Lutte anti-EI : le gratin militaire de la coalition va parler stratégie à Washington

    lundi 13 octobre 2014

    Le gratin militaire des pays de la coalition internationale menée par les États-Unis contre le groupe État islamique (EI) se retrouve mardi à Washington, à l’heure des doutes sur la stratégie contre les jihadistes qui gagnent du terrain en Syrie et en Irak.
    Aux côtés des plus hauts gradés américains, leurs homologues de 21 pays, dont des chefs d’état-major, sont attendus pour une réunion exceptionnelle sur la base aérienne d’Andrews (Maryland, est) près de la capitale fédérale, en présence du président Barack Obama, selon la Maison Blanche.
    Les représentants de ces gouvernements (Allemagne, Arabie saoudite, Australie, Bahreïn, Belgique, Canada, Danemark, Égypte, Émirats arabes unis, Espagne, États-Unis, France, Irak, Italie, Jordanie, Koweït, Liban, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Qatar, Royaume-Uni, Turquie) « discuter(ont) des efforts de la coalition dans la campagne actuelle contre l’EI », a indiqué la présidence américaine, sans préciser le menu des conversations, encore moins ce qui pourrait être décidé. Il n’empêche : il s’agit d’un rassemblement sans précédent depuis la mise sur pied en septembre d’une alliance internationale contre les jihadistes. Il sera piloté par le plus haut gradé des forces armées américaines, le général Martin Dempsey, et par le commandant pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, le général Lloyd Austin.
    Ils accueilleront leurs partenaires européens et arabes, dont le chef d’état-major français des armées, le général Pierre de Villiers, son homologue jordanien, le général Mashal Mohammad al-Zaben, le général Erdal Öztürk, chef des opérations à l’état-major de l’armée turque ou encore le commandant suprême des forces armées espagnoles, l’amiral Fernando Garcia Sanchez, dont le gouvernement vient d’approuver l’envoi de 300 soldats en Irak pour la formation des troupes locales.
    Les pays du Golfe qui jouent un rôle actif dans les frappes militaires (Bahreïn, Qatar, Arabie saoudite et Émirats arabes unis) ainsi que l’Allemagne, le Danemark et l’Australie seront également représentés à très haut niveau.
     

    « Parler d’une vision commune »

    Mais deux mois après le début de ces bombardements contre les bastions de l’EI en Irak et après trois semaines de frappes en Syrie, Washington reste très discret sur les enjeux de la réunion : les 22 participants « parleront d’une vision commune, des défis et de l’avenir de la campagne contre l’EI », s’est contenté de dire un porte-parole du général Dempsey, le colonel Edward Thomas. Un diplomate du département d’État a prévenu qu’il ne fallait pas s’attendre à des « annonces » à l’issue de cette réunion. Plus disert, le porte-parole de l’état-major des armées françaises, le colonel Gilles Jaron, a confié que Paris entendait « participer à l’élaboration d’un plan d’action conjointe à visée régionale » et « se mettre d’accord sur les grands aspects stratégiques » contre Daesh, l’acronyme arabe de l’EI. Il n’a toutefois pas évoqué les points de divergence entre les partenaires de la coalition.
    L’un de ces désaccords porte sur la création d’une zone tampon à la frontière entre la Syrie et la Turquie, un projet réclamé par Ankara, soutenu par Paris mais « pas à l’ordre du jour » pour Washington. Il y a pourtant « urgence à le mettre en œuvre », a martelé dimanche le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, qui a dit compter sur un « plan d’action et (de) coordination de la coalition (qui) va se mettre en œuvre lors de la réunion des chefs d’état-major » mardi.
    Car pour l’instant sur le terrain, les ultra-radicaux sunnites engrangent les succès.
    Pour la première fois lundi, ils ont pris position dans le centre de la ville kurde syrienne de Kobané, à la frontière turque.
    A cette occasion, Washington et Ankara, alliés au sein de l’Otan, se sont une nouvelle fois indirectement accrochés sur la stratégie militaire contre l’EI : un responsable américain a assuré que les États-Unis pourraient utiliser la grande base turque d’Incirlik (sud), où 1 500 Américains sont stationnés, avant de se faire contredire par le ministre des Affaires étrangères turc Mevlut Cavusoglu.
    En Irak aussi, la province sunnite d’Al-Anbar (ouest) risque de tomber entièrement aux mains du groupe EI après une série de revers de l’armée irakienne.
    Exprimant leurs inquiétudes, les États-Unis n’en envoient pas moins des messages ambigus : le secrétaire d’État John Kerry a affirmé dimanche soir au Caire que la « stratégie que nous bâtissons (permettra) d’isoler Daesh », mais qu' »au bout du compte, il reviendra aux Irakiens de reprendre l’Irak ».

    AFP

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