Mahana Beach, saison 2

    mercredi 6 juillet 2016

    Albert Solia, ministre de l’Équipement et de l’Aménagement, et Jean-Christophe Bouissou, ministre du Tourisme, ont retracé hier l’historique du projet Tahiti Mahana Beach et affirmé  que les nouveaux investisseurs, menés par des personnalités locales, se dévoileraient  dans les prochains jours. (Photo : présidence)

    Albert Solia, ministre de l’Équipement et de l’Aménagement, et Jean-Christophe Bouissou, ministre du Tourisme, ont retracé hier l’historique du projet Tahiti Mahana Beach et affirmé
    que les nouveaux investisseurs, menés par des personnalités locales, se dévoileraient
    dans les prochains jours. (Photo : présidence)

    Exit les investisseurs chinois. Le groupement mené par Recas Global Limited est officiellement hors de course pour le Tahiti Mahana Beach depuis le 30 juin, date limite pour la signature du contrat définitif. Hier, à la présidence, le ministre du Tourisme Jean-Christophe Bouissou et le ministre de l’Équipement Albert Solia ont confirmé la défaillance des investisseurs, sans cacher un certain soulagement.

    C’est dès le mois de février que le Pays a réalisé que le groupement Recas était en difficulté. Des différends entre les partenaires se faisaient jour et “il y avait plusieurs pilotes dans cet avion”, relate Jean-Christophe Bouissou. Les cabinets d’expertise financière sollicités par le gouvernement pour vérifier le sérieux des candidats avaient demandé qu’une caution de deux millions de dollars US (213 millions de francs) soit versée
    – soit à peine 1 % du montant global du projet. Recas n’a versé que 100 000 dollars (10,6 millions de francs) en février et devait verser le solde en mars.

    Le groupement devait aussi concrétiser son offre en obtenant les engagements fermes et définitifs des partenaires du projet et le financement de l’ensemble de l’opération. Le 25 avril, Tahiti Nui aménagement et développement a mis en demeure le groupement de respecter ses engagements et, “en l’absence de réponse satisfaisante (…), le conseil des ministres extraordinaire du 13 juin a officiellement constaté la défaillance de ce groupement Recas et il a été mis un terme aux négociations”.

    Un consortium mené par des investisseurs locaux

    Le gouvernement voit dans cet échec “la confirmation qu’il s’agit d’un projet colossal et compliqué” et se félicitait hier de sa méthode et de sa prudence : “La rigueur a permis de ne pas s’engager avec quelqu’un d’incapable”, affirmait Albert Solia. “Quelque part on est devenu plus raisonnable, la réalité nous a rattrapés.”

    Le Pays entend à présent “reprendre la conduite de ce projet différemment”. Car, apparemment, il y a d’autres investisseurs “qui ont clairement manifesté leur intérêt pour participer au projet” et avec qui les discussions vont pouvoir s’engager. Ils bénéficieront des études et des travaux déjà réalisés ; les plans d’origine de Group 70, notamment, sont la propriété du Pays. Le feuilleton Mahana Beach entre donc dans sa saison 2.

    Les sauveurs du projet seraient des investisseurs locaux, épaulés par des établissements bancaires internationaux qui pourraient réaliser des études financières complémentaires, et d’importants groupes hôteliers. Le gouvernement souhaite laisser à ces nouveaux investisseurs le soin de se dévoiler “dans les prochains jours”, selon Jean-Christophe Bouissou, mais indique que certains d’entre eux ont déjà réalisé des investissements dans l’hôtellerie et qu’ils sont “connus pour avoir investi ailleurs dans des projets beaucoup plus importants”, notamment en Amérique du Sud.

    Le phasage de réalisation ou les dimensions du projet pourraient être revus, mais sans passer en dessous du seuil de rentabilité qui avait été fixé à environ 1 200 chambres d’hôtel et 600 condominiums. Le gouvernement semble favorable à un projet “pas aussi dense, de dimension plus humaine” que le précédent, même si le ministre du Tourisme affirme que les futurs porteurs du projet “ont été séduits” par les esquisses de Group 70. “Je ne serais pas étonné que le nouveau groupement se mette en rapport avec Group 70”, dit Jean-Christophe Bouissou. Quant à un éventuel casino, “ce n’est franchement pas le point central”, dit-il.

    Horizon 2020 quand même ?

    Sur le plan réglementaire, l’emprise foncière n’est pas encore totalement constituée : quatre parcelles font encore de la résistance. Une décision de justice attendue fin août devrait fixer les montants compensatoires à payer aux occupants suite à la déclaration d’utilité publique.  Au-delà, le gouvernement dit étudier la possibilité de créer une zone d’aménagement concertée (ZAC).
    Un projet de loi du Pays sera bientôt présenté à l’assemblée pour permettre les constructions de grande hauteur et des aménagements du code des impôts sont également prévus.

    Enfin, interrogé sur les délais, Albert Solia estime qu’une fois le projet précisément défini, il faudra compter au moins un an d’études et trois à quatre ans pour voir le Mahana Beach sortir de terre. Quant aux 3 000 créations d’emploi que les gouvernements Flosse puis Fritch espéraient, il faudra d’abord connaître les détails de ce Mahana Beach 2.

    C.P.

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