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Louer à Tahiti : la galère continue

jeudi 20 juillet 2017

location immobilier

Entre le rêve et la réalité, le chemin reste difficile quand on cherche une location à Tahiti. (© Caroline Perdrix)


La zone urbaine à Tahiti manque de biens à louer. Professionnels et clients sont d’accord pour dire que le rapport qualité-prix est loin d’être bon. Les propriétaires semblent toutefois prendre conscience de la nécessité de rénover.

Pic d’activité dans le merveilleux monde de la location à Tahiti : chaque année, durant les grandes vacances, les nouveaux arrivants tentent de trouver la perle rare, tandis que ceux qui partent tentent de récupérer leur caution.

Malgré des mouvements réduits dans l’armée et l’enseignement depuis plusieurs années, et la rumeur comme quoi “aujourd’hui, on peut négocier”, les prix semblent faire une petite poussée de fièvre chaque année à cette époque.

“En cette saison, on voit des propriétaires qui donnent congé soi-disant pour rénover, mais qui en réalité ne font qu’augmenter les loyers”, témoigne Michèle, négociatrice en immobilier. “Il y a moins d’expatriés, mais certains propriétaires sont restés scotchés à la belle époque.”

Les loyers vont-ils redescendre après la rentrée des classes ? “Pas sûr. Beaucoup sont dans des situations financières confortables et refusent de baisser les loyers. Ils ont plusieurs biens et préfèrent ne pas louer que descendre leur prix.” Pour Thomas Vigo, chez JCM Immobilier, “il y a toujours une petite marge de négociation”.

Résultat : pour se loger dans la zone urbaine de Tahiti (entre Arue et Punaauia), une famille de quatre personnes qui cherche deux à trois chambres va débourser de 150 000 à 250 000 F par mois. Des tarifs comparables à ceux des grandes villes de l’Hexagone, mais le problème, comme toujours, c’est le rapport qualité-prix.

Tahiti aux temps du Centre d’expérimentation du Pacifique (CEP), c’était un marché captif où des locataires bien payés n’avaient guère de choix. Le CEP est parti, les constructions ont fleuri, mais les habitudes sont restées.

Maisons termitées, appartements bourrés de malfaçons, mobilier des années 1980 et matelas pourris, peu importait puisqu’il y avait toujours un petit nouveau pour signer le bail.

“C’est le standing Emmaüs”, sourit Michèle. “Les gens sont obligés de louer en meublé, parce qu’il n’y a que ça, et ils virent tous les meubles. Le vieux canapé déglingué en bambou est un classique. C’est la croix et la bannière pour que les propriétaires rénovent.”

Si plusieurs agents immobiliers disent que les propriétaires sont aujourd’hui plus ouverts aux rénovations, ils admettent aussi qu’il y a pénurie de logements à louer.

La construction de nombreuses résidences, qui peine à suivre la démographie, n’a pas résolu la problématique. Au contraire, les prix des appartements sont comparables à ceux des maisons, sous prétexte que ces résidences sécurisées par des badges et des caméras sont moins susceptibles d’être cambriolées que les maisons individuelles.

Les locataires ne sont pas non plus sans défauts. “Les trois-quarts des fonctionnaires qui viennent ici ne veulent pas dépenser grand-chose. Ils viennent gagner de l’argent pour s’acheter un logement à leur retour dans l’Hexagone. Pour eux, tout est trop cher, et quand ils partent, ils revendent au prix fort la moindre petite cuillère qu’ils ont amenée gratuitement avec leur prime de déménagement”, dit Christine, agent immobilier.

 

Attention aux arnaques entre particuliers

 

Une situation qui a permis aux petites annonces entre particuliers de fleurir un peu partout sur Internet, avec leur cortège d’arnaques : faux propriétaires qui cherchent à mettre la main sur une caution, “agents” qui n’ont aucune carte professionnelle ou tout simplement propriétaires qui ne déclarent pas leurs revenus locatifs.

“C’est pour cela que vous voyez “agences s’abstenir” sur certaines annonces. Il y a beaucoup d’activité de particulier à particulier, c’est devenu une concurrence énorme pour les agences”, reconnaît Michèle. Mais celles-ci se sont également dotées de sites Internet et sont ainsi en contact avec les locataires potentiels plusieurs mois à l’avance : “Avec les nouvelles technologies, depuis le mois de mars, c’est la fête”, dit Robby Le Vaillant de Atike Immobilier. Mais qui finira avec la gueule de bois ? 

 

C.P.

 

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