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Mahinatea Tata maîtrise l’art du tressage sur le bout des doigts

mardi 14 août 2018

“Le plus long, c’est la préparation”, confie l’artisan. (© Anne-Charlotte Bouleau)

“Le plus long, c’est la préparation”, confie l’artisan. (© Anne-Charlotte Bouleau)


Mahinatea Tata, 58 ans, a été initié au tressage de bambou dès l’enfance par son père, sur l’île de Nuku Hiva, aux Marquises. Après Raiatea et Moorea, il est désormais résident de la Presqu’île de Tahiti, où il continue de produire des panneaux sur mesure aux motifs originaux. Si un chalumeau, un couteau et un marteau, ainsi que ses pieds et ses mains, font partie de ses essentiels, il peine à s’approvisionner en matière première.

On peut dire que Mahinatea Tata, originaire de Nuku Hiva, aux Marquises, a grandi avec les bambous. “J’ai appris les bases avec mon père, qui avait l’habitude de tresser. Avec ma famille, on a vécu dans une maison en bambou et en ni’au, à l’ancienne. On n’avait pas beaucoup d’argent, donc on faisait avec ce qu’on trouvait. Une fois en couple, j’ai construit ma propre maison, puis mon snack, sur le même modèle”, se souvient-il, aujourd’hui âgé de 58 ans.

Au fil du temps, Mahinatea Tata a gagné en dextérité et son imagination l’a rapide- ment poussé à innover.

“Je ne sais pas trop comment l’expliquer… L’inspiration vient d’elle-même. J’ai commencé par faire des panneaux simples, c’est-à-dire unis. La couleur est venue après, en commençant par ajouter de la peinture, pour faire ressortir les motifs. Mais c’était long et difficile… Depuis, j’ai trouvé une technique pour fumer les baguettes avant de les tresser”, confie-t-il.

 

Peu d’outils

 

Dans l’atelier installé à son domicile, à Pueu, un chalumeau fait partie de ses outils de prédilection, finalement peu nombreux. Si un grand couteau et un marteau lui permettent de tailler les bambous à sa guise, c’est pieds et mains nus qu’il procède au tressage, réalisé en position accroupie pour maintenir la trame.

“Le plus long, c’est la préparation. Le tressage, c’est vite fait !”, assure-t-il, tout en poursuivant son ouvrage avec une facilité déconcertante. Tableaux, fenêtres, murs ou plafonds, le produit fini, destiné à un usage intérieur, apporte une touche locale unique, à l’image du talent de Mahinatea Tata. “Et pourtant, je n’ai pas été beaucoup à l’école”, reconnaît-il. L’artisan a des dizaines de modèles en tête et autant de chantiers à son actif, entre résidences particulières et petite hôtellerie, aussi bien à Tahiti qu’à Moorea et Raiatea, où il a séjourné par le passé.

Côté prix, le mètre carré traité et prêt à l’emploi oscille entre 4 000 et 8 000 francs, selon la complexité de la création. “Plus le motif est fin, et donc esthétique, plus c’est difficile à faire”, précise-t-il. Mahinatea Tata, qui travaille seul, peut réaliser deux à quatre panneaux sur mesure par jour. Si les commandes affluent, actuellement, la principale difficulté de l’artiste repose dans l’approvisionnement en matière première.

 

A.-C.B.

Mahinatea Tata

Mahinatea Tata réalise des dizaines de modèles comme celui-ci avec une dextérité déconcertante et une technique de fumage mise au point par ses soins. (© Anne-Charlotte Bouleau)

tressage bambou artisanat

C’est pieds et mains nus, en position accroupie, qu’il procède au tressage, afin de maintenir la trame. (© Anne-Charlotte Bouleau)

bambou mahinatea tata

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