Mahina – Rigueur de gestion, efforts d’économie et augmentation des redevances

    vendredi 24 mars 2017

    mahina DOB

    Le débat n’a pas été agité, malgré la mise en lumière récente des dettes de la commune. (© Jean-Luc Massinon)


    Malgré la mise en lumière récente des dettes de la commune, le débat d’orientation budgétaire 2017 s’est déroulé dans le calme. Les chiffres 2016 contraignent la commune a encore faire des économies, et suivre ses subventions d’investissement de plus près. Les administrés pourraient voir leurs redevances augmenter cette année, et les mauvais payeurs poursuivis avec l’aide du Trésor public.

    Après la révélation d’une dette cachée de 211 millions de francs contractée auprès de Fenua ma pour les déchets ménagers, le débat d’orientation budgétaire (DOB) 2017, organisé mercredi soir, s’annonçait agité.

    L’opposition espérait bien avoir des réponses après la découverte de ce trou abyssal. Finalement, les élus du groupe de Lucie Lucas, ainsi que Lorna Oputu, l’ex-première adjointe, sont restés bien calmes, même s’ils ont voté contre ce DOB, regrettant notamment de n’avoir pas pu lire les observations du rapport provisoire de la chambre territoriale des comptes (CTC).

    C’est avec une bonne nouvelle que le nouveau directeur général des services (DGS) a débuté son exposé. Jérôme Charbonnier a annoncé que le budget général (d’environ 1,6 milliard de francs) affichait un excédent de presque 19 millions de francs.

    C’est mieux qu’en 2015, où un déficit de 31 millions de francs avait surpris tout le monde, mais dix fois moins bien qu’en 2012, 2013 et 2014.

    En entrant dans le détail de la section d’investissement, on s’y perd un peu, car le déficit de 110 millions de francs n’est “qu’apparent”, selon le DGS, car un ensemble de subventions de 172 millions de francs est attendu pour 2017.

    Patrick Leboucher s’est tout de même inquiété de la répercussion de ce déficit sur les entreprises privées que la mairie n’aura donc pas pu payer. Faute d’avoir les reins assez solides, la mairie pourrait contracter un crédit relais auprès de l’AFD pour justement payer les premiers travaux en attendant les subventions.

    En section de fonctionnement, le DGS a fait constater une baisse de 97 millions de francs des dépenses (qui avait explosé en 2015), et une baisse de 17 % sur les charges générales.

     

    Augmenter les redevances

     

    La masse salariale est encore en augmentation, au minimum de 30 millions de francs depuis 2013. L’intégration à la fonction publique communale n’a pas opéré de déflation escomptée et le seul espoir réside aujourd’hui dans la perspective de voir 22 agents partir à la retraite d’ici 2022 (l’économie sera de 97 millions de francs).

    À noter qu’en fonctionnement, la commune a dû bloquer 47 millions de francs pour la dotation aux provisions (redevances eau et déchets non perçues) et injecter plus de 60 millions de francs pour équilibrer les budgets annexes de l’eau et des déchets.

    La mairie a-t-elle manqué de vigilance ? Les enjeux 2017 sont d’abord de récupérer les recettes d’investissement non perçues. Tout en s’acquittant des factures 2017, la commune s’engagera à honorer les impayés : un “stock de dettes entre 50 et 100 millions de francs”.

    Tous les élus ont pensé immédiatement aux dettes de Fenua ma. Il y aurait encore des factures de 2011, 2012, 2013, 2016 à régler, sans compter celles de 2017 !

    Et on apprend qu’il y a aussi un rattrapage de charges CPS pour 80 millions de francs. Personne n’a osé poser la question d’une éventuelle dette à EDT.

    Et il faudra aussi encore provisionner 50 millions de francs pour couvrir les redevances irrécouvrables.

    Parmi les autres leviers dévoilés mercredi soir, il est question de mettre en place une vigie pour surveiller les dépenses de fonctionnement (carburant, électricité…). La mairie va se rapprocher de la fédération de football, car un grand nombre de soirées organisées au stade Vénus ne concernerait pas le club de Mahina, mais pourtant c’est la commune qui en supporte les frais (éclairage, douche, entretien de la pelouse…).

    Les investissements seront orientés pour provoquer des économies (installations solaires, éclairage Led). Le DGS espère réduire encore les dépenses de 100 millions de francs en 2017.

    L’administré ne sera pas épargné. La réévaluation des redevances pour l’eau et les déchets fait partie de la stratégie. On promet une augmentation douce et progressive. Pour les redevances en souffrant, la commune pourrait signer la charte de recouvrement avec le Trésor public. Un groupement d’huissiers pourrait être en charge de retrouver les mauvais payeurs.

    Malgré les votes “contre” d’une partie de l’opposition, le débat a eu lieu comme le prévoit le Code général des collectivités territoriales (CGCT).

    Le budget sera lui présenté la semaine prochaine, avant même que les élus puissent prendre connaissance des recommandations de la CTC, que seuls le maire et son DGS ont pu voir.

    J.-L.M.

     

    patrick leboucher

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    damas teuira

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    hitia'a o te ra

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