MAHINA – Rivière bouchée coupable d’inondation

    vendredi 22 janvier 2016

    Les plus anciens se souviennent qu’on pouvait s’y baigner et même pêcher les nato. Aujourd’hui, te vai Rupe (la rivière Rupe) n’est plus qu’un petit ruisseau que les techniciens considèrent comme un caniveau. 
    La petite rivière, dont les bras serpentent dans les différents quartiers de la pointe Vénus et débouchent au pied du phare, fait à nouveau parler d’elle. 
    Car les récentes intempéries ont encore fait déborder Rupe, provoquant des inondations. Depuis plus de 30 ans, les riverains dénoncent cette situation et demandent à la mairie et au Pays de trouver des solutions. 
    Mais il y a un problème. Des propriétaires peu scrupuleux des réglementations ont construit (sans qu’on leur interdise) leur maison ou leur garage sur le cours d’eau en le canalisant dans des conduites trop petites. 
    Certains contrôlent même le débit pour leur bassin à nénuphars. Et quand la pluie est trop forte, l’eau n’arrive plus à s’évacuer et inonde les parcelles. Même les exutoires installés pour faire face aux débordements ne sont plus efficaces. 
    Aussi, le mois dernier, le ministère de l’Équipement a proposé un projet de réalisation d’une servitude de curage de 4 à 5 mètres, qui va impliquer des expropriations et la destruction d’une dizaine de maisons. Lors de l’enquête publique, les réactions ont été vives. 

    Des solutions moins douloureuses

    Aussi, Denis Helme, de l’association Haapape a ara, a provoqué mercredi soir une réunion entre les propriétaires et le tavana. Car les deux hommes sont convaincus qu’il est possible de réaliser des aménagements sans expropriation ou destruction de maisons. 
    À la mairie, Denis Helme a présenté des solutions déjà proposées par le passé. C’est notamment la déviation des eaux de ruissellement (côté montagne) vers la Tuauru et non plus vers la Rupe. Ensuite, avec la projection de vues aériennes, on voit qu’il est possible de dévier le cours d’eau pour éviter les maisons qui font “bouchon”, conforter un des exutoires et supprimer uniquement trois garages. Denis Helme propose la création d’un comité de suivi et Damas Teuira de rencontrer à nouveau le ministre Solia pour présenter ces solutions. Les riverains, pour qui les expulsions sont inacceptables, sont repartis rassurés. 

    J.-L.M.

    Réactions

    • Denis Helme, propriétaire : “Nous voulions changer la méthode de travail du Pays”
    Denis Helme rappelle que le problème ne date pas d’aujourd’hui : “Il n’y a jamais eu de concertation entre les propriétaires. Et en novembre dernier, lorsque nous avons vu le ministre, il a été décidé de trouver une solution en concertation avec les propriétaires et le maire. Mais le lendemain, le ministre lançait la procédure d’expropriation. Ce n’est pas ce que nous disions. Nous voulions changer la méthode de travail du Pays par une concertation avec les propriétaires. Avec le refus du ministre, le projet est donc rejeté, alors on se tourne vers le maire pour que soit quand même résolu le problème une fois pour toutes.” Denis Helme regrette des influences politiques, car par l’expropriation d’un seul riverain, visiblement influent, on éviterait l’expulsion de plusieurs familles originaires du quartier. 

    • Damas Teuira, maire de Mahina : “Les propriétaires ont des propositions intéressantes”
    La mairie de Mahina n’imagine pas lui non plus autant d’expropriations dans le quartier : “Au lendemain de la venue de l’enquêteur public qui a reçu les doléances, nous nous sommes réunis avec les propriétaires pour voir comment on peut appréhender ce problème en évitant les expropriations. Des solutions ont été proposées.” Le tavana doute que le ministre souhaite passer en force sur ce dossier : “Ce n’est pas dans la nature du gouvernement d’agir en force. Je pense qu’ils ont essayé de résoudre ce problème à leur manière. Mais nous sommes réunis pour proposer d’autres solutions. Et il est du devoir du maire d’accompagner sa population.” Et bien que les riverains ne soient pas des techniciens, le maire sait qu’ils connaissent leur rivière : “Certains habitent depuis des années sur ce littoral. Ils ont des propositions intéressantes et j’espère que l’on aura une oreille attentive du gouvernement.”

    Pito 2016-01-22 19:31:00
    Dans le cas d'un détournement de la rivière, les frais des travaux doivent être payés par ceux qui ont construit sans permission et qui de ce fait sont les responsables des inondations. Pourquoi les gens honnêtes paieraient pour ceux qui ne respectent rien.
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