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Maguy, artisane infatigable

lundi 6 août 2018

L’artisane finalise actuellement la préparation d’une exposition qui se tiendra en Nou- velle-Calédonie, le mois prochain. (© Anne-Charlotte Bouleau)

L’artisane finalise actuellement la préparation d’une exposition qui se tiendra en Nouvelle-Calédonie, le mois prochain. (© Anne-Charlotte Bouleau)


Depuis sa plus tendre enfance, Maguy s’épanouit dans l’artisanat. Portrait d’une femme passionnée par son métier où selon elle : “Il y a de quoi faire et de quoi vivre.”

Originaire des Australes par son père et des Tuamotu par sa mère, Marguerite Tetua, épouse Tokoragi, 50 ans, avait des prédispositions pour l’artisanat. “Dans la famille, on travaille tous dans ce domaine. J’ai commencé à coudre à l’âge de dix ans, dès le collège, ici, à Taravao, et à la maison. J’ai perdu ma mère quand j’étais jeune et notre père travaillait au CEP (Centre d’expérimentation du Pacifique, NDLR), alors c’est notre tante qui s’est occupée de nous. C’est devenu notre deuxième maman. Elle faisait des colliers de coquillages, des tifaifai et des vêtements, et elle nous a beaucoup appris, aussi bien à mes six frères et sœurs qu’à moi”, se souvient-elle.

C’est donc instinctivement que celle que tous surnomment Maguy a fait de l’artisanat son métier, un domaine dans lequel elle considère qu’il y a “de quoi faire et de quoi vivre”. Elle a installé son atelier à son domicile, à la Presqu’île, entre machines dédiées et stock de tissus, mais aussi fibres naturelles et coquillages, pour le tressage et la confection de couronnes.

Aujourd’hui, elle ne dépose plus ses créations dans les boutiques, préférant travailler à la commande, en complément des nombreuses expositions qui rythment l’année. Après le marché de Taravao en mai, puis Mamao le mois suivant, l’artisane finalise actuellement la préparation d’un salon en Nouvelle-Calédonie, où elle se rendra en septembre.

 

Le Japon “en vue”

 

“C’est une première pour moi. Une partie de mes produits vient de partir par bateau. Le reste, ce sera par avion. J’ai prévu de quoi confectionner des couronnes artificielles, mais aussi des vêtements pour femmes et enfants, des nappes et des tifaifai cousus à la main. Si le bilan est positif, j’y retournerais en octobre, pour une autre exposition”, confie Maguy, qui terminera l’année avec deux autres rendez-vous, l’un à l’Assemblée de la Polynésie française, l’autre à nouveau à Mamao, pour les fêtes.

“Et le Japon est en vue !”, glisse-t-elle. Si elle a eu l’occasion d’enseigner par le passé auprès d’élèves des Centres d’Enseignement aux Technologies Appropriées au Développement (Cetad), elle continue de transmettre son savoir-faire, à commencer par sa famille.

“Ma fille m’a toujours suivie dans mes déplacements, dès son plus jeune âge. Plus tard, on a remporté des concours ensemble, à To’ata. Aujourd’hui, elle est en France et elle a régulièrement des commandes. Il y a aussi ma petite fille de cinq ans, qui est très curieuse : elle touche déjà aux tissus et à la paire de ciseaux”, s’amuse-t-elle, songeant que la relève est assurée.

Maguy a également formé son assistante, Cécilia, qu’elle sollicite régulièrement. “Elle est autonome. Il ne lui reste plus qu’à bien estimer le prix de ses créations”, souligne-t-elle. Sur ce point, l’artisane met un point d’honneur à proposer des créations accessibles. “Mon objectif, c’est que tout le monde puisse porter une robe locale. À partir de 5 000 francs, c’est bien, je trouve, alors qu’aujourd’hui les prix peuvent s’envoler”, remarque-t-elle, tout en continuant à actionner sa machine à coudre. Pas une minute à perdre !

 

A.-C. B.

 

 

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