Habillage fond de site

Mahaena – Un nouveau chantier sans autorisation ?

mercredi 22 février 2017

mahaena travaux rivière

Au total, deux dragues et trois camions s’activent sur un chantier… sans autorisation ! (© Jean-Luc Massinon)

Depuis mars dernier, il n’y avait pas eu d’incident à Mahaena. Il a fallu une nouvelle intrusion de dragues et de camions pour que le calme cesse.

Lundi dernier, il y a eu un accrochage dans la vallée Tefaaiti, entre une entreprise de travaux publics et le syndicat des propriétaires et exploitants agricoles de la commune Haa maitai ia Mahaena. Le président du syndicat, Terai Tavi, s’est opposé à l’ouverture du chantier, faute d’autorisation.

C’est la troisième fois que le syndicat est obligé de faire le forcing pour obtenir un document officiel qui atteste de l’autorisation d’agir dans la rivière Mahape. La première fois, le représentant de l’équipement dans la zone avait fourni un document, faxé en urgence et peu précis sur le site d’action. En mars dernier, c’est la gendarmerie qui avait insisté auprès de ce représentant pour voir l’autorisation, guère plus précise sur le site et même pas signé du ministre.

Cette fois-ci, le même représentant de l’équipement aurait déclaré, en présence des gendarmes, qu’il n’y avait pas d’autorisation, mais que les travaux de renforcement des berges étaient une commande du ministère.

Le syndicat n’a eu que l’assurance qu’aucun tout-venant ne sortirait de la vallée. Mais en procès depuis plus de deux ans contre cette entreprise, le syndicat n’a malheureusement plus confiance.

Le chantier a tout de même pu démarrer, mais on peut s’interroger sur l’attribution de cette commande.

Partout sur la côte est (Ahonu, Faaripo…), les travaux dans les rivières, commandés par l’équipement, sont signalés par un panneau d’information avec l’objet de la réalisation, la durée des travaux, l’attributaire et même le montant alloué. À l’entrée de la vallée de Tefaaiti, il n’y a aucun panneau d’information.

Le syndicat estime que les droits des propriétaires sont une nouvelle fois bafoués. Leur servitude n’est pas un accès public. Dans un bras de fer judiciaire, concernant l’autre vallée de Tefaarahi, le syndicat a été reconnu dans son action par le tribunal.

Après avoir passé des nuits à lire et relire le code civil, ces “petits” agriculteurs ont désavoué des avocats qui leur ont opposé un texte de 1932, qui laissait entendre que les chemins et les servitudes étaient classés publics.

Si le syndicat ne s’oppose pas aux travaux de renforcement des berges, il estime encore légitime d’avoir l’information de l’ouverture de ces chantiers. Dans l’attribution des chantiers, le ministère contraint d’ailleurs l’entreprise bénéficiaire à trouver elle-même les arrangements avec les propriétaires pour les droits de passage.

Au ministère de l’Équipement, on n’a pas entendu parler de cet incident à Mahaena. Le responsable des chantiers dans les rivières n’a pu être joint.

On explique toutefois que, dans le cas des calamités survenues lors des dernières intempéries et en raison de l’urgence, des autorisations ne sont pas systématiquement délivrées, surtout s’il s’agit de sécuriser des zones habitées et protéger des voies d’accès.

 

 

J.-L.M.

 

 

Terai Tavi, président du syndicat des propriétaires et exploitants agricoles Haa maitai ia Mahaena : “On n’a plus confiance”

terai tavi

(© Jean-Luc Massinon)

“Comme d’habitude, ça ne change pas”, déplore le président du syndicat des propriétaires et exploitants agricoles Haa maitai ia Mahaena. Il a vu arriver les dragues, le vendredi, et avait interpellé le responsable des travaux pour l’inviter à présenter une autorisation avant de débuter.

“Samedi, ils sont venus récupérer une drague pour la ramener le soir. Et lundi, les camions sont arrivés. Quand ils m’ont vu, ils se sont arrêtés car j’ai réclamé cette fameuse autorisation que j’avais demandée, il y a trois jours. Le responsable du chantier n’avait rien, alors j’ai appelé les gendarmes pour les forcer à me fournir cette autorisation.”

Sauf que les gendarmes ne l’ont pas entendu comme ça et ont réclamé de laisser l’accès, visiblement pas informés qu’il s’agissait d’une servitude privée.

“Les gendarmes sont revenus avec Willy Mac-Carthy (représentant l’équipement dans la zone, NDLR), mais il n’avait pas d’autorisation. À haute voix, il a confirmé qu’il n’avait pas les autorisations. J’ai pris les gendarmes à témoin. Il a ajouté que c’était pour renforcer les berges et qu’il n’y aurait pas de graviers sortis de la vallée”, explique le président du syndicat.

Terai Tavi n’était pas rassuré pour autant : “Ça fait trois ans maintenant qu’il y a un bras de fer avec cette entreprise et l’on n’a plus confiance en elle. C’est pour cela que nous voulions voir les autorisations. Mais il n’y en a pas ! C’est tout de même étonnant une entreprise qui travaille dans une vallée sans autorisation.”

 

 

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Faut-il le retour d'une maternité à Taravao ?

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete