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Maeva Tarahu Mc Nicol à la tête du Heiva de San Diego

lundi 5 février 2018

maeva tarahu mc nicol

De passage à Tahiti, Maeva a accepté de nous raconter son parcours avant son retour aujourd’hui pour San Diego. (© Jean-Luc Massinon)


La petite fille de Faa’a qui rêvait d’être hôtesse de l’air est aujourd’hui à la tête du Heiva de San Diego. Depuis huit ans, Maeva Tarahu Mc Nicol relève le défi de promouvoir la culture polynésienne aux États-Unis. L’année dernière plus de 300 danseuses et danseurs solo de Californie, du Texas ou encore d’Arizona étaient en compétition.

San diego… ses plages, son quartier historique, son zoo, ses parcs et ses tacos. Mais San diego c’est aussi, une fois par an, un haut lieu de la culture polynésienne.

Et oui, cette ville du sud de la Californie, de près 1,5 million d’habitants, a son Heiva ! Et le ori Tahiti est enseigné dans pas moins de 40 écoles de danses.

L’ancien village mexicain n’était pas destiné à devenir un fief de la tradition maohi, mais en créant un Heiva, une Tahitienne – exilée sur cette terre où tout est possible – a certainement contribué au développement du culte pour la danse tahitienne.  

Cette aventure, c’est l’histoire d’une petite fille de Faa’a qui allait pêcher avec sa grand-mère devant l’aéroport de Tahiti.

Maeva nettoyait le poisson dans la pirogue pendant que sa mamie fléchait sous l’eau. C’est à 18 ans, que Maeva Tarahu a pris cet avion qu’elle voyait atterrir près de chez elle.

La jeune femme a quitté sa place d’employée dans l’agence de voyages de Paulette Vienot pour accomplir un rêve : devenir hôtesse de l’air. Aux États-Unis, Maeva pourrait apprendre l’anglais et l’espagnol.

Elle alla retrouver son oncle, Ben Teriitehau, l’architecte notamment de la mairie de Faa’a, qui l’a incitée à reprendre les études en la plaçant dans un collège à San Juan Capistrano (au sud de Santa Ana).

Malgré les faibles moyens de la grand-mère, mais aidée par son oncle, Maeva s’acclimata. D’autant plus qu’elle vient de retrouver une connaissance importante à ses yeux, qu’elle avait rencontrée à Tahiti : Randy Mc Nicol.

Les deux se marieront en 1983 et auront deux enfants : Bryan Teva et Lindsay Reva.

 

 

Un nom sacré

 

 

Finalement, le grand amour aura eu raison du rêve de Maeva de devenir hôtesse de l’air. Elle n’a plus envie de rentrer au fenua bien entendu.

Elle travaille donc dans une banque, puis une assurance et même dans une compagnie appartenant à Jacques Cousteau, où l’on fabrique des tenues de plongée.

Mais en 1995, Maeva se lance dans le tourisme. Elle ne comprend pas que les chiffres de fréquentation à Hawaii explosent, alors que la Polynésie ne capte que 180 000 touristes.

Installée à Anaheim, son agence Maeva tour tente de promouvoir Tahiti auprès des Américains. Parallèlement, elle accueille des métropolitains aux États-Unis et des Tahitiens qui veulent découvrir Los Angeles, San Francisco ou Las Vegas. En 1997, elle reçoit d’ailleurs son premier groupe de Polynésiens.

Elle sait qu’elle n’a pas le droit à l’erreur. Leur séjour se passera parfaitement bien. Maeva vient de se faire un nom dans le milieu.

Membre du comité Friends of Tahiti, implanté à Newport Beach (au sud de Los Angeles), elle en devient présidente entre 2007 et 2010.

Et comme chaque année, Maeva doit assurer la soirée de gala, au cours de laquelle se produisent des élèves d’écoles de ori Tahiti de Californie. Mais Lindsay, la fille de Maeva, se demande pourquoi sa mère n’organiserait pas plutôt un Heiva en extérieur, sur la plage, avec des flambeaux et des pirogues…

Maeva explique que c’est du travail, mais surtout le “Heiva, c’est sacré” ! Il faudrait une autorisation pour utiliser ce nom.

Maeva envoie finalement Lyndsay auprès d’Oscar Temaru et de Julien Mai pour prendre conseil. Les deux hommes leur donnent le feu vert.

 

 

400 danseuses et 5 000 spectateurs

 

 

Le Heiva peut donc voir le jour aux États-Unis. Le nom Heiva USA est même déposé officiellement.

Cette entreprise replonge Maeva dans son passé de danseuse dans la troupe de Madeleine Moua et aussi de Paulette Vienot. Mais pas question de monter l’évènement à Newport Beach, car la famille Mc Nicol vit à San Diego. Alors, c’est finalement San Diego qui deviendra la nouvelle terre d’accueil du ori en Amérique.

Les débuts n’ont pas été faciles, notamment pour contacter toutes les écoles américaines de danse tahitienne.

Le premier Heiva en 2010 n’attire finalement qu’une cinquantaine de danseuses solo, et un groupe complet viendra juste faire une prestation. Il n’y a pas plus de 150 spectateurs.

En une journée, la messe est dite. Mais la volonté de transmettre la culture polynésienne fédère autour de la Tahitienne. Le maire de San Diego soutient l’opération.

Air Tahiti Nui devient le sponsor principal. Des prestations de groupes de Huahine et des Marquises marquent les esprits.

Les Heiva se suivent et attirent toujours plus de monde. L’année dernière, il y a eu plus de 300 danseuses et danseurs pour le concours solo et six groupes en compétition.

Les participants viennent de toute la Californie, du Texas ou encore d’Arizona. Sur deux jours, 5 000 personnes ont assisté au Heiva. Dans le jury, il y avait même des personnalités du monde du ori tahitien.

Pour aller plus loin dans la promotion de la culture tahitienne, Maeva aimerait maintenant un jumelage entre San Diego et la Polynésie.

L’édition 2018 devrait voir la participation de 400 danseuses et danseurs solo, et Maeva vise sur 12 groupes de danse. Un village tahitien, qui complète le dispositif, sera étoffé.

Alors si vous êtes aux États-Unis pendant les grandes vacances, n’hésitez pas à aller au Heiva de San Diego voir des vahine américaines. L’évènement se déroule les 11 et 12 août. On prétend que le niveau des danseuses et danseurs est très relevé.

 

J.-L.M.

 

Plus d’information

Le Heiva San Diego a un relais à Tahiti en la personne de Hinanui, qu’il est possible de joindre au 87.75.40.21 ou à l’adresse mail heiva.sponsors@gmail.com.

 

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