargée des questions environnementales au parquet.

Sur deux bateaux, dont un de la brigade nautique de Papeete, les membres de ces trois instances sont partis, principalement au large, à la rencontre des baleines mais surtout de leurs observateurs, particuliers ou professionnels. Un nouveau code de l’environnement est en vigueur depuis six mois environ et malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation, notamment télévisées, c’est in situ le meilleur lieu pour communiquer cette nouvelle réglementation, notamment auprès des 36 entreprises de prestations touristiques dédiées à l’observation des baleines mais aussi les nombreux particuliers, voire même ceux qui travaillent “au black”, le “whale watching” étant lucratif (lire ci-dessous).

 

Le “whale watching”, activité en plein essor 

 

Le nouveau code de l’environnement clarifie la réglementation et cela l’a plutôt renforcée en termes de répression”, a précisé la magistrate, spécialiste de ces questions environnementales. Il est désormais interdit d’observer les baleines dans les lagons, les baies et dans les passes dans un rayon d’un kilomètre et une embarcation doit se trouver à 100 mètres des cétacés et les plongeurs (sans bouteilles) à 30 mètres minimum. En cas de harcèlement, considéré comme un délit, une peine de prison jusqu’à deux ans peut être prononcée, ainsi qu’une amende de plus de 17 millions de francs. De plus, l’agrément délivré par la Diren peut être suspendu, voire même l’embarcation immobilisée.

Mais, comme cela a été relaté dans La Dépêche hier après une observation un peu risquée à Mahina le week-end dernier, comme l’image du jour le montre aussi aujourd’hui (lire page précédente) et comme cela a pu être constaté à trois reprises sur le plan d’eau lors de cette opération conjointe hier, il faut encore et encore communiquer, sur le bon comportement à avoir pour observer ces mammifères, une chance au niveau planétaire, pour les touristes mais également la population locale. “C’est la richesse de la Polynésie française d’avoir cette faune marine”. “Il faut faire en sorte que ces cétacés continuent de fréquenter les eaux polynésiennes”, a-t-elle insisté, à juste titre. Ne serait-ce que pour “ne pas tuer la poule aux œufs d’or”.

Christophe Cozette

 

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Il y a encore de mauvais comportements”

Fanny Martre, agente technique à la direction de l’environnement

 

Avez-vous constaté un comportement différent des cétacés, cette année ?

Oui. Pendant très longtemps et jusqu’il y a un mois, les baleines étaient très au large alors qu’auparavant, elles étaient bien plus proches du récif. Elles commencent à se rapprocher car les baleineaux sont nés et elles viennent se reposer dans les lagons ou les baies. Par rapport aux années précédentes, c’est inhabituel. Je pense qu’elles recherchaient le calme, qu’elles rejetaient les bateaux des humains.

Constatez-vous une pression plus importante ?

Oui, avec le tourisme. C’est connu dans le monde entier qu’on peut voir ici des baleines et qu’on peut nager avec. Cela augmente la pression, oui.

C’est un sanctuaire mais de moins en moins…

Si car justement, nous essayons de mettre en place une réglementation. Si tout le monde la respecte, les baleines arrivent à se reposer.

Observez-vous de mauvais comportements malgré les campagnes de sensibilisation ?

Oui, il y a encore de mauvais comportements. Après, la plupart ne sont pas mauvais mais oui, il y en a, de prestataires comme de particuliers.

Du côté de la Diren, vous avez le pouvoir de retirer des agréments…

Oui, nous travaillons ensemble avec le parquet et la gendarmerie. Il y aura des sanctions pénales mais aussi des sanctions administratives, avec le retrait ou la suspension de l’agrément, soit de l’année en cours, soit de l’année prochaine.

Est-ce une activité lucrative pour les prestataires ?

Oui, quand même, on peut aller jusqu’à 12 passagers à bord, avec un prix entre 8 000 et 10 000 F par personne. Et je constate des bateaux qui sont souvent sur l’eau, avec des personnes différentes à bord. Ce n’est pas de ma compétence de savoir si les gens sur le bateau ont payé une sortie baleines ou pas, mais on va travailler avec le parquet et la gendarmerie pour savoir si c’est du travail “au black”.

Propos recueillis par C.C.

 

 

Il ne faut pas d’anarchie sur le plan d’eau”

 

Hervé Leroy, procureur de la République

 

On constate trop d’abus, ces dernières années ?

On se rend compte que ce tourisme est lucratif, que certains opérateurs jouent le jeu, se conforment aux normes, alors que d’autres, manifestement, font fi de la réglementation et de la législation. Il ne faut pas d’anarchie sur le plan d’eau.

Vous disiez que le risque est de “tuer la poule aux œufs d’or”…

Oui, effectivement, c’est la richesse de la Polynésie française d’avoir cette faune marine. Il faut faire en sorte que ces cétacés continuent de fréquenter les eaux polynésiennes.

La présence de la brigade nautique est-elle dissuasive ?

C’est dissuasif, c’est préventif et en dernier lieu, c’est aussi la répression. Lorsqu’il s’agit de harceler les mammifères, c’est un délit, punissable d’une peine d’emprisonnement qui peut aller jusqu’à deux ans et une peine d’amende de plus de 17 millions de francs. De plus, (l’agrément de) la pratique de l’activité de “whale watching” peut être retiré par la direction de l’environnement.

Propos recueillis par C.C.

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