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Une main imprimée en 3D pour son fils

lundi 22 mai 2017

main 3D

Julien nous montre à quoi devrait ressembler la main 3D de son fils Manaiti, qui lui sera remise demain. (© Christophe Cozette)


Manaiti, 5 ans, né avec une agénésie de la main droite, s’apprête à vivre une expérience marquante. En effet, demain, ce jeune garçon bénéficiera d’une main droite, imprimée en 3D. La main sera finalisée dans la matinée, devant les yeux de Manaiti grâce à l’imprimante 3D, venue spécialement pour l’occasion, amenée par Jean-Christophe Turcon, le président d’e-NABLE Nouvelle-Calédonie.

C’est une belle histoire. Tout a commencé il y a à peine deux mois pour le jeune Manaiti, 5 ans, et ses parents, qui s’apprêtent demain, à vivre une nouvelle vie.

“Il est né avec une agénésie de la main droite, c’est-à-dire qu’il n’a pas de main droite. Il n’a que le poignet”, explique Julien, son père.

Demain, Manaiti bénéficiera d’une main droite, imprimée en 3D et qui sera finalisée en Polynésie, devant ses yeux.

“Un peu par hasard, en cherchant sur Internet, j’ai trouvé e-NABLE”, commente Julien. “Il existe tellement de choses maintenant, que nous sommes obligés de faire quelque chose. De toute façon, c’est lui qui le fera plus tard. Ce ne sont pas des mains définitives, idéales pour la croissance des enfants”.

En effet, la particularité des prothèses 3D d’e-NABLE, c’est qu’elles sont soit personnalisables, soit à l’effigie de super-héros. Tous les 18 mois environ, selon la croissance, la main est changée mais surtout elle est à thème. Spiderman, Hulk, les super-héros ont la côte, mais Julien et Manaiti ont décidé qu’elle serait blanche et que très prochainement, elle sera gravée d’un tatouage en forme d’hameçon polynésien, effet Vaiana oblige.

Jusque-là, malgré l’absence de sa main droite, Manaiti n’avait pas éprouvé de gêne particulière, ni physique, ni psychique.

“De 0 à 5 ans, on n’est pas très conscient de la chose. Il n’a eu aucun souci de moquerie, ou quoi que ce soit”, se souvient Julien. “Il a vu la différence, mais il s’en est accommodé. Il y a certaines choses qu’il demande, qu’il aimerait bien faire, mais on fait tout pour qu’il vive bien avec”, analyse Julien, qui explique que son fils n’avait jamais eu de prothèse auparavant.

Tout s’est fait par Internet, via la Nouvelle-Calédonie, où e-NABLE est déjà implantée et où l’association (reconnue d’intérêt général) a déjà imprimé quatre à cinq mains, selon Julien.

 

“Inimaginable il y a encore cinq ans”

 

À travers le monde, ce sont plus de 2 500 mains en 3D qui ont été imprimées depuis 2014. “On ne se rend pas bien compte encore que c’est aussi facile. C’était totalement inimaginable, il y a encore cinq ans. C’est super facile et ce n’est pas coûteux du tout, c’est une organisation à but non lucratif. Ils ne demandent rien du tout, tout se fait par dons”. En effet, le coût d’un tel bras est de… 6 000 F grâce à la technologie 3D.

Mais, avant la main définitive et évolutive, il a bien fallu prendre des mesures du bras de Manaiti et faire quelques tests d’adaptation. En conséquence de quoi, e-NABLE a envoyé à la famille une prothèse sans doigts, toujours imprimée en 3D.

“Quand nous avons reçu le prototype qui a servi à prendre les mesures pour son futur bras, Manaiti se l’est accaparé tout de suite, même s’il n’y avait pas la fonctionnalité de la main complète (les doigts n’étaient pas installés). Il s’est senti presque comme un super-héros. On passe du statut du ‘je n’ai rien’ à celui de ‘j’ai plus que les autres’, c’est l’idée de ces mains à thème”, se réjouit Julien.

L’association e-NABLE, avec cette première demande polynésienne, s’est proposée de venir à moindre coût pour se faire connaître.

Air Tahiti Nui leur a proposé des gratuités et le Pays, via le ministère de la Santé, a joué le jeu, en mettant notamment la présidence à disposition, demain.

C’est, en effet, demain que la main sera finalisée dans la matinée, devant les yeux de Manaiti grâce à l’imprimante 3D, venue spécialement pour l’occasion, amenée par Jean-Christophe Turcon, le président d’e-NABLE Nouvelle-Calédonie.

Hormis la finalisation de la main de Manaiti et de l’exploit technique et humain qu’elle représente, un appel à dons sera lancé à cette occasion.
Une fois en place, la main va redonner de la fonctionnalité au bras droit de Manaiti grâce à un pincement des doigts qui lui  permettra d’attraper, de tenir des choses, comme par exemple un verre. Une nouvelle vie s’offre à lui, mais aussi à ses parents.

“Nous, on est heureux”, s’enthousiasme Julien. “On est comme lui. Cela va lui apporter un plus, notamment émotionnel. C’est le plus important, même si c’est le cas aussi pour nous”, précise le papa, enthousiaste, excité mais aussi un peu inquiet, comme son fils, face à l’arrivée de ce presque jouet, si utile.

Et comme l’histoire est si belle, e-NABLE a proposé, dans la foulée, de réaliser une seconde main, pour un autre enfant polynésien.

Christophe Cozette

 

e-NABLE, une association pas comme les autres

e-NABLE est née début 2014, sur une idée géniale de son fondateur, Jon Schull. Elle est une communauté globale de plus de 5 000 volontaires aujourd’hui (ils étaient 450 en septembre 2014), répartis à travers le monde qui conçoivent, fabriquent et donnent des mains et des bras imprimés en 3D aux personnes privées de doigts, que ce soit de naissance ou suite à un accident.

 

 

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