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Maïcka surprise par la reconnaissance du Pays

lundi 10 juillet 2017

fritch

Lors de la remise de la décoration, malgré
le moment solennel,
le président
n’a pu se retenir de blaguer
avec Maïcka.
(Photo : Ville de Mahina)

 

Ceux qui l’ont croisée savent qu’elle est pleine d’humour. Même le président Fritch n’a pu s’empêcher de dire un petit mot blagueur lors de la cérémonie de remise de l’ordre de Tahiti Nui. Ceux qui ont travaillé avec elle savent qu’elle donne sans compter. Né André Vini Heuea, Maïcka a vu son engagement culturel et religieux récompensé, jeudi dernier, lors de la fête de l’Autonomie. L’artiste, aujourd’hui à la retraite, s’étonne encore de cette reconnaissance.

 

Quel effet cela fait-il de recevoir l’ordre de Tahiti Nui ?
C’était une grande joie parce que je ne me suis jamais imaginé qu’un jour je serais élevée au rang de chevalier dans l’ordre de Tahiti Nui.
Alors imaginez ce moment… C’était magique pour moi. J’étais entre ciel et terre. Je me disais, moi, pauvre enfant du pays, entourée de ces militaires, de ces chefs d’établissements scolaires, moi qui n’ai qu’un certificat d’études primaires, et qui suis décorée !

 

Vous pensiez que vous ne méritiez pas d’être là ?
J’ai assisté à la décoration de mamie Betty Taputuarai (Ndlr : décédée fin mars), mon amie de toujours, avec qui j’ai beaucoup travaillé au niveau de la culture et du patrimoine. Lors d’un de ses anniversaires, au Radisson, elle a été décorée par le président Gaston Flosse.

 

Vous vous êtes dit que vous n’auriez jamais une telle médaille ?
Oui. J’ai admiré mamie Betty parce qu’elle le méritait. Mais jamais je n’ai réfléchi à ce que moi j’avais fait, partagé et apporté aux enfants, aux jeunes, aux adultes de mon pays, de mon église et de ma commune.

 

Qui a proposé votre nom alors ?
Je tiens à remercier et à citer Gougou Fritch, qui est à l’origine de cette médaille. Parce qu’il m’a vu un jour animer une cérémonie du 5-mars qui réunissait treize paroisses du premier arrondissement de l’Église protestante maohi.
Alors que je sortais de l’hôpital, il m’a vu animer toute la journée. Et récemment, il m’a appelé pour me demander de préparer un historique de ma vie.
Je lui ai demandé : pourquoi faire ? Le président avait demandé aux communes de proposer des personnes ressources dans le domaine de la culture, de la jeunesse ou du sport pour recevoir cette décoration.
Gougou m’a dit qu’il avait pensé à moi, après m’avoir vu à l’œuvre. Il  m’a dit : “Je ne vais pas attendre que tu sois dans un trou pour te dire merci ! Merci, non seulement pour Mahina, mais aussi pour tout ce que tu as fait ! Tu n’as jamais compté ton temps.” Ça m’a fait chaud au cœur. J’en ai versé des larmes.

 

Cette décoration est donc justifiée ?
J’ai dû retracer ma vie et je me suis rendu compte que j’ai effectivement donné de mon temps. Je n’ai jamais pensé à moi. Si, dans les bringues, lorsque l’on m’invitait, je pensais à moi, mais ce n’est qu’un moment.
Il faut dire que ma mère m’a éduquée de cette façon : “Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir”.
Les gens m’ont appelée pour me dire que je le méritais. J’ai répondu que non car je reste humble. Je prends ce que l’on me donne, mais je ne vais pas demander plus que ce que je mérite.

 

À qui avez-vous pensé lors de cette remise de médaille ?
À ma mère, d’abord. J’ai pensé aussi à mamie Betty, mamie Tuianu Le Gayic, mamie Rosalie Aumeran.
D’autres mamies ont participé à ma vie et à ma carrière, comme mamie Mervin, mamie Clémence, mamie Louise Taiarui et d’autres encore…

 

Il y a eu un moment de sourire avec le président. Que vous a-t-il dit ?
Je le garde pour moi, c’est un secret (rires)…  À chaque fois que l’on se voit, il a un petit mot pour me faire rire. Peut-être parce que je provoque cette joie en lui. Je ne sais pas.
Né homme, vous menez une vie de femme depuis longtemps. Cette décoration est-elle aussi une reconnaissance de la différence ?
C’est une fierté. Je pense que je suis la première et je ne me suis pas gênée de porter cette blouse qui m’est chère.

 

Est-il vrai que vous imaginiez vous présenter à cette cérémonie en costume d’homme ?
J’y avais pensé. Mais mon petit frère et ma petite sœur, à qui j’avais demandé leur avis, m’ont dit : “Pourquoi tu devrais changer juste à ce moment-là en portant une veste, une cravate et une chemise ? On t’a accepté comme tu es. Alors reste comme tu es”. Alors j’ai porté ma blouse.

 

Comment se passe la retraite ?
Bien ! Je suis en train de préparer la paroisse de Mahina à monter sur To’ata pour le concours de tarava raromatai, himene ruau, et ute paripari. Il y a 74 personnes sous ma direction. Nous allons passer à la soirée du
13 juillet.
Je suis toujours active. Et je pense continuer à le rester, d’autant que, l’année prochaine, je fêterai mes 70 printemps. Je veux fêter ça, mais Dieu décide pour nous.

 

Propos recueillis par JLM

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