Mahina – Fermeture d’une décharge sauvage dans la Tuauru

    jeudi 29 septembre 2016

    décharge

    S’étalant sur une parcelle familiale, la décharge compte des centaines de carcasses de voitures et de camions. (Photos : Jean-Luc Massinon)

     

    La mesure est assez rare pour qu’elle sorte de l’anonymat du Journal officiel de la Polynésie française. Dans un arrêté du 6 septembre (publié le 13), le ministère et la direction de l’environnement (MCE et Diren) ont ordonné la fermeture d’une décharge dans la vallée de la Tuauru, à Mahina. De telles prescriptions (vues sur le site de Lexpol) remontent à 2009 et 1995. Elles concernaient la fermeture d’une casse à Moorea et d’un dépotoir à Papara.

     

    Cette nouvelle affaire, qui nécessite une telle prise de décision gouvernementale, est en réalité un vieux dossier qui remonte à 2012. C’est une plainte pour nuisance qui a déclenché une intervention de la Diren. Les agents, qui se sont rendus sur place à l’époque, ont trouvé dans la vallée, à environ deux kilomètres de la route de ceinture, ce qui ressemble à un atelier de réparation de voitures et de poids lourds.

     

    Un garage devenu un dépotoir

     

    C’est l’activité de peinture de carrosserie (notamment les odeurs dégagées) qui, visiblement, perturbe le voisinage. Exploité sur un terrain familial par Yung Sing Mu, ce garage s’avère ne pas être en règle. Comme tout atelier, il est soumis aux dispositions sur les installations classées pour la protection de l’environnement. Selon la nature de l’activité, la capacité de production et l’utilisation de certaines substances, une autorisation d’exploitation doit être demandée. Ce garage n’en a pas.

    L’exploitant n’a pas fait les démarches préalables et semble ne pas vouloir les faire. Car trois mois après la visite des fonctionnaires de la Diren, qui l’ont invité à régulariser sa situation, le garage n’est toujours pas en règle après le délai.

    La procédure – stipulée dans l’arrêté de fermeture – fait apparaître une première action contre Yung Sing Mu. Un procès-verbal de constat d’infraction est dressé le 10 juillet 2012. Une procédure contradictoire se déroule le lendemain et il faut attendre un an avant qu’une mise en demeure intervienne, le 20 septembre 2013.

    Le garagiste n’entend pas se mettre en règle, car des procès-verbaux de constat d’infraction sont rédigés en janvier 2013, puis octobre 2014 et en octobre 2015. Entre-temps, le secrétariat général du gouvernement demande le chiffrage du préjudice environnemental. Car le site n’est plus un simple atelier de garage, c’est devenu une casse automobile.

    L’homme, qui se charge de débarrasser les épaves de ses clients, ramène tout dans la Tuauru. Il n’y a pas que des voitures. Il y a des carcasses de trucks, de bus, de camions, de véhicules de pompiers… D’année en année, le stockage déborde au-delà de la propre parcelle de terre de Yung Sing Mu. Sur place, les agents de la Diren ont découvert des fûts d’huile percés et même des déchets ménagers. Ce lieu est devenu une décharge.

     

    Prélèvements de pollution

     

    Constituée partie civile, la Polynésie française a vu Yung Sing Mu condamné à un million de francs d’amende, le 8 mars. L’homme, que La Dépêche n’est pas parvenue à rencontrer, aurait évoqué des problèmes de santé pour expliquer qu’il n’avait pas les moyens de payer cette sanction. Dans son entourage, on craint qu’il ne soit pas davantage disposé à nettoyer le site, où d’ailleurs il habite.

    Les ennuis de Yung Sing Mu ne semblent pas terminés. Une nouvelle procédure doit déterminer si l’homme et ses activités ont effectivement pollué la zone. L’opération de carottage était encore en cours, hier matin.
    Après la condamnation en mars, un procès-verbal de récidive a été établi en août.

    L’arrêté de fermeture de ce mois de septembre ne doit pas faire oublier que l’homme, en plus de risquer de se voir contraindre à la réhabilitation du site, s’expose à des dommages et intérêts et des sanctions pouvant aller jusqu’à la prison. 

     

    J.-L.M.

     

        Retrouvez dans notre édition du Jeudi 29 septembre 2016 :   

    • Encadré : Un dépotoir qui déborde
    • Encadré : Que dit la réglementation ?
    • Les sanctions prévues par le code de l’environnement

     

     

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