MAHAENA – Conflit entre propriétaires et extracteur dans la vallée Tefaarahi : le référé contre les bloqueurs déclaré “irrecevable”

    samedi 7 novembre 2015

     En conflit depuis plus d’un an avec une société d’extraction, les propriétaires de la vallée Tefaarahi viennent de gagner une bataille
    après l’irrecevabilité d’une nouvelle action en référé de l’exploitant. Le syndicat Haa Maitai ia Mahaena pointe du doigt la direction de l’environnement pour sa gestion de la petite fourmi de feu. Le ministre de l’Équipement a rencontré le syndicat hier matin afin de faire procéder au curage de la rivière près d’une zone d’habitation.

    “Petite victoire, diront certains, mais grande victoire pour des novices en matière de droit.” C’est avec une modestie ironique que Peter Heduschka et Terai Tavi ont commenté hier la décision du tribunal civil de première instance de Papeete qui a déclaré “irrecevable” l’action en référé de la société d’extraction qui s’était vue interdire le transport de tout-venant dans la vallée Tefaarahi, à Mahaena.
    “Nous tenons à remercier les têtes pensantes de la magistrature, car avec les pièces que nous avons fournies, elles ont pris assez de recul pour déclarer caduc la procédure de référé”, expliquent les membres du syndicat des propriétaires et exploitants agricoles de la commune (Haa Maitai ia Mahaena), qui, sans avocat, ont su mettre en avant, devant le juge des référés, qu’il était urgent d’attendre le jugement sur le fond, dont l’audience est programmée pour le 25 novembre.
    L’ordonnance a retenu ce motif pour dire qu’il appartenait au juge de mise en état de se prononcer sur la saisine du syndicat contre l’exploitant, à qui il est reproché la réalisation d’une route sans autorisation des propriétaires, l’utilisation abusive des terres pour véhiculer des camions de tout-venant, et cela sans contrepartie.

    Routes sans autorisation mais pas de barbelés

    Peter Heduschka, propriétaire, trésorier et porte-parole du syndicat Haa Maitai ia Mahaena, ne regrette pas d’avoir posé des barbelés pour faire cesser les va-et-vient de camions : “Si on ne l’avait pas fait, nous ne serions pas arrivés à régler le problème. Le moyen était un peu radical, mais c’était le seul pour que l’on traite le mal à la racine. Toutefois, nous restons calmes et nous respectons les textes. Nous attendons la décision du tribunal sur le fond. Malgré les pressions et les provocations, nous avons laissé les camions rouler sur nos terres en attendant cette décision de justice.”
    Par “pression”, le propriétaire fait notamment état d’un procès-verbal établi par un agent assermenté pour tenter de faire lever les barrages : “Ce comportement était douteux. Déjà, l’agent assermenté est venu sur nos terrains sans autorisation, sans note explicative de ses supérieurs, sans plans, sans géomètre. Il a dressé un PV parce que l’on a érigé une barrière de fils barbelés sur un ancien lit de rivière… J’ai l’impression qu’on a monté cette opération pour sauver le soldat Jean (prénom de l’entrepreneur, NDLR). Je répondrais de mes actes devant les tribunaux.” Cette tentative de déstabilisation de l’action du syndicat est survenue au moment où l’entrepreneur a réalisé, à nouveau sans autorisation, une route de pénétration : “On est venu nous dresser un PV pour un malheureux barbelé sur un bras de rivière asséchée alors que, juste à côté, on était en train de créer une route sans autorisation.” Fort de la décision du juge des référés, le syndicat se dit confiant pour la procédure engagée sur le fond.

    J-L.M.

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    XylonAkau 2015-11-08 09:56:00
    Quand finirez-vous de polluer ces commentaires avec votre publicité infantile ?
    Duc 2015-11-07 15:47:00
    Dans ce genre de situation, la maniere forte est necessaire. Ne pas laisser faire n'importe quoi.
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