“Je lui ai réglé son compte avec un marteau”

    jeudi 23 février 2017

    assises marteau Raiatea

    Sébastien T. a assommé la victime de deux coups de marteau, avant de la frapper à trois reprises une fois au sol. (© Florent Collet)


    Perçant. De l’avis de tous ceux ayant croisé son regard, ses deux yeux noirs donnent froid dans le dos. Sébastien T. lui-même sait que les gens ont peur de son “regard de fou”, c’est aussi pour cela qu’il s’est isolé dans une cabane à flanc de montagne, isolé dans la vallée à Punamoe sur l’île de Raiatea. Sur l’île Sacrée, il est considéré comme un “illuminé” de ses propres mots, son passé est également un fardeau.

    En 1997, il a déjà été condamné pour le meurtre d’un commerçant de l’île (lire ci-contre). L’expert psychologue qui a été entendu hier lors de la première journée d’audience de son jugement devant la cour d’assises décrit un individu d’une grande froideur émotionnelle ayant toutes les caractéristiques d’une schizophrénie paranoïaque et des traits psychopathes.

    C’est ce qui explique l’incalculable nombre de versions livrées depuis les faits survenus entre les 12 et 13 juin 2015 dans la cabane voisine, celle de son cousin, Laurent L.. La disparition inquiétante de ce dernier est signalée à la gendarmerie le 26 juin. Les militaires découvrent le cadavre déjà largement putréfié de la victime, certaines parties du corps dévorées par les animaux. L’autopsie du corps permettra de dire que cinq coups de marteau auraient provo-
    qué un important trauma-
    tisme à l’origine de la mort. L’arme est retrouvée à côté du
    corps.

    De son côté, Sébastien T. est, lui aussi, signalé comme disparu depuis plusieurs jours. Il est retrouvé à Bora Bora où il finit par se rendre. Le gendarme qui l’entend alors comme témoin était à la barre hier. Il décrit un homme calme et posé jusqu’à ce qu’il l’interroge sur ses rapports avec Laurent L. “Il s’est mis à dire qu’il faisait de la sorcellerie”, a relaté le gendarme hier, qui lors de l’interrogatoire, recueille aussitôt ses aveux. “Je lui ai réglé son compte avec un marteau”, confesse l’homme sans ciller.

    Des faits qu’il a toujours reconnus jusqu’à hier à la barre. Les explications, elles, ne cessent de fluctuer et évoluer. “Il ne détient pas une vérité qu’il cherche à cacher. Il n’a pas le même rapport à la réalité”, a ainsi expliqué la psychologue.  
    Les versions sur les raisons de ce meurtre sont aussi nombreuses que farfelues, accusant d’abord son cousin d’être un sorcier, d’avoir voulu procéder à du vaudou sur lui, d’être empli de mauvaises énergies dont il se serait déchargé en le tuant. Il a également fait cas de voix d’une petite fille lui intimant de tuer son cousin. Il a par ailleurs expliqué qu’il faisait des étirements et avait volontairement touché la victime, dont il a parfois dit qu’elle se montrait menaçante avec une hache.
    Hier, à la barre, c’est une nouvelle version qu’il a livrée, expliquant vouloir planter un clou sur une poutre et que son cousin était venu lui mettre des coups de poing au ventre, ce à quoi il aurait répliqué par les coups de marteau. Quant à savoir pourquoi la victime aurait frappé l’accusé, le passé de Laurent L. aide les magistrats à tirer des réponses de Sébastien T..
    Père de trois enfants, Laurent L. avait des problèmes avec le sexe, condamné pour deux viols, il dépensait la grande partie de son argent avec des prostituées. Ce soir-là, selon Sébastien T., il lui aurait fait des propositions indécentes et proposé de coucher avec lui.

    Le verdict sera rendu aujourd’hui. L’accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

     

    F.C.

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