L’UMP devient Les Républicains: appropriation indue ou liberté ?

    vendredi 22 mai 2015

    « Appropriation » d’un bien commun contre liberté des partis politiques. Opposants au changement de nom de l’UMP et avocats du parti de Nicolas Sarkozy se sont affrontés vendredi devant le tribunal des référés de Paris, qui rendra sa décision mardi.
    Cœur du litige, les mots « Les Républicains », le nouveau nom voulu par l’ex-président pour son parti, sur lequel les militants sont appelés à voter jeudi et vendredi prochain, avant un congrès samedi.
    Plusieurs partis et associations (Fédération nationale des élus socialistes et républicains, le Mouvement républicain et citoyen, fondé par Jean-Pierre Chevènement, de la Convention pour la sixième République, fondée par Arnaud Montebourg, et Cap 21 de l’ancienne ministre Corinne Lepage), ainsi que 144 personnes physiques, dont cinq portant le nom de famille Républicain, demandaient en urgence à la justice d’interdire à l’UMP d’utiliser cette nouvelle dénomination tant qu’un tribunal ne se sera pas prononcé sur le fond. Le vote lui-même ne serait donc pas remis en cause.
    « Un parti essaie de s’approprier le bien commun. Nous sommes tous républicains de par l’article premier de la Constitution (‘la France est une République indivisible’, NDLR), et là, les deux tiers de la population se trouvent exclus », déclare Christophe Léguevaques, un avocat des plaignants. « Et le 14 juillet, si on voit défiler la garde républicaine, faudra-t-il dire que c’est la garde sarkozyste ? »
    « L’article ‘Les’ exclut, dénigre les autres citoyens, il faudrait ajouter un adjectif, républicains populaires, de droite… » renchérit Me Matthieu Boissavy. « En France, il a fallu se battre pour la République, on en est déjà à la cinquième, elle est à tout le monde », poursuit l’avocat, qui ne veut pas que « dans cinq ans, si on se dit républicain, on comprenne que vous êtes de droite ».
    Dénonçant une démarche « politique », les défenseurs de l’UMP et de l’agence de communication ayant déposé les nouveaux logos du parti ont récusé la recevabilité même de la plainte, déposant une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) au motif que la procédure violerait l’article 4 de la Loi fondamentale disposant que les partis politiques « se forment et exercent leur activité librement ».

    AFP

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