“L’OPT doit changer d’époque, moderniser ses offres”

    mardi 22 mars 2016

    La commission permanente de l’assemblée a approuvé hier les comptes de l’exercice 2014 de l’OPT et du CESC.  S’agissant des télécommunications, les élus ont exhorté l’opérateur historique à améliorer ses services, interrogeant le ministre du Numérique sur les évolutions à venir. La quatrième institution du Pays, quant à elle, a été mise à mal par les élus indépendantistes..

    Les élus de la commission permanente de l’assemblée ont approuvé hier les comptes 2014 de l’Office des postes et télécommunications (OPT). Mais loin du satisfecit, ils ont aussi sifflé un carton rouge pour ses états de service, obligeant le ministre du Numérique à rappeler les projets de déploiement à venir…
    L’examen des résultats montre “un recul constant de l’activité télécoms, principalement dû aux changements des habitudes de consommation et, depuis 2013, à l’ouverture du secteur à la concurrence”, a d’abord souligné la rapporteuse Béatrice Lucas. “Le groupe OPT se doit d’évoluer.”
    De 15,593 milliards de francs en 2013, le chiffre d’affaires de l’office est passé à 15,042 milliards en 2014, soit un recul de 3,5 %. La baisse de la branche télécoms est encore plus forte (- 4,4 %), elle-même entraînée par la perte de vitesse de la téléphonie fixe et mobile…
    “Si le rapport tend à laisser penser que la situation de l’établissement est saine et viable, ses activités restent déficitaires”, a donc souligné Patricia Amaru, du Tahoera’a Huiraatira.
    “À l’évidence, l’OPT doit changer d’époque, moderniser ses offres”, a-t-elle ajouté, en allusion aux prestations des concurrents Viti et Vodaphone.
    “L’OPT a une obligation de résultat en matière de fourniture d’Internet”, a aussi averti sa consœur de l’UPLD Justine Teura, évoquant des “clients excédés” par un “service qui laisse trop souvent à désirer, notamment dans les archipels éloignés”.
    Félix Faatau, du Rassemblement pour une majorité autonomiste, a également préconisé la mise en place de “débits bien supérieurs”. “Force est d’admettre, a-t-il ajouté, que notre dispositif de connexion au reste du monde est encore perfectible.”
      Teva Rohfritsch, le ministre en charge du Numérique, a fait aux élus une réponse globale. L’OPT doit “adapter son modèle à la concurrence, aux nouvelles technologies et aux réalités géographiques de notre Pays”, a-t-il concédé. Mais il s’agirait là d’un véritable “défi”.
    “L’OPT est à la fois soumis à la pression de la baisse des tarifs à Tahiti, et à l’absence de concurrence dans les îles éloignées qui l’oblige à faire face, seul, aux besoins des clients”, a expliqué le ministre.
    Malgré tout, “l’OPT a bien pris en compte ce besoin des îles”, assure-t-il, en citant pour preuves l’augmentation de la capacité satellitaire en 2016, et la connexion “d’un certain nombre d’îles des Tuamotu et des Marquises” au réseau domestique.
    Quant à la connexion du fenua au reste du monde : “L’ensemble du gouvernement, avec l’OPT, travaille sur le second câble sous-marin”, a-t-il rappelé.
    Deux options seraient à l’étude, sur le choix desquelles les élus de l’assemblée aimeraient être consultés : un câble construit en commun avec l’OPT de Nouvelle-Calédonie, ou un câble reliant la Polynésie à la Nouvelle-Zélande en passant par les Cook.
    “Pour sécuriser Honotua, on va choisir le chemin le plus court et le moins coûteux par rapport à ce que nous pouvons assumer, a expliqué Teva Rohfritsch. Mais il faut qu’on puisse rester à l’affût des grands projets internationaux. Si une diagonale se tire entre la Chine et le Chili, on essaiera de ne pas être écarté de cette autoroute.”

    M.G.

     

    L’UPLD charge le CESC

    “Des prises de position nous ont aigris.”
    À l’occasion de l’approbation des comptes 2014 du Conseil économique, social et culturel (CESC), les indépendantistes ont vertement critiqué, hier, la quatrième institution du pays.
    De façon “inhabituelle”, selon leurs propres mots, ils se sont abstenus lors du vote au sein de la commission permanente de l’assemblée.
    Premier grief : “Des dépenses indécentes dans le contexte actuel.”
    La représentante Éliane Tevahitua a rapproché deux chiffres :
    94 millions de francs de dépense de fonctionnement en 2014, contre 14 avis demandés par le Pays cette année-là.
    “Ça fait cher l’avis”, a-t-elle fait remarquer.
    Mais c’est surtout l’avis défavorable rendu récemment par le CESC sur la protection de l’emploi local (une proposition de loi présentée par Richard Tuheiava), qui a fait sortir de ses gonds le groupe UPLD.
    “L’intervention de l’État au sein de l’institution et notamment auprès de son président a conditionné l’avis à rendre”, accuse Antony Géros, qui parle de “néocolonialisme” et de “crainte révérencielle de la tutelle” qu’on “ne peut pas accepter en 2016”. “Comment avoir foi, désormais, en la représentativité et l’indépendance du CESC ?” a demandé sa consœur Éliane Tevahitua.
    L’institution garde malgré tout la confiance des autres groupes politiques.
    “L’intervention du haut-commissaire a eu lieu dans un cadre privé, informel, pas au sein du CESC. Donc il n’y a pas de quoi fouetter un chat”, estime par exemple Michel Buillard, élu de la majorité.
    “Le haut-commissaire aurait prévenu qu’il déférerait le texte devant le Conseil d’État. Ce n’est pas du néocolonialisme, c’est le contrôle de légalité. C’est son droit et c’est son rôle”, a, pour sa part, remarqué le ministre de l’Économie Teva Rohfritsch, prévenant qu’il serait “grave” de conditionner le financement du CESC à ses prises de position sur tel ou tel texte.
    “Ses remarques sont toujours bonnes à prendre, a-t-il indiqué. C’est un éclairage qui reste précieux pour la gestation de nos textes.”
    M.G.

    Mathius 2016-03-22 19:47:00
    Et les copains alors?
    Giltane 2016-03-22 15:17:00
    Je ne vois pas ce qu'il y a de choquant à ce que le chiffre d'affaire de l'OPT baisse lorsque le secteur a (partiellement) été ouvert à la concurrence...
    Faut-il rappeler que l'OPT n'a pas vocation a faire rentrer de l'argent dans les caisses du Pays (c'est le rôle de la fiscalité) mais à offrir un service public aux polynésiens?
    Dans ce cadre rénové des télécoms en PF, reste encore à offrir du dégroupé (rien ne justifie plus aujourd'hui de payer une ligne téléphonique fixe pour le seul accès à internet).
    Non, ce qui devrait intéresser nos représentants, c'est le poids de la masse salariale pour l'entreprise à mettre en rapport avec la satisfaction de la clientèle !
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