Mahina – Dispositif expérimental à l’école élémentaire Fareroi

    samedi 17 septembre 2016

    mahina

    Ce n’est pas vraiment une classe de SG, ni une classe de CP classique, mais un projet expérimental pour faciliter l’intégration des élèves de maternelle à la grande école. (Photo : Jean-Luc Massinon)

     

    Une intégration en douceur dans la cour des grands

     

    Il est 7 h 15. La sonnerie vient de retentir dans la cour de l’école élémentaire Fareroi, à Mahina. Tandis que les grands montent à l’étage, au rez-de-chaussée, les nouveaux élèves des trois classes de cours préparatoire (CP) s’activent déjà en petits groupes.

     

    Dans la classe de Mme Barbara, tout le monde s’occupe dans le calme sans qu’aucune consigne ne semble avoir été donnée. Jeux de dominos ou de cartes pour les uns, dessins graphiques où feuilletage d’albums pour les autres, il y a même des jouets…

    Plus étrange, les tables ne sont pas toutes tournées vers le tableau comme dans les autres classes. À y regarder de plus près, on se croirait même dans une classe maternelle. Pourtant, ces anciens élèves de section des grands (SG) de maternelle sont bien entrés à la grande école cette année. Mais ils bénéficient d’un projet expérimental mis en place par la circonscription pédagogique 9 (Mahina/Hitia’a o te Ra).

    L’inspectrice, Lucienne Taurua, et son équipe de conseillers pédagogiques ont développé le programme de liaison entre la classe de SG et celle de CP en facilitant physiquement et psychologiquement l’intégration des enfants dans ce nouveau cycle d’apprentissage obligatoire.

     

    Pas les compétences de base

     

    Pour faciliter cette transition après la maternelle, on avait bien inventé des fiches de liaison et organisé des échanges entre les enseignants. On avait même pensé qu’une visite sur place allait familiariser les enfants avec leur nouvel établissement. Mais à chaque rentrée, c’était un peu la douche froide pour ces petits de maternelle devenus des grands.

    En plus de ne plus être avec la même maîtresse, dans les mêmes murs, les enfants ne retrouvaient plus leurs ateliers de groupe, plus le coin lecture, et même plus de point de regroupement où ils recevaient les consignes du jour… Figés sur leur banc, face au tableau et à leur nouvel enseignant, les élèves devaient désormais apprendre sans bouger, et tant pis pour les retardataires.

    La situation n’est pas si exagérée. Car les résultats aux évaluations nationales ont montré dans la circonscription que 70 % des élèves arrivés au collège (en 2014) n’avaient pas les compétences de base. En ce penchant sur ces chiffres insatisfaisants, l’inspectrice et son équipe ont constaté que certains des tests en français et en mathématiques montraient que les élèves n’avaient pas intégré des notions dispensées depuis le cours préparatoire.

    Pouvant compter sur une équipe soudée à l’école Fareroi, la circonscription a mis sur pied un plan d’attaque, en impliquant les enseignants de SG de la maternelle voisine et de CP de l’établissement élémentaire. Après un déclic dans les mentalités, les trois enseignants de CP, Barbara André, Louise Ghozet et Teuataha Beauvilain, ont accepté d’abandonner leurs pratiques et de mettre l’enfant au cœur du dispositif.

    Copiant l’environnement des classes de maternelle, les enseignants ont bouleversé l’aménagement classique des tables et reconstruit l’environnement de travail de la SG. La maternelle a prêté du mobilier, des outils, des albums, des jeux et offert des conseils pour que les enfants retrouvent leur univers.

    Tout de suite, la sauce a pris. Les élèves sont entrés en CP sans appréhension. Ce milieu familier les a mis en confiance et les a ouverts aux nouveaux apprentissages que les enseignants de CP diffusent en douceur. Il ne manque plus finalement que la participation des parents. La porte des CP, nouvelle formule, est ouverte. Ils peuvent venir assister aux cours et comprendre comment ils peuvent participer, avec les enseignants, à la coéducation de leurs enfants. Fin octobre, une semaine d’échanges sera d’ailleurs organisée.

    Après cinq semaines d’expérimentation, on trouve des enfants et des enseignants en communion. L’inspectrice ne crie pas encore victoire, mais au regard des premières satisfactions, l’expérimentation devrait être étendue l’année prochaine au reste de la circonscription. 

     

    J.-L.M.

     

        Retrouvez dans notre édition du Samedi 17  septembre 2016 :       

    • Encadré : S’adapter aux enfants et s’ouvrir aux parents
    • Encadré : Revenir aux fondamentaux
    • Interview : Lucienne Taurua, Inspectrice en charge de la circonscription 9 “La méthode était là, mais ça allait trop vite”
    • Interview : Barbara André, Institutrice de CP – “Ils ne se demandent pas sur quelle planète ils ont atterri”

     

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