L’ostéopathie sera bientôt réglementée en Polynésie française

    vendredi 30 décembre 2016

    ostéopathie

    Aujourd’hui, l’ostéopathie n’est pas du tout encadrée au fenua et tout le monde peut s’improviser ostéopathe, comme il l’entend. (© DR)

    Ça avance ! Les ostéopathes du territoire pourront bientôt jouir d’une véritable reconnaissance professionnelle, car un texte de loi réglementant leur activité devrait très prochainement voir le jour.
    Aujourd’hui, contrairement à la métropole, la profession n’est pas du tout encadrée au fenua et tout le monde peut s’improviser ostéopathe, comme il l’entend. Il lui suffit de mettre une pancarte devant sa porte et le tour est joué.

    Dans l’Hexagone, un décret d’application a été pris en mars 2007, pour réglementer définitivement l’activité. Depuis cette époque, Annaig et Thierry Appuzo, un couple d’ostéopathes qui officient à Faa’a depuis plusieurs années, font des pieds et des mains auprès du gouvernement pour obtenir l’équivalent en Polynésie française.
    Et au bout de 10 ans, enfin, les choses semblent bouger. Un texte de loi a, en effet, été soumis au conseil territorial de la santé publique (CTSP) le 8 décembre. Et il n’attend plus que d’être validé en conseil des ministres pour rentrer en application.

    Selon nos informations, cette nouvelle réglementation de la profession serait calquée sur celle de la métropole. Des modifications auraient été apportées lors de son passage devant le CTSP, mais la direction de la santé a refusé de s’exprimer sur le sujet, tant que celui-ci n’a pas été validé en conseil des ministres.
    Ce texte rappelle les droits et devoirs de l’ostéopathe, mais surtout définit qui peut utiliser ce titre. En l’occurrence, le praticien devra justifier de diplômes français agréés par l’État pour se proclamer ostéopathe.

     

    Une mesure qui réjouit les ostéopathes exclusifs

     

    “Avec la mise en application de ce nouveau texte, dès que quelqu’un voudra utiliser le titre d’ostéopathe, il devra faire comme en métropole, c’est-à-dire : présenter ses diplômes auprès de la direction de la santé, pour se faire reconnaître comme tel. Les kinésithérapeutes et toutes personnes relevant de la profession paramédicale qui voudront utiliser le titre d’ostéopathe alors qu’ils n’ont pas ces diplômes, pourront soit justifier d’une pratique ancienne sur le territoire — à savoir, une pratique de plus de cinq ans — soit abandonner cette activité”, explique Thierry Appuzo.  En tout cas, c’est ce que dit le texte métropolitain.

    Un peu moins d’une trentaine sur le territoire, les ostéopathes exclusifs se réjouissent de la mise en application du texte.
    “Pour être ostéopathe exclusif, il faut avoir fait six années d’études en ostéopathie.

    On est agacé par ces personnes qui ont une profession paramédicale et qui se disent ostéopathes, parce qu’ils ont suivi une formation de quelques centaines d’heures.
    Prenons un exemple, dans un tout autre domaine, avec un électricien et un carreleur. Admettons que l’électricien a fait des études d’électricité. On peut comprendre qu’il soit agacé lorsqu’il entend le carreleur dire ‘Tiens, moi aussi, j’ai appris l’électricité et donc je peux vous proposer mes services dans ce domaine’, alors qu’il aura appris cette compétence en deux week-ends seulement. C’est pareil pour nous”, s’exprime un praticien de la place.
    Pour les ostéopathes qui ont des diplômes étrangers, pour le moment, nous ne savons pas ce que le texte polynésien prévoit.

    En métropole, il existe des commissions régionales constituées d’un masseur- kinésithérapeute, d’un médecin, de deux ostéopathes et du directeur général de l’agence régionale de santé, qui statuent sur le sort de chacun, au cas par cas.
    Ici, il semblerait que la direction de la santé n’ait pas opté pour la mise en place de ce type de commission.

    En revanche, tous les praticiens pouvant justifier de cinq ans de pratiques exclusives en ostéopathie sur le territoire pourraient obtenir le titre.
    Pour les autres, il leur faudra sûrement passer une équivalence, à moins que le gouvernement en décide autrement.
    “En même temps, ce serait logique, vu que les pays du Commonwealth refusent de reconnaître les diplômes francophones. Je ne vois pas pourquoi on accepterait leurs diplômes, alors qu’il n’y a pas de réciprocité”, témoigne un ostéopathe de la place.
    Ce n’est une question de jours maintenant, pour que le texte soit officiellement approuvé, nous assure-t-on à la présidence. L’année 2017 devrait donc marquer un tournant pour l’ostéopathie au fenua.

     

    Élénore Pelletier

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