MAHAENA – Les pêcheurs de ina’a et de ature inquiets pour l’avenir

    mercredi 10 février 2016

    Si le projet d’aménagement de la rivière Tevaifaara inquiète les riverains de la vallée, les pêcheurs ont aussi peur de ne plus pouvoir travailler. La boue qui va descendre vers l’embouchure les privera de pêche aux ina’a et aux ature. Le ministre Solia, qui sera ce soir dans la commune, va devoir être rassurant.

    Ce mercredi soir, le ministre de l’Équipement sera chez eux pour expliquer le projet d’aménagement de la rivière Tevaifaara qui secoue la commune depuis quelques semaines. Et les pêcheurs de ina’a et de ature attendent beaucoup de cette rencontre avec Albert Solia. Car le chantier qui s’annonce les inquiète énormément.
    Le projet prévoit de désensabler l’embouchure de la rivière. L’objectif est de permettre, en cas de crue, l’évacuation plus rapide des eaux de pluie.
    Les bancs de sable qui bouchent partiellement l’embouchure favorisent le ralentissement du débit et le niveau monte en amont avant de déborder dans les terres et d’inonder les maisons.
    Les pêcheurs de ina’a, qui ont toujours fait avec la nature en voyant ces bouchons se faire et se défaire selon la saison, s’inquiètent du creusement en largeur et en profondeur de l’embouchure. Pourront-ils encore pêcher sans se noyer ? Pourront-ils encore passer l’épuisette debout, poser leurs filets au centre de la rivière et placer les viviers à l’abri des vagues ?

    De la boue et encore de la boue

    Mais ce qui inquiète encore plus les pêcheurs, c’est la durée du chantier. Selon les précisions du ministère de l’Équipement, déjà apportées au syndicat des propriétaires de la vallée Haa maitai ia Mahaena, les travaux pourraient durer un an et demi à deux ans. Il y a 67 000 m3 de tout-venant à extraire !
    Et les pêcheurs lèvent les bras au ciel car le remue-ménage dans la rivière va soulever les boues au fond du lit. Ils le savent, ils l’ont déjà vécu avec les récents travaux effectués plus haut dans la vallée. L’eau qui va descendre vers l’embouchure sera trouble. Cette turbidité fera fuir les ina’a mais aussi les ature et les carangues.
    À cause de l’eau boueuse, il n’y aura plus âme qui vive dans la zone. Ce serait une catastrophe pour ces pêcheurs qui vivent de ce travail de façon saisonnière. Car en janvier, et pour quatre mois, ces hommes piègent les ina’a qui remontent la rivière (où ils deviendront des gobies).
    Et les pêcheurs de Mahaena enchaînent dès le mois de mars avec la saison du ature. Ce poisson argenté ne viendra plus non plus se rassembler un peu plus au large de la côte. Et les carangues ? Viendront-elles encore ?
    Si le chantier doit durer deux ans, les pêcheurs savent que tant les ina’a que les ature ne reviendront pas avant longtemps. Leurs enfants pourront-ils encore pêcher à Mahaena ?
    C’est une véritable économie qui pourrait être remise en cause. Ces familles, qui ont investi pour s’équiper, vivent de la pêche presque toute l’année et complètent les mois creux avec la vente des produits de leur fa’a’apu.
    Ce soir, à 18 heures, sous le préau de l’école Faretai, le ministre devra plus qu’informer. Il devra savoir écouter et surtout rassurer !

    J.-L.M.

    Ismaël Otare, pêcheur de ina’a et de ature : “On ne pourra plus rien pêcher”

    Hier matin, c’est à l’embouchure de la Vaiiha, à Hitia’a, que nous avons retrouvé Ismaël Otare et ses copains de Mahaena.
    L’homme de 35 ans pêche le ina’a depuis l’âge de 15 ans : “J’ai commencé avec mes parents. J’ai repris le flambeau. La pêche aux ina’a est faite par les mêmes familles, ça se transmet de père en fils.”
    C’est donc une tradition, mais elle fait aussi vivre ceux qui la pratiquent : “On peut en vivre. On pêche le ina’a, puis le ature, puis après la carangue… et le cycle recommence. Je complète l’année avec mon fa’a’apu où je fais des fleurs, des bananes, des taro, des fe’i…”
    Ismaël Otare reconnaît qu’il gagne bien lors des saisons de pêche, alors il emmène toujours des jeunes du quartier qui n’ont pas de travail. Autant dire qu’Ismaël Otare et ses amis voient d’un mauvais œil le projet d’aménagement de la rivière Tevaifaara : “Dès que les travaux vont commencer, la boue va descendre la journée et, le soir, elle sera dans la mer. Le lendemain matin, on ne pourra plus rien pêcher. Il n’y aura plus de ina’a. Et il n’y aura plus non plus de ature, alors que je viens d’acheter un grand filet. Comment vais-je rembourser mes dettes ?”
    Car si les pêcheurs de ina’a écument toutes les côtes de Tahiti, Ismaël Otare ne peut pêcher le ature qu’à Mahaena. Pour la saison du ature, chaque pêcheur reste dans sa commune. Ismaël Otare a grandi dans la pêche et n’a pas l’intention de changer.

    Faua 2016-02-12 00:37:00
    Haaaaaaaa mensonges et conneries aussi grosses et puantes les unes que les autres... L''extraction c''est au gouvernement que ça doit se faire et pas à Mahaena?
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