Mahaena – L’enquête publique sur des travaux dans la Tevaifaara, éclipsée par les fêtes, est prolongée

    samedi 23 janvier 2016

    Afin de sécuriser la rivière Tevaifaara à Mahaena, le Pays envisage de grands travaux dans la vallée avec l’extraction de 67 000 m3 de tout-venant. Le ministère de l’Équipement avait ouvert une enquête publique le 24 décembre en pleine période de fêtes. Le syndicat
    des propriétaires de la vallée a obtenu une prolongation de la consultation publique de quinze jours.
    On voudrait faire croire qu’on a voulu dissimuler un projet  d’extraction qu’on ne s’y prendrait pas mieux. Imaginez : l’enquête publique pour l’aménagement de la rivière Tevaifaara a été ouverte pour un mois le 24 décembre dernier. Les administrés de Mahaena avaient davantage la tête aux préparatifs des fêtes. Le ministère de l’Équipement aurait-il choisi volontairement cette période pour éviter les contestations ? C’est réussi. Le cahier de doléances ne comptait que cinq commentaires en début de semaine.
    Pourtant l’ampleur du projet aurait nécessité davantage d’information auprès des riverains de cette rivière. Car les travaux d’aménagement vont tout de même nécessiter l’extraction de 67 000 m3 de tout-venant.  
    Par ailleurs, le dossier, déposé dans la mairie, n’est pas non plus d’une grande clarté. On y fait état d’études de 1999 et de 2012, mais on ne sait guère si l’étude d’impact a été réactualisée au regard des bouleversements à la vallée depuis toutes ces années et des récents chantiers d’extractions.
    À ces époques, déjà, les techniciens rapportaient que des mesures d’urgence étaient à prendre pour la sauvegarde des biens et des personnes. Hormis donner des autorisations
    d’extraction à des entreprises privées, le Pays n’a guère été alerté par la conclusion de ces études : “vallée soumise à un aléa majeur d’inondations décennales et centennales”.
    En novembre dernier, la nature l’a malheureusement démontré. Les quelques riverains qui ont exprimé leurs remarques demandaient instamment de ne pas dévier le lit de la rivière et donnaient leur consentement s’il était créé des enrochements.

    J.-L.M.

    Quelques chiffres

    Les travaux d’aménagement devraient concerner plus particulièrement les berges de Tevaifaara, mais aussi de la Mahape, ainsi que l’embouchure. En 2012, il avait été estimé que 42 000 m3 devaient être extraits (67 000 m3 aujourd’hui, soit plus de 3 300 camions de 20 m3). 70 % de galets et petits blocs, 27 % d’alluvions et enfin 3 % de sable. Le débit de Tevaifaara, mesuré lors du passage de Veena en 1983, avait été de 740 m3 d’eau par seconde (2 200 m3/s à Papeno’o). Il a été estimé que 400 à 500 personnes vivaient dans la vallée.

    Le syndicat Haa maitai ia Mahaena obtient une prolongation de l’enquête publique

    Pour le syndicat Haa maitai ia Mahaena, cette enquête publique est critiquable et même attaquable, selon son président Terai Tavi et son secrétaire Peter Heduschka. “Nous avons déposé au ministère de l’Équipement un courrier le 8 janvier pour pointer du doigt des problèmes de communication de certaines pièces qui ne figurent pas au niveau de l’étude d’impact, alors que nous avons vu ses pièces lorsque nous nous sommes déplacés au service de l’équipement.”
    Pour le syndicat, les riverains n’ont pas pu prendre connaissance de toutes les informations. “C’est pourquoi nous avons aussi demandé une prolongation de plus de quinze jours de la consultation populaire. C’est déjà malheureux d’avoir mis cette consultation pendant les fêtes. Entre l’église et les vapeurs d’alcool, on ne peut rien consulter.” Le cabinet du ministre a contacté le syndicat pour lui assurer que la consultation serait prolongée de quinze jours.

    Taharuu bis !

    Haa maitai ia Mahaena reste interloqué par l’estimation de l’extraction affichée à 67 000 m3 : “C’est énorme d’autant que, dans les documents de l’étude d’impact, on parle de 42 000 m3. Il y a une différence. C’est Taharuu bis !” (en référence au grand chantier de Papara). Le syndicat estime toujours que la sécurisation des populations n’est qu’un prétexte pour convoiter le tout-venant des rivières nécessaire aux futurs grands projets du Pays.
    Le syndicat remarque que pour ce chantier du Pays, l’étude ne fait pas état de l’utilisation de la servitude privée actuelle, ni de la création éventuelle d’une servitude de curage. Le ministre va donc devoir composer avec le syndicat des propriétaires de la vallée, d’autant qu’il vient d’être pleinement reconnu par la juridiction.
    Terai Tavi et Peter Heduschka ont gagné contre l’entreprise d’extraction qui n’a plus le droit d’amener ses camions dans la vallée. Le 16 mars, le tribunal des terres se prononcera sur les dommages et intérêts réclamés pour les dégradations.

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