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MAHINA – Jumelage avec la ville de Gisborne en Nouvelle-Zélande

mercredi 18 juillet 2018

Damas Teuira a rencontré son homologue de Gisborne, Meng Foon, pour finaliser le jumelage avec Mahina. (© DR)

Damas Teuira a rencontré son homologue de Gisborne, Meng Foon, pour finaliser le jumelage avec Mahina. (© DR)


Le nom de Gisborne, cette ville de Nouvelle-Zélande située à 500 km au sud-est d’Auckland, est en ce moment sur toutes les lèvres au sein de l’équipe municipale de Mahina. Le tavana est parvenu, enfin, à finaliser un jumelage, initié il y a plusieurs années par Émile Vernaudon. Le maire de Gisborne est même attendu dans la commune en fin de semaine. Mais ce rapprochement avec cette commune kiwi va bien au-delà des simples relations fraternelles entre cousins du Pacifique. De retour d’un voyage à Gisborne, Damas Teuira raconte combien Mahina est connue à travers un personnage oublié : Tupaia. Ce Polynésien, parti de Mahina pour accompagner James Cook sur l’Endeavour, a marqué à jamais l’histoire des Maoris de la région.

La Dépêche de Tahiti : Pourquoi entendons-nous tant parler de la ville néo-zélandaise de Gisborne en ce moment ?

Damas Teuira : C’est particulier parce que l’on a un passé commun. Cette histoire passe à travers le navigateur Tupaia, qui a eu la chance d’embarquer à Mahina sur le navire Endeavour, commandé par le capitaine James Cook. La participation de Tupaia est à l’initiative du botaniste Joseph Banks, qui avait remarqué les compétences et les connaissances de Tupaia.

Ce Polynésien a contribué à la découverte de certaines îles du Pacifique et notamment de la Nouvelle-Zélande, dans la région de Tairawhiti, aujourd’hui Gisborne. Ce premier contact avec le peuple maori ne s’est pas fait sans difficulté, car cinq autochtones, dont deux chefs de tribu, ont été abattus par les soldats du navire. Ces soldats doivent leur salut à Tupaia, qui a servi de médiateur, notamment grâce à ses connaissances de la langue et de l’origine des Maoris.

Ils ont étaient impressionnés par ce savoir, et au fil du temps l’ont considéré comme un personnage important.

 

Ce passé commun sera à nouveau évoqué lors d’une grande célébration en 2019 à Gisborne ?

Ils sont dans l’organisation de la commémoration de ce qu’ils appellent “te ha”. C’est “le souffle de vie” qui est échangé et mélangé lors du salut, front contre front et nez contre nez. Cet anniversaire marque la date de 1769, date de l’arrivée de l’Endeavour. Toutefois le maire de Gisborne me précisait que Cook avait hissé le drapeau de la couronne d’Angleterre en déclarant avoir découvert la Nouvelle-Zélande, mais dans les mentalités d’aujourd’hui, les Maoris s’amusent en répondant qu’ils ne savaient qu’ils étaient perdus. Qui a découvert qui ? Donc ça marque l’avènement de Cook, mais également de Tupaia. Car sur place, on lui voue un culte particulier. Aussi, nous programmons la participation de la ville de Mahina, pour que cette fusion avec Gisborne soit optimum.

 

 

Vous avez ressenti un lien plus fort que celui de simple cousin du Pacifique ?

C’est indescriptible. L’histoire est remarquable pour nous, mais eux la vivent avec beaucoup de profondeur. En surfant à travers des chants et des haka , ils transmettent encore aujourd’hui ce mana qu’ils ont eu autrefois en accueillant Tupaia. Et cette histoire, ils la véhiculent aux générations futures. De notre côté, nous devons contribuer à cela, mais nous avons beaucoup de travail à faire.

 

 

Justement, Tupaia a-t-il sa place à la pointe Vénus, où pour l’instant seuls les explorateurs, les missionnaires et les révoltés ont leur stèle ?

Tupaia a toute sa place, d’ailleurs nous en avons discuté avec la ministre du Tourisme, Nicole Bouteau. Elle a bien accueilli notre programme de réception de la délégation de Gisborne. Un rendez-vous est prévu avec le président du Pays. Dans nos discussions, je ne manquerais pas de rappeler l’importance de cette relation, pour notre culture, pour notre peuple. Il faut sauver ce patrimoine, et je suis heureux que Mahina y contribue. Il faut que tout le monde sache qui était Tupaia et la valeur qu’il a apportée à travers sa maîtrise de la navigation traditionnelle et des langues océaniennes.

 

 

La boucle est bouclée, même si l’on ne sait pas où est le corps de Tupaia ?

On ne peut pas dire que la boucle est bouclée… Car aujourd’hui, dans les esprits des Maoris, l’idée est de ramener Tupaia sur sa terre d’origine, Raiatea. Il est mort en 1770 à Batavia, l’actuelle Jakarta, mais on ne sait pas vraiment où est sa dépouille. Avant de rentrer sur Tahiti, le navigateur et sculpteur Te Aturangi m’a demandé de faire quelque chose pour Tupaia : “Il ne faut pas le laisser là où il est, il n’est pas chez lui. Il faut le ramener !”Pourquoi pas ? Si on peut le retrouver et le ramener sur sa terre d’origine, la civilisation polynésienne aura beaucoup à y gagner.

 

Propos recueillis par JLM

 

 

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